<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>lettre de la magdelaine</title>
	<link>https://lettre-de-la-magdelaine.net/</link>
	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?id_mot=704&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>lettre de la magdelaine</title>
		<url>http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/logo/siteon0.png?1360499591</url>
		<link>https://lettre-de-la-magdelaine.net/</link>
		<height>47</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;finir avec Anne Serre, pour d&#233;buter, et Conrad Stein, pour continuer</title>
		<link>http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article246</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article246</guid>
		<dc:date>2011-10-06T15:32:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Taylor, John</dc:subject>
		<dc:subject>Schneider, Monique</dc:subject>
		<dc:subject>Gori, Roland</dc:subject>
		<dc:subject>Powers, Jessica</dc:subject>
		<dc:subject>Stein, Conrad</dc:subject>
		<dc:subject>Serre, Anne</dc:subject>
		<dc:subject>Transtr&#246;mer, Tomas</dc:subject>
		<dc:subject>Richard, Jean-Pierre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;06/10/2011 &#8212; Anne Serre, Conrad Stein&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Taylor, John&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot289" rel="tag"&gt;Schneider, Monique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot324" rel="tag"&gt;Gori, Roland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot704" rel="tag"&gt;Powers, Jessica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot889" rel="tag"&gt;Stein, Conrad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1156" rel="tag"&gt;Serre, Anne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1229" rel="tag"&gt;Transtr&#246;mer, Tomas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1242" rel="tag"&gt;Richard, Jean-Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;I would define my love in some incredible penance&lt;br&gt;
Of which no impotent language is aware.
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyableDont nulle langue, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt;, Anne Serre&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Associer les vers de la carm&#233;lite-po&#232;te am&#233;ricaine, et les travaux d'Anne Serre n'a rien d'une fac&#233;tie. Dans l'itin&#233;raire de la famille spirituelle de la premi&#232;re on parlera de &lt;i&gt;commen&#231;ants&lt;/i&gt;, de sacrifice des l&#232;vres, et pour dire l'ineffable s'imposera le recours &#224; l'oxymore. Ici, pour t&#226;cher de d&#233;finir le mot amour, il ne faut pas moins qu'un roman. Je l'ai lu, avec un immense int&#233;r&#234;t, un intense plaisir, j'ai aussi souffert avec les personnages : Anne Serre sait, d'un savoir que le critique, &#233;ternel grand d&#233;butant, pourra toujours s'employer &#224; d&#233;finir, sait donc ce qu'&#233;crire &lt;i&gt;veut &lt;/i&gt; dire. J'ai not&#233; &#8212; je ne serai pas le seul &#8212; et je partirai de l&#224;, comment Marc Fumaroli accueille ce nouveau livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Fumaroli, a accueilli aussi avec faveur, Un Chapeau l&#233;opard, &#233;galement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et en particulier comment il conclut :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce roman, qui revient aux sources profondes du genre, la soci&#233;t&#233;, la vie professionnelle, le monde, la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; sont rel&#233;gu&#233;s dans le flou. Si Guillaume, Thomas, Anna ne sont pas &#233;crivains, ils partagent du moins avec l'&#233;crivain ou l'artiste cette &#233;vidence capitale que la v&#233;rit&#233; du c&#339;ur et de l'&#226;me est ailleurs que dans la r&#233;alit&#233; sociale et qu'elle est &#224; chercher jour et nuit dans l'affectivit&#233;, dans l'intimit&#233;, dans un loisir qui n'a rien d'oisif, car c'est en lui que se livrent les travaux titanesques et que s'op&#232;rent les &#233;preuves terribles dont l'enjeu est l'unique n&#233;cessaire : la v&#233;rit&#233; du d&#233;sir. V&#233;rit&#233; romanesque, a dit Ren&#233; Girard, &#224; d&#233;gager de la gangue du mensonge romantique et naturaliste. &lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt; ? Oui, sur ce chemin, nous le sommes tous. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A retrouver dans le dossier de presse, chez l'&#233;diteur, avec d'autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant de pareil sujet, on pouvait tout craindre. Mais voil&#224; il est possible de dire autrement ce qui de loin appara&#238;trait comme une banale affaire de trio amoureux, lisons plut&#244;t, au mitan du livre :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les jours passent. Elle appelle, il r&#233;pond, il a toujours r&#233;pondu aussit&#244;t quand elle l'appelait, m&#234;me lorsqu'il &#233;tait en r&#233;union, en plein travail, au bout du monde. Elle passait toujours avant tout. Il est malheureux, il souffre, mais il r&#233;pond. Elle essaie de lui faire comprendre qu'il n'y a pas lieu d'&#234;tre malheureux, que c'est une erreur. Certes elle a ce lien avec Thomas, et alors, cela l'emp&#234;che-t-elle de l'aimer lui aussi, lui d'abord ? Ce n'est pas qu'elle aime peu Thomas, c'est qu'elle l'aime autrement, tout &#224; fait autrement que lui, c'est absurde qu'il compare, Thomas n'est pas un rival, il est comme un autre pays, comment peut-on exiger de quelqu'un qu'il n'aime qu'un seul pays quand deux lui plaisent beaucoup ? N'est-il pas tout &#224; fait normal et m&#234;me sain d'&#234;tre capable d'aimer deux pays ? Guillaume persiste &#224; ne pas la comprendre. Peut-&#234;tre est-ce une question de mots ? Du sens que chacun donne &#224; certains mots ? Mais elle avait toujours cru qu'ils parlaient la m&#234;me langue. Or, elle commence &#224; comprendre : lorsqu'il dit aimer il veut dire &#234;tre amoureux, plein de d&#233;sir et d'&#233;moi. Elle, non. &#187; (93)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle voudrait dormir avec l'un, avec l'autre, et m&#234;me, pourquoi pas, avec les deux ensemble. L'un serait devant et l'autre derri&#232;re, elle serait coll&#233;e contre le dos de l'un et