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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>L'Iliade, po&#232;me du XXI&#176; si&#232;cle</title>
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		<dc:date>2006-12-02T19:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Weil, Simone</dc:subject>
		<dc:subject>Bespaloff, Rachel</dc:subject>
		<dc:subject>Jutrin, Monique</dc:subject>
		<dc:subject>Knox, Bernard</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;texte du 2 d&#233;cembre 2006&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Weil, Simone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot667" rel="tag"&gt;Bespaloff, Rachel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot669" rel="tag"&gt;Jutrin, Monique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot723" rel="tag"&gt;Knox, Bernard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;union aux &#233;ditions Arl&#233;a, de la magistrale introduction de l'hell&#233;niste Bernard Knox, et du &lt;i&gt;Po&#232;me de la force&lt;/i&gt; de Simone Weil&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Si l'image de couverture du livre est un d&#233;tail de la &lt;a href=&#034;http://apo.cegeptr.qc.ca/intro_philo/images/achille.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fresque de Tiepolo&lt;/a&gt;, villa Valmarana &#224; Vicence, c'est que la Col&#232;re d'Achille est bien plus que la prise d'Ilion, le ressort principal de l'action du po&#232;me hom&#233;rique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enrique Escobar qui propose l'&#233;dition de ce livre chez &lt;a href=&#034;http://www.arlea.fr/spip.php?article682&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arl&#233;a&lt;/a&gt;, avec Myrto Gondicas et Pascal Vernay, souligne dans l'avant-propos &#224; l'enseigne d'Andr&#233; Breton : &lt;i&gt;Quelque lumi&#232;re dans cette fosse aux mur&#232;nes&lt;/i&gt;, que l'id&#233;e de la r&#233;union des deux textes lui est venue en travaillant sur des s&#233;minaires de Corn&#233;lius Castoriadis consacr&#233;s &#224; la Gr&#232;ce ancienne.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;cise &#233;galement :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux lecteurs de l'Iliade (B. Knox et S. Weil) ont pleinement particip&#233; aux luttes de leur temps, et ils ont &#233;t&#233; tous deux, en particulier, confront&#233;s &#224; ces circonstances o&#249;, pour reprendre le mot de Simone Weil, &#171; il n'est rien de plus naturel &#224; l'homme que de tuer &#187;. Avant d'&#234;tre un hell&#233;niste distingu&#233;, le jeune Knox prit part, dans les rangs des Brigades internationales, aux combats pour la d&#233;fense de Madrid pendant la guerre d'Espagne. Quant &#224; celle qui fut un temps collaboratrice de la revue syndicaliste r&#233;volutionnaire &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, et qui fut aussi pr&#233;sente en Espagne, les articles repris dans &lt;i&gt;Oppression et libert&#233;&lt;/i&gt; ou dans les &lt;i&gt;&#201;crits historiques et politiques&lt;/i&gt; permettent d'appr&#233;cier l'acuit&#233; du regard qu'elle porta sur quelques-uns des grands probl&#232;mes de l'&#233;poque - de ces probl&#232;mes qui ont, d'ailleurs, fait tr&#233;bucher tant d'autres observateurs qui auraient d&#251; &#234;tre, par formation ou par vocation, bien plus au fait des choses terrestres que notre future mystique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'introduction &#224; l'Iliade&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; de Bernard Knox est substantielle : une centaine de pages. Elle est aussi un mod&#232;le de clart&#233; et de courtoisie lorsqu'il s'agit d'examiner des hypoth&#232;ses contradictoires.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est passionnante par plus d'un aspect : la question du m&#233;lange des dialectes ionien et &#233;olien, digressions sur la semi-consonne digamma (le &lt;i&gt;w&lt;/i&gt; anglais), r&#244;le de la fameuse &#233;pith&#232;te hom&#233;rique (qui varie selon la place dans le vers : les Ach&#233;ens peuvent &#234;tre &#034;aux belles cn&#233;mides&#034;, chevelus, ou &#034;qui portent des cuirasses&#034; ! ) ; la datation : boucliers en bronze, mais pointes de fl&#232;ches en fer ; places respectives de l'oral (cf. les fameux bardes illettr&#233;s de Yougoslavie) et de l'&#233;crit (tablettes, peaux, parchemin ?) ; destin, dieux et humains (la trag&#233;die, Sophocle, tout proches) jusqu'&#224; la r&#233;manence de valeurs aristocratiques chez un Socrate :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] chose &#224; premi&#232;re vue &#233;tonnante, l'un des citoyens les plus c&#233;l&#232;bres de cette d&#233;mocratie, un homme qui, par sa vie et sa pens&#233;e, semblerait occuper le p&#244;le oppos&#233; &#224; celui du h&#233;ros d'Hom&#232;re, un homme si &#233;loign&#233; des r&#233;actions aveugles et instinctives d'Achille qu'il d&#233;clarait la vie sans r&#233;flexion indigne d'&#234;tre v&#233;cue, Socrate, au proc&#232;s qui devait lui co&#251;ter la vie, a invoqu&#233; le nom d'Achille. Au moment o&#249; il explique &#224; ses juges pourquoi il n'a ni honte ni regret d'une conduite qui lui vaut d'&#234;tre confront&#233; &#224; la peine capitale, rejetant toute id&#233;e d'un compromis qui pourrait lui sauver la vie (et que ses concitoyens auraient &#233;t&#233; heureux de lui offrir), il cite comme son mod&#232;le Achille, cet Achille qui, apprenant de sa m&#232;re que sa mort suivra de tr&#232;s pr&#232;s celle d'Hector, r&#233;pond : &#171; que je meure tout de suite &#187; plut&#244;t que de &#171; rester ainsi, inactif, pr&#232;s des nefs, vain fardeau de la terre &#187; (XVIII, 98 ; 104).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; y bien r&#233;fl&#233;chir, cela n'est pas si &#233;tonnant. Comme Achille, Socrate d&#233;fiait la communaut&#233;, suivant obstin&#233;ment son chemin solitaire, fid&#232;le &#224; un id&#233;al per sonnel de conduite et d'honneur. En derni&#232;re analyse, le guerrier tout couvert de sang et le philosophe pacifique se conforment &#224; un m&#234;me mod&#232;le de vie et de mort h&#233;ro&#239;que, et tragique.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quant au texte de Simone Weil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; qui offre une traduction de bien des fragments de l'Iliade, j'en rappelle la conclusion :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la br&#232;ve ivresse caus&#233;e lors de la Renaissance par la d&#233;couverte des lettres grecques, le g&#233;nie de la Gr&#232;ce n'a pas ressuscit&#233; au cours de vingt si&#232;cles. Il en appara&#238;t quelque chose dans Villon, Shakespeare, Cervant&#232;s, Moli&#232;re, et une fois dans Racine. La mis&#232;re humaine est mise &#224; nu, &#224; propos de l'amour, dans &lt;i&gt;L &#201;cole des Femmes&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt; ; &#233;trange si&#232;cle d'ailleurs, o&#249;, au contraire de l'&#226;ge &#233;pique, il n'&#233;tait permis d'apercevoir la mis&#232;re de l'homme que dans l'amour, au lieu que les effets de la force dans la guerre et dans la politique devaient toujours &#234;tre envelopp&#233;s de gloire. On pourrait peut-&#234;tre citer encore d'autres noms. Mais rien de ce qu'ont produit les peuples d'Europe ne vaut le premier po&#232;me connu qui soit apparu chez l'un d'eux. Ils retrouveront peut-&#234;tre le g&#233;nie &#233;pique quand ils sauront ne rien croire &#224; l'abri du sort, ne jamais admirer la force, ne pas ha&#239;r les ennemis et ne pas m&#233;priser les malheureux. II est douteux que ce soit pour bient&#244;t. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne manquerai pas de mentionner, &#233;crites &#224; la m&#234;me &#233;poque les tr&#232;s perspicaces pages de Rachel Bespaloff (je pense aux &#034;portraits&#034; d'H&#233;l&#232;ne ou de Priam, mais aussi &#224; la limpide confrontation qui cl&#244;t l'essai : &lt;i&gt;Source antique et source biblique&lt;/i&gt;, r&#233;flexion sur l'&#233;thique, qui n'a pas pris une ride) dans son petit livre &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article112' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De l'Iliade&lt;/a&gt;, r&#233;cemment reparu chez Allia, accompagn&#233; d'une pr&#233;sentation de Monique Jutrin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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