l'autre serait coll&#233; contre son dos &#224; elle. Comme elle serait heureuse dans cette chaleur, cette gangue. Comme il est dommage que les hommes ne puissent aimer ainsi une femme &#224; deux sans en faire toute une histoire. Alors ils ne se quitteraient plus tous les trois. Il n'y aurait plus tous ces probl&#232;mes de division, d&#233;chirure, choix mortel. Mais quand elle regarde leurs visages dans le ciel, elle voit qu'ils ne sont pas du tout d'accord, ni l'un ni l'autre, avec ce programme. &#187; (105-106)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que c'est un peu plus subtil, et, pour les lecteurs, d'Anne Serre (Anne, alors ?) se reconna&#238;t ce qu'il est convenu d'appeler une musique d'auteur, celle de la voix narratrice, celle des verbes aussi, et le rythme de la phrase qui &#233;pouse celui des mouvements int&#233;rieurs des personnages, car d&#233;finir n'est pas simple, les questions se posent, l'&lt;i&gt;agere contra&lt;/i&gt; s'impose, un discernement plus subtil se propose, et c'est bien une question de langue et de mots. A laquelle la litt&#233;rature, par exemple, pour l'exemple, apporte sa m&#233;diation, et c'est la figure de &lt;i&gt;Jude l'obscur &lt;/i&gt; qui conduira &#224; ce que Thomas, sorti du livre, s'enhardisse, qui sera venu mettre le doigt sur la plaie, figur&#233;e ici parce qui n'avait que les apparences de la r&#233;ussite amoureuse - aux yeux du &#171; monde &#187; - : &#171; c'est dingue, dit-il &#187;, et &#171; elle &#187;, &#171; rit. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a &#233;t&#233; donn&#233; un jour, incidemment, de d&#233;couvrir la puissance de p&#233;n&#233;tration de la pens&#233;e litt&#233;raire d'Anne Serre &#8212; &lt;i&gt;la petite &#233;p&#233;e du coeur&lt;/i&gt;&#8212; &#224; l'occasion d'un article, un &#034;rebonds&#034; du journal Lib&#233;ration, qui m'avait valu une vive controverse avec un &lt;i&gt;alter ego&lt;/i&gt; dans les cheminements d'&#233;criture (de ce jour ils se s&#233;par&#232;rent) :&lt;i&gt; Donnez-leur du feu ! &lt;/i&gt; cet article&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non-fumeur, j'ai &#233;t&#233; saisi par ce texte, Fumer fait vivre, du 13 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont j'avais oubli&#233; qu'elle en &#233;tait l'auteure, a resurgi en m&#233;moire &#224; la relecture du &lt;i&gt;Cheval blanc d'Uffington&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s l'unum necessarium de Fumaroli, oserai-je parler d'un livre-culte ? Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la narratrice y fume cons&#233;quemment. Il ne s'agissait pas d'une facile apologie du tabagisme, mais de la quintessence du litt&#233;raire qui se dit parfois encore mieux encore quand &#034;le livre n'est pas dans le livre&#034; (Michon) quand les gestes, les regards sont &#224; la hauteur de ce qui sera mis en mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;ciproque &#233;tant vraie. Ceci posait probl&#232;me &#224; mon ami : &#171; Sans cigarette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt;, ouvrage d'une belle ampleur, Anne Serre nous donne de son feu, qui r&#233;chauffe, &#233;claire, br&#251;le parfois. Il ne faut pas craindre de s'y exposer. Ce qui fut sans doute une belle aventure d'&#233;criture, sera pour beaucoup une belle aventure de lecture, et peut-&#234;tre, souhaitons leur, quant aux repr&#233;sentations re&#231;ues (litt&#233;raires, entre autres) : &lt;i&gt;un grand chambardement int&#233;rieur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conrad Stein, pour continuer&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un colloque en hommage &#224; Conrad Stein (d&#233;c&#233;d&#233; le 16 ao&#251;t 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire cette notice de Jacques S&#233;dat, &#233;tablie pour la circonstance.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), vient de se tenir les 30/09 et 01/10 au Coll&#232;ge des Bernardins, sous le chef &lt;i&gt;Psychanalyse et Transmission&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journ&#233;es organis&#233;es par la soci&#233;t&#233; &#171; M&#233;decine et Psychanalyse &#187; sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est l'occasion d'une nouvelle publication de &lt;i&gt;L'Enfant imaginaire&lt;/i&gt; en &#233;dition de poche (Champs Flammarion)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein, L'enfant imaginaire, collection Champs, 2011, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de la parution d'un volume, intitul&#233; &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/i&gt; (Aubier-Psychanalyse)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein, Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants, Aubier/Psychanalyse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux th&#232;mes chers &#224; l'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Gori, &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'oeuvre duquel la &#034;magdelaine&#034; s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;&#8212; &lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me de couverture de l'&#233;dition de 1987 (la premi&#232;re en 1971), reprenait une recension de Nicolas Abraham dans la revue &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt; n&#176; 319, d&#233;cembre 1973 ; l'essentiel y est dit jusque dans sa pointe : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; VISITE D'UN LABORATOIRE. R&#233;ception du visiteur. Tout bien arrang&#233; pour lui faciliter la t&#226;che : &#233;tiquettes, un ordre exemplaire et classique :&lt;i&gt; La Situation analytique. Le Complexe d'&#338;dipe. Le Complexe de castration.&lt;/i&gt; Puis la recherche personnelle : &lt;i&gt;l'Espace psychanalytique&lt;/i&gt;. De toutes ces machines, bien proprement dispos&#233;es, on montre comment le fonctionnement va de soi. Mais &#224; c&#244;t&#233; des &#233;vidences, on n'&#233;pargnera pas au visiteur les h&#233;sitations ayant pr&#233;c&#233;d&#233; les r&#233;sultats obtenus, les recherches, les t&#226;tonnements, l'obstination du chercheur ... Ce que l'on ressent chez Conrad Stein, c'est que ses th&#233;ories psychanalytiques ne sont pas pur exercice intellectuel- comme ses d&#233;tracteurs l'insinuent quelquefois mais s'authentifient par et dans un inconscient actif et productif, o&#249; elles prennent ancrage. Pour ma part, je suis heureux qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de soulever un coin du voile et de retrouver pour moi, et peut-&#234;tre pour vous, dans un ouvrage technique de grande valeur, une &#339;uvre qui, sans rien &#244;ter au premier, l'enrichit d'une po&#233;sie que seule la psychanalyse peut mettre au jour. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A preuve, du c&#244;t&#233; de la po&#233;sie, par exemple, cette rubrique de l'Index (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vais de mon grain de sel, manifestant ma pr&#233;dilection pour certain &lt;i&gt;Post-scriptum&lt;/i&gt; aux pages 111-116 de l'&#233;dition Deno&#235;l : &lt;i&gt;L'esprit de l'escalier&lt;/i&gt;. Le lecteur, &#233;crivain ou psychanalyste, tant&#244;t l'un, tant&#244;t l'autre, ne manquera pas d'&#234;tre conquis (requis aussi dans sa patience) par cet abr&#233;g&#233; saisissant du discours de la m&#233;thode en analyse selon Conrad Stein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;coupe (pp. 115-116) : &#171; En reconnaissant bien volontiers que je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui pourrait valoir, c'est mon point de vue, pour l'analyse litt&#233;raire ; c'est un apport consid&#233;rable de celui, qui, &#224; des disciples, pr&#233;f&#233;rait des interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&#8212; &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt; justifiait son titre par ceci &#8212; que confirme sa lecture : &#171; Le b&#233;n&#233;fice du travail d'une psychanalyse r&#233;side dans la production d'une &#339;uvre repr&#233;sentative d'un enfant qui serait &#224; la fois soi et produit par soi et dont l'av&#232;nement est suppos&#233; devoir se produire du fait de sa reconnaissance par un tiers qui est, en premier lieu, le psychanalyste. Exp&#233;rience personnelle, pratique du m&#233;tier de psychanalyste et &#233;criture du texte analytique sont indissociablement unies dans la r&#233;f&#233;rence &#224; cet enfant imaginaire. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine sans peine que l'ouvrage publi&#233; aujourd'hui est de la m&#234;me veine en ses diff&#233;rents chapitres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ce sommaire : Psalmodie &#224; voix tue / Henry BAUCHAU ; Conrad Stein ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en n'omettant pas de pr&#233;ciser, selon le titre de la revue &#224; laquelle Conrad Stein aura contribu&#233;, leur essentielle tonalit&#233; d'&lt;i&gt;&#233;tudes freudiennes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont quelques unes disponibles en ligne.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;&#338;dipe ou la l&#233;gende du conqu&#233;rant&lt;/i&gt; de Marie Delcourt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edition Belles Lettres, 1981 ; l'ouvrage de Marie Delcourt dans sa version (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Conrad Stein proc&#232;dait d'ailleurs comme un v&#233;ritable clinicien du texte de Freud, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui d&#233;couvre les libert&#233;s que prit le fondateur de la psychanalyse avec l'&lt;i&gt;&#338;dipe Roi&lt;/i&gt; de Sophocle, cr&#233;ant ainsi une nouvelle version du mythe. C'est de cette perspicacit&#233; aiguis&#233;e, qu'il est ici fait offrande au lecteur, &#224; l'instar de ce &#034;don de la parole en psychanalyse&#034; qu'apposait nagu&#232;re au nom de Conrad Stein un hommage de &lt;i&gt;Cliniques m&#233;diterran&#233;ennes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein : le don de la parole en psychanalyse, Cliniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul &#233;tonnement donc, que la partie &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve&lt;/i&gt; donne &#224; lire &lt;i&gt;&#338;dipe le surhumain&lt;/i&gt;, ou le d&#233;saveu du f&#233;minin auquel et il faut en remercier les responsables de l'&#233;dition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dani&#232;le Brun indique comment les textes du volume retravaill&#233;s au cours des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pond &lt;i&gt;Le savoir de Jocaste&lt;/i&gt; [mais &lt;i&gt;quelle&lt;/i&gt; Jocaste, portons-nous donc en nous ?] par Monique Schneider. Celle-ci a r&#233;dig&#233; &#233;galement &lt;i&gt;Freud invit&#233;&lt;/i&gt;. A propos du s&#233;minaire de Conrad Stein sur&lt;i&gt; l'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/i&gt; et son commentaire &lt;i&gt;Le bois de l'holocauste : sur l'&#233;criture de Freud&lt;/i&gt; [et de l'importance du &lt;i&gt;rer&#234;ver...&lt;/i&gt;], dans les &lt;i&gt;lin&#233;aments&lt;/i&gt; de laquelle Stein nous aura introduits pr&#233;alablement. Une introduction d'une limpidit&#233; redoutable : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non content d'estimer avec Freud que cet ouvrage contient en germe tous les d&#233;veloppements ult&#233;rieurs de la psychanalyse, je me propose donc de faire valoir que l'on peut trouver dans &lt;i&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/i&gt; les lin&#233;aments d'une probl&#233;matique sur laquelle Freud ne s'est jamais pench&#233;, ceux d'une th&#233;orie des processus &#224; l'&#339;uvre dans la situation analytique &#187;. &lt;br&gt;Nous voil&#224; avertis : reste, &#224; s'y tenir.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux &#233;critures se r&#233;pondent aussi en ce sens qu'elles obligent &#224; une lecture patiente, quasi philologique, insistante pourrait-on dire avec Bollack, avec ce profit qu'elles d&#233;placent des repr&#233;sentations, mettent au travail, ou en travail. Il ne s'agit donc pas de lecture &#171; savante &#187; (&#224; l'instar de celle de Faust, elle accumule des savoirs, mais est inefficiente), mais d'une lecture que Conrad Stein qualifiait volontiers de &#171; po&#233;tique &#187;, de sorte que le lecteur trouve son bien dans ce qui lui est r&#233;v&#233;l&#233; au cours de la lecture.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#233;videmment le cas pour ce qui est des deux parties suivantes : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;Le monde des enfants&lt;/i&gt;, avec un important chapitre, le cinqui&#232;me : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'on t'a fait, &#224; toi, pauvre enfant ?&lt;/i&gt; et son sous-titre : Ou l'efficience de l'interpr&#233;tation, tandis que le septi&#232;me reprend un texte publi&#233; autrefois chez &lt;i&gt;Calligrammes&lt;/i&gt;, les &#201;rinyes d'une m&#232;re en deux parties, o&#249; l'on retrouvera les travaux de l'hell&#233;niste Marie Delcourt, la seconde d&#233;di&#233;e &#224; Nicolas Abraham, ce qui n'est pas sans signification. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Une partie plus &#171; clinique &#187;, intitul&#233;e &lt;i&gt;Dans l'univers de la s&#233;ance&lt;/i&gt;, avec au centre : &lt;i&gt;Effets d'offrande, situation de danger&lt;/i&gt; [Sur une difficult&#233; majeure de la psychanalyse] ; prendra-t-on le dernier chapitre pour une conclusion ? &lt;i&gt;La travers&#233;e du tragique en psychanalyse&lt;/i&gt; r&#233;pond circonstanciellement &#224; l'ouvrage de Patrick Guyomard &lt;i&gt;La jouissance du tragique&lt;/i&gt; qu'il rejoint en ceci : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...la travers&#233;e du tragique en psychanalyse ne saurait trouver son issue autrement que dans une reprise du travail de construction, soit du travail psychanalytique proprement dit. Ce dernier se pr&#233;sente donc comme un travail de deuil au terme duquel le sujet advient dans l'accession au registre du symbolique. Voil&#224; qui permet d'entrevoir en quoi la travers&#233;e du tragique aura apport&#233; au patient un b&#233;n&#233;fice. &lt;br&gt;
De son c&#244;t&#233;, ce n'est pas sans b&#233;n&#233;fice que l'analyste se fait cause du d&#233;sir d'un autre, contrairement &#224; ce que Lacan note dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire sur l'&#233;thique&lt;/i&gt; ; il faut entendre que c'est sans b&#233;n&#233;fice manifeste. J'ai not&#233; jadis que les s&#233;ances du patient ont les meilleures chances de d&#233;boucher sur sa psychanalyse si elles sont pour le psychanalyste le lieu privil&#233;gi&#233; de la poursuite de la sienne, ce qui veut dire, il le faut ajouter maintenant, que le travail du deuil ne peut avoir lieu que s'il s'effectue des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mani&#232;re de clore sur la fa&#231;on dont Conrad Stein concevait l'analyse, une architecture, l'espace d'une &#171; double rencontre &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi aura &#233;t&#233; bross&#233;e &#224; tr&#232;s gros traits l'&#233;conomie de ce livre, dont il est heureux, qu'il ait, en poche, son Nebenmensch [&lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt; en l'occurrence] pour les lecteurs &lt;i&gt;d&#233;butants&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyable&lt;br&gt;Dont nulle langue, impuissante, n'a connaissance.&lt;br&gt; Jessica Powers, &lt;i&gt;Lieu de splendeur&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1059&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Arfuyen&lt;/a&gt;, traduction G&#233;rard Pfister, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Fumaroli, a accueilli aussi avec faveur, &lt;i&gt;Un Chapeau l&#233;opard&lt;/i&gt;, &#233;galement publi&#233; au &lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/auteur-Anne_Serre-67-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mercure de France&lt;/a&gt;, tout comme &lt;i&gt;Le Narrateur&lt;/i&gt;, ou encore &lt;i&gt;Le Cheval blanc d'Uffington&lt;/i&gt;. Le parcours d'&#233;crivain d'Anne Serre est riche : publications aux &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesdetours/Serre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Champ Vallon&lt;/a&gt;, au Temps qu'il fait (&lt;i&gt;La petit &#233;p&#233;e du coeur, Film&lt;/i&gt;), et chez Verdier, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-lemat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#183;mat&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, un livre qui r&#233;pond admirablement &#224; la commande qui lui a &#233;t&#233; faite &#8212; lire cette &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/pdf/LPM.pdf&#034;&gt;chronique&lt;/a&gt; de Xavier Girard (&lt;i&gt;La Pens&#233;e de Midi&lt;/i&gt;). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'accueil critique est des plus favorables, d&#232;s 1999 Jean-Pierre Richard, avait r&#233;serv&#233; sous le titre pr&#233;monitoire : &lt;i&gt;Histoires d'amour&lt;/i&gt;, un de ses &lt;i&gt;Essais de critique buissonni&#232;re&lt;/i&gt; &#224; ce qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233; jusqu'alors, avec une emphase plus prononc&#233;e pour &lt;i&gt;Les Gouvernantes&lt;/i&gt;, &#224; c&#244;t&#233; d'&lt;i&gt;Eva Lone&lt;/i&gt;, et de &lt;i&gt;Un voyage en ballon&lt;/i&gt;, une critique tr&#232;s inspir&#233;e par les travaux de Bellemin-No&#235;l, o&#249; sensualit&#233;, &#233;rotisme et cruaut&#233; font bon m&#233;nage. Tr&#232;s r&#233;cemment, John Taylor, nous donne dans le troisi&#232;me volume de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.transactionpub.com/title/Paths-to%20Contemporary%20French%20Literature-978-1-4128-1862-9.html?srchprod=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paths to French contemporary literature&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (Transaction Publishers) une de ses empathiques lectures dont il a le secret, en voici, p. 56, un trait lumineux :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Serre's coherent, if evolving, oeuvre solicits readers above all because she wields a writing style capable of suggesting the narrator's deep moods and probing reflections all the while sustaining the eventful plots in which he or she is involved (and indeed often in motion). What she evokes can delight, or disturb. Without giving any warning, a mere sentence becomes an open trapdoor, as it were, revealing profound truths about amorous attraction, growing up, or the acceptance of loss. She is concerned about a writer's &#034;separation&#034; from others. Her examinations of friendship are particularly original. Serre then closes these trapdoors, and the story moves on, but we continue to sense the dark cellars underneath.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A retrouver dans &lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/livre-Les_d&#233;butants-9782715231818-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le dossier de presse&lt;/a&gt;, chez l'&#233;diteur, avec d'autres articles et une pr&#233;sentation video.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Non-fumeur, j'ai &#233;t&#233; saisi par ce texte,&lt;i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/tribune/0101454160-fumer-fait-vivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fumer fait vivre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, du 13 septembre 2003. Bien m'en a pris, j'ai cherch&#233; &#224; conna&#238;tre l'auteure, et d&#233;couvert ses livres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apr&#232;s l'&lt;i&gt;unum necessarium&lt;/i&gt; de Fumaroli, oserai-je parler d'un livre-culte ? Le talent narratif d'Anne Serre y est particuli&#232;rement condens&#233;, s'y d&#233;ploie la toute-puissance autre de la litt&#233;rature, sous la forme d'un &#233;tonnant &lt;i&gt;Bildungsroman&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;ciproque &#233;tant vraie. Ceci posait probl&#232;me &#224; mon ami : &#171; Sans cigarette nous aurions parl&#233; litt&#233;rature. Je pense que tendre son paquet &#224; une femme, effleurer ses doigts en lui offrant du feu, regarder ses l&#232;vres autour de la cigarette, donne beaucoup plus de plaisir &#224; un homme que de l'entendre discutailler &#187;. Eh oui, seule une femme pouvait &#233;crire cela. Encore fallait-il qu'elle l'&#233;criv&#238;t - et avec quelle intensit&#233; : celle du verbe employ&#233; intransitivement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire cette &lt;a href=&#034;http://www.espace-analytique.org/spip.php?article467&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notice&lt;/a&gt; de Jacques S&#233;dat, &#233;tablie pour la circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journ&#233;es organis&#233;es par la soci&#233;t&#233; &#171; M&#233;decine et Psychanalyse &#187; sous la responsabilit&#233; de Dani&#232;le Brun, avec cet &lt;a href=&#034;http://www.espace-analytique.org/spip.php?article469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;argument&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conrad Stein, &lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=40954&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collection Champs&lt;/a&gt;, 2011, &#233;ditions ant&#233;rieures (1971, 1987) chez &lt;a href=&#034;http://www.denoel.fr/Denoel/Control.go?action=rech&amp;idauteur=14035&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deno&#235;l&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conrad Stein, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=41231&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Aubier/Psychanalyse, chez Flammarion, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Gori, &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'oeuvre duquel &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article208#1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la &#034;magdelaine&#034;&lt;/a&gt; s'est associ&#233;e en rendant compte du num&#233;ro sp&#233;cial de &lt;i&gt;Cliniques m&#233;diterran&#233;nnes&lt;/i&gt; &#224; l'occasion de son &#233;m&#233;ritat, a rendu en la circonstance &lt;a href=&#034;http://www.medpsycha.org/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=39&amp;Itemid=42&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;hommage&lt;/a&gt; confraternel &#224; la parole &lt;i&gt;sensible&lt;/i&gt; de ce ma&#238;tre. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2087&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La preuve par la parole&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne en maints endroits de la place tenue dans le parcours de l'auteur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=38285&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Logique des passions&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Comme lui, je rappellerais ces propos de Monique Schneider : &#171; Tu as voulu rester &#171; insulaire &#187;, avec toujours permanent ce d&#233;sir de te cacher et cette hantise de ne pas &#234;tre d&#233;couvert. &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi au coeur de ces &lt;i&gt;M&#233;langes&lt;/i&gt;, cette contribution limpide en son titre comme dans ses attendus : &lt;i&gt;R&#234;ve et n&#233;vrose de transfert d'apr&#232;s Freud&lt;/i&gt; (207-227), avec pour conclusion (de r&#234;ve) : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De l'homologie entre la situation de l'interpr&#233;tation du r&#234;ve et la situation du r&#234;ve, homologie qui ressort clairement du chapitre sur la m&#233;thode dont j'ai cit&#233; les &#233;l&#233;ments essentiels, &#224; savoir que l'on se met dans un &#233;tat qui est voisin de celui qui pr&#233;c&#232;de l'endormissement, et en connexion avec ce que je viens de vous dire &#224; l'instant, il ressort en d&#233;finitive qu'en un sens, interpr&#233;ter c'est r&#234;ver de nouveau. Mais qui donc interpr&#232;te ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A preuve, du c&#244;t&#233; de la po&#233;sie, par exemple, cette rubrique de l'Index (forc&#233;ment analytique) ajout&#233; &#224; l'&#233;dition de 1987 : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;R&#202;VES D&#201;TERMIN&#201;S : &lt;i&gt;De Freud&lt;/i&gt; ; Goethe attaquant un jeune homme, 253 ; Irma, 12 ; Noces et mort de Jacob, 283-284 ; On est pri&#233; de fermer les yeux, 252, 275, 280 ; Mon p&#232;re a jou&#233; un r&#244;le chez les Magyars, 264. &lt;i&gt;De l'auteur&lt;/i&gt; : Les arch&#233;opt&#233;ryx, 246-285, 288, 312-313, 320, 331 ; Chez le bouquiniste (ou Peau de patte de lion, ou Livre de mon p&#232;re, ou Enfant dans la malle) 262, 264-268, 281 ; A l'embarcad&#232;re d'Alger, 323-325 ; Freud et ses fermiers, 250, 252- 255, 264, 284, 331 ; Le lieu de vacances devenu subaquatique, 251-252 ; 256 ; Le mus&#233;e install&#233; dans une crypte, 247-248, 251, 258 ; Quelqu'un s'est fait raser, 256, 280-281, 283-285. &lt;i&gt;De personnes non d&#233;sign&#233;es&lt;/i&gt; : L'accouchement de deux filles, 223, 260, 308 ; En compagnie de l'analyste, au pied d'un escalier, 102-103, 112-115 ; Le couteau qui coupe du pain, 85-93 ; La fum&#233;e qui se d&#233;gage du lit en feu, 342-344 ; Un homme mari&#233; demande &#224; la patiente de devenir sa deuxi&#232;me femme, 103, 105, 108, 145, 231, 280-290 ; Le m&#233;decin le d&#233;clare atteint de la m&#234;me maladie que sa m&#232;re, 210 ; La m&#232;re t&#233;l&#233;phone que le p&#232;re ne va pas bien, 235 ; Un oiseau se pose sur la t&#234;te de la patiente, 233-240, 260, 301 ; Les personnages nageant en eau trouble, 278-279 ; La plaie &#224; la t&#234;te, 196, 200 ; Pourquoi n'&#234;tes-vous pas venue ? 18-21, 23 ; Le poisson mang&#233;, 236-240, 260, 301 ; Le psychanalyste en accoucheur, 234, 288, 290-291, 294, 297-298 ; Le psychanalyste accoucheur mort, 235, 289, 291 ; Le psychanalyste transform&#233; en cadavre, 161 ; Le psychanalyste en pr&#234;tre, 301 ; Un psychanalyste assiste aux rapports sexuels d'une patiente, 361-363 ; Un sexe d'homme pousse &#224; la patiente, 231, 289-290, 294 ; Le tableau repr&#233;sentant la C&#232;ne, 94, 149 ; Les tartes aux prunes, 277-278. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;coupe (pp. 115-116) :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En reconnaissant bien volontiers que je n'&#233;tudie ici rien d'autre que le texte que j'ai &#233;crit et les r&#233;actions qu'il a produit en moi par la suite, j'affirme en somme que cette &#233;tude appartient &#224; mon analyse &#224; moi, et que, dans la mesure o&#249;, telle est sa nature, il n'y a pas d'erreur quant &#224; la m&#233;thode. &lt;br&gt;
Plusieurs ann&#233;es se sont &#233;coul&#233;es avant que je d&#233;couvre les raisons de mon inaptitude &#224; enregistrer fid&#232;lement la s&#233;ance au cours de laquelle la patiente rapporta son r&#234;ve de l'escalier. [...] Mes vues g&#233;n&#233;rales sont une chose et mon aveuglement dans la s&#233;ance en est une autre. Il en est ainsi parce que les vues en question d&#233;mystifient ce que la situation analytique cr&#233;e. Si la d&#233;mystification &#233;tait totale, il n'y aurait pas de situation analytique, pas de psychanalyse. Avoir des vues g&#233;n&#233;rales sur la situation analytique n'emp&#234;che pas que je n'aie pas encore voulu voir ce qui, selon moi, a d&#251; se passer en haut de l'escalier, derri&#232;re la porte close de la chambre de la domestique. (De cela il sera &#224; nouveau question au chapitre 19). &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire quelques 200 pages plus loin... Le psychanalyste serait-il un &lt;i&gt;narrateur&lt;/i&gt; qui s'ignore ? :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car sa jouissance, c'est d'une certaine mani&#232;re, malheureux, ne se trouve que dans le langage. Comment cela est-il arriv&#233; ? Myst&#232;re. On ne peut lever le voile sur ces choses qui ont un sexe, composent avec le meurtre, et datent de si vieilles lunes que le pauvre narrateur lui-m&#234;me, en d&#233;pit de ses pouvoirs d'investigation, n'en saura probablement jamais le fin mot. C'est presque ainsi qu'il est n&#233;. Quand il ex&#233;cute le travail fastidieux de se souvenir, il se retrouve &#224; trois ans par exemple, d&#233;j&#224; dans les m&#234;mes dispositions. &#192; trois ans on est tout petit, que sait-on &#224; trois ans ? Eh bien, &#224; trois ans, le narrateur est d&#233;j&#224; narrateur, s&#233;par&#233; du monde depuis toujours et pour toujours, le consid&#233;rant avec int&#233;r&#234;t et surprise comme une chose tr&#232;s nouvelle. &#192; trois ans, sans doute est-il naturel de consid&#233;rer le monde comme une chose nouvelle puisqu'elle date de trois ans. Mais voil&#224; qu'&#224; sept, c'est pareil, &#224; douze aussi, et qu'&#224; dix-sept c'est encore pire. Chaque ann&#233;e le narrateur na&#238;t, regarde et d&#233;couvre avec surprise le monde qui l'entoure. Peut-&#234;tre qu'il ne cesse de na&#238;tre. Peut-&#234;tre que la maladie du narrateur, c'est de na&#238;tre sans arr&#234;t plut&#244;t que de grandir, vieillir, s'accomplir. &#187;&lt;br&gt;
Anne Serre, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/livre-Le_narrateur-416-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le narrateur&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Mercure de France, 2004, p. 26.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'un bond , &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;, p. 149-150 :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais (suppliant de nouveau) : ... je t'en prie, laisse-moi encore me coucher parmi les fleurs, dans un pr&#233; assez haut dans la montagne, et l&#224;, chantonner sans cesse les m&#234;mes syllabes ! Laisse-moi, mon ami, &#234;tre couch&#233; dans mon berceau et chantonner jusqu'&#224; la grande ouverture, jusqu'&#224; ce que je sois happ&#233;, englouti, pour resurgir &#224; nouveau, chantonner encore, &#234;tre encore happ&#233;, englouti, puis resurgir. Laisse-moi regarder le ciel, sentir les odeurs du thym sauvage, sentir dans mes doigts le contact des herbes. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il sent que c'est &#224; ces mots magiques que la Grande Puissance tremble et s'amoindrit, il continue pendant deux heures, dix heures. Je vais l'hypnotiser, elle aussi ! pense-t-il doucement. Il se frotte les mains et continue. Que c'est excitant d'avoir du pouvoir, m&#234;me sur elle ! Il a douze ans, bient&#244;t sept : &#171; Oh, grimper derri&#232;re elle sur le chemin caillouteux, quel plaisir et quel effroi c'&#233;tait ! Sais-tu que les cailloux rebondissaient jusqu'&#224; venir me heurter les chevilles et que maintenant j'ai &#224; tout jamais une cheville enfl&#233;e comme &#338;dipe ! (il rit) Mais ce n'est pas grave, cela ne m'emp&#234;che pas d'aller, de grimper, et m&#234;me s'il fait tr&#232;s chaud. Je vois ses jambes longues et brunes, tout en haut, c'est mon horizon. Elle porte une robe ou une jupe bleue qui lui arrive aux genoux, la robe danse autour de ses genoux, c'est mon horizon. Moi, j'ai des jambes courtes, &#233;videmment. Je suis petit mais assez muscl&#233;, et comme j'ai les ch&#232;vres qui grimpent autour de moi, je m'accroche &#224; leurs poils r&#234;ches et huileux, ce qui va devenir, entre parenth&#232;ses (clin d'&#339;il &#224; la Puissance), l'une de mes fantaisies &#233;rotiques. Passons. Et puis j'ai trois ans, dit le narrateur d'une toute petite voix. Et parvenu au sommet de la montagne, je ne la vois plus, elle a tout &#224; fait disparu. Je cherche dans les &#233;boulis, je me tourne et retourne, non, mon ami, je t'assure qu'elle a tout &#224; fait disparu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ce sommaire : Psalmodie &#224; voix tue / Henry BAUCHAU ; Conrad Stein ou la passion de la psychanalyse / Jacques S&#201;DAT ; Dans les &#034;lin&#233;aments&#034; de l'&#233;criture de Freud / Conrad STEIN ; Le bois de l'holocauste : sur l'&#233;criture de Freud / Conrad STEIN ; Freud invit&#233; / Monique SCHNEIDER ; Oedipe le surhumain / Conrad STEIN ; Le savoir de Jocaste / Monique SCHNEIDER ; Amour de transfert, amour d'enfant / Conrad STEIN ; &#034;Qu'est-ce qu'on t'a fait, &#224; toi, pauvre enfant ?&#034; / Conrad STEIN ; Le nourrisson savant selon Ferenczi / Conrad STEIN ; Les &#201;rinyes d'une m&#232;re / Conrad STEIN ; Majest&#233; et d&#233;tresse / Conrad STEIN ; Effet d'offrande, situation de danger (1988) / Conrad STEIN ; La travers&#233;e du tragique en psychanalyse / Conrad STEIN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont quelques unes &lt;a href=&#034;http://www.etudes-freudiennes.org/Publications/publications.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponibles&lt;/a&gt; en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edition Belles Lettres, 1981 ; l'ouvrage de Marie Delcourt dans sa version princeps en 1944, Facult&#233; de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Conrad Stein : le don de la parole en psychanalyse&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Cliniques m&#233;diterran&#233;ennes &lt;a href=&#034;http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;num&#233;ro 43/44&lt;/a&gt;, 1994, &#233;ditions &#201;r&#232;s ; &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/png/stein.png&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/png/stein.png','lettre-de-la-magdelaine.net','scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=493,Height=226,resizable=no');return false;&#034;&gt; sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dani&#232;le Brun indique comment les textes du volume retravaill&#233;s au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es de la vie de Conrad Stein, ont fait l'objet de leur regroupement, et de leur division en trois parties, suite aux &#233;changes avec Syvie Fenczak, la directrice de collection. Elle pr&#233;cise aussi la survenue du titre adopt&#233;. Prendre connaissance des deux pages finales de remerciements n'est pas superflu, ajoute &#233;motion et suscite gratitude. &lt;br&gt;
Le lecteur sera infiniment reconnaissant de l'appareil critique, notes, origines des textes, index des noms, des notions, et forc&#233;ment, des r&#234;ves.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y mettrai discr&#232;tement du mien en ce beau jour de Nobel pour la po&#233;sie :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;Ai r&#234;v&#233; que je dessinais les touches d'un piano &lt;br&gt;
sur la table de la cuisine. Sur lesquelles je jouais,&lt;br&gt; en silence. &lt;br&gt;
Les voisins entraient pour m'&#233;couter.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; (Tomas Transtr&#246;mer, &lt;i&gt;Funeste gondole&lt;/i&gt; n&#176; 2, &lt;i&gt;Baltiques&lt;/i&gt;, Po&#233;sie/Gallimard, p. 307)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/pdf/LPM.pdf" length="172244" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des vies &#224; soi ?</title>
		<link>http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article120</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article120</guid>
		<dc:date>2010-04-20T13:13:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Bonnefoy, Yves</dc:subject>
		<dc:subject>K&#233;chichian, Patrick</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin, Walter</dc:subject>
		<dc:subject>Titus-Carmel, G&#233;rard</dc:subject>
		<dc:subject>Wittgenstein, Ludwig</dc:subject>
		<dc:subject>Llansol, Maria Gabriela</dc:subject>
		<dc:subject>Bespaloff, Rachel</dc:subject>
		<dc:subject>Jutrin, Monique</dc:subject>
		<dc:subject>Cohen, Annie</dc:subject>
		<dc:subject>Havet, Mireille</dc:subject>
		<dc:subject>Laugier, Sandra</dc:subject>
		<dc:subject>Bouveresse, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Diamond, Cora</dc:subject>
		<dc:subject>Powers, Jessica</dc:subject>
		<dc:subject>Fondane, Benjamin</dc:subject>
		<dc:subject>Jean de la Croix</dc:subject>
		<dc:subject>Nussbaum, Martha</dc:subject>
		<dc:subject>Rabat&#233;, Dominique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;20/04/10 &#8212; Sandra Laugier, Dominique Rabat&#233;, Annie Cohen, Mireille Havet, G&#233;rard Titus-Carmel&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot236" rel="tag"&gt;Bonnefoy, Yves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot371" rel="tag"&gt;K&#233;chichian, Patrick&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot378" rel="tag"&gt;Benjamin, Walter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot381" rel="tag"&gt;Titus-Carmel, G&#233;rard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot501" rel="tag"&gt;Wittgenstein, Ludwig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot646" rel="tag"&gt;Llansol, Maria Gabriela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot667" rel="tag"&gt;Bespaloff, Rachel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot669" rel="tag"&gt;Jutrin, Monique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot696" rel="tag"&gt;Cohen, Annie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot697" rel="tag"&gt;Havet, Mireille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot700" rel="tag"&gt;Laugier, Sandra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot701" rel="tag"&gt;Bouveresse, Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot703" rel="tag"&gt;Diamond, Cora&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot704" rel="tag"&gt;Powers, Jessica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot705" rel="tag"&gt;Fondane, Benjamin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1064" rel="tag"&gt;Jean de la Croix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1164" rel="tag"&gt;Nussbaum, Martha&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1533" rel="tag"&gt;Rabat&#233;, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; um lugar onde o pensamento possa &lt;i&gt;audaciar-se&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Maria Gabriela Llansol&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette phrase que je traduirais par &#171; un lieu qui donne &#224; la pens&#233;e de se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I would define my love in some incredible penance&lt;br&gt;
Of which no impotent language is aware.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Jessica Powers&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyableDont nulle langue, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui est hors de nous &#8212; dans notre intelligence et non dans notre affectivit&#233; &#8212; est comique...&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Benjamin Fondane&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benjamin Fondane, Carnet de travail, datant probablement de la p&#233;riode (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1&#034;&gt;&lt;/a&gt;Iris Murdoch dit, dans un entretien de 1978 avec Bryan Magee : &#171; Les modes litt&#233;raires sont tr&#232;s naturels pour nous, tr&#232;s proches de la vie ordinaire et de la mani&#232;re dont nous vivons en tant qu'&#234;tres r&#233;flexifs. Toute la litt&#233;rature n'est pas de la fiction, mais la plus grande partie d'entre elle est de la fiction ou implique la fiction, l'invention, les masques, le jeu de r&#244;les, le faire-semblant, le fait d'imaginer, de raconter des histoires. Quand nous rentrons &#224; la maison et &#034;racontons notre journ&#233;e&#034;, nous mettons de fa&#231;on artistique un mat&#233;riau dans une forme narrative. (Incidemment, ces histoires sont tr&#232;s souvent dr&#244;les.) Par cons&#233;quent, en tant qu'utilisateurs des mots, d'une certaine fa&#231;on, nous existons tous dans une atmosph&#232;re litt&#233;raire, nous vivons et respirons la litt&#233;rature, nous sommes tous des artistes litt&#233;raires, nous employons constamment le langage pour extraire des formes int&#233;ressantes d'une exp&#233;rience qui semblait peut-&#234;tre originairement sans int&#233;r&#234;t ou incoh&#233;rente. Dans quelle mesure la reconfiguration implique des infractions contre la v&#233;rit&#233; est un probl&#232;me auquel tout artiste doit faire face. Un motif profond pour faire de la litt&#233;rature ou de l'art d'une esp&#232;ce quelconque est le d&#233;sir de triompher du caract&#232;re informe du monde et de se ragaillardir en construisant des formes &#224; partir de ce qui sans cela pourrait sembler une masse de d&#233;bris d&#233;nu&#233;s de sens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sandra Laugier &amp; alii, &#201;thique, litt&#233;rature, vie humaine&lt;br&gt;
Dominique Rabat&#233;, Le Roman et le sens de la vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Iris Murdoch est cit&#233;e &#224; plusieurs reprises par Jacques Bouveresse dans son article &lt;i&gt;La litt&#233;rature, la connaissance et la philosophie morale&lt;/i&gt; dans le collectif &lt;i&gt;Ethique, litt&#233;rature, vie humaine&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Sandra Laugier aux Presses Universitaires de France (2006)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ethique, litt&#233;rature, vie humaine, dirig&#233; par Sandra Laugier aux Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les lecteurs de la romanci&#232;re anglaise n'auront pas de peine &#224; la reconna&#238;tre dans les propos tenus, tandis que le recours tant &#224; ses fictions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi Claire Devarrieux cite A. S. Byatt dans Lib&#233;ration (10/02/99) : &#171; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'&#224; ses r&#233;flexions sur la litt&#233;rature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Iris Murdoch, L'attention romanesque. Ecrits sur la philosophie et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'impose dans le questionnement qui a conduit Sandra Laugier &#224; r&#233;unir outre Jacques Bouveresse, Stanley Cavell, Monique Canto-Sperber, James Conant, Vincent Descombes, Cora Diamond, &#201;lise Domenach, Emmanuel Halais, Martha Nussbaum, Layla Raid, Jean-Jacques Rosat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sommaire, significatif : Pr&#233;sentation par Sandra Laugier ; I &#8212; Litt&#233;rature (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En vue de sugg&#233;rer &#171; que la litt&#233;rature, par l'&#233;ducation sensible qu'elle nous offre, d&#233;finit une nouvelle forme d'attention &#224; la vie humaine ordinaire avec la perception de ses d&#233;tails et diff&#233;rences, la sensibilit&#233; au sens et &#224; l'importance de ses moments. La lecture se r&#233;v&#232;le une v&#233;ritable exp&#233;rience, indissolublement intellectuelle et sensible : une &#171; aventure de la personnalit&#233; &#187; (Martha Nussbaum), qui transforme la nature de la pens&#233;e morale. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ensemble dans lequel Wittgenstein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un index e&#251;t &#233;t&#233; bienvenu. On en trouvera un &#224; la fin de la seconde version (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'av&#232;re figure tut&#233;laire ; par exemple, Cora Diamond dans l'ouverture de la premi&#232;re partie :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous pouvons penser qu'il y a une pens&#233;e et un discours ayant pour sujet ce que la vie bonne est pour les &#234;tres humains, ou quels principes d'action nous devons accepter, et l'&#233;thique philosophique sera alors la philosophie de ce domaine de pens&#233;e et de discours. Mais vous n'&#234;tes pas oblig&#233; de penser cela : et Wittgenstein rejette cette conception de l'&#233;thique. Tout comme la logique n'est pas, pour Wittgenstein, un sujet particulier, avec son propre corps de v&#233;rit&#233;s, mais p&#233;n&#232;tre toute pens&#233;e, l'&#233;thique n'a pas de sujet particulier ; plut&#244;t, un esprit &#233;thique, une attitude envers le monde et la vie, peut p&#233;n&#233;trer n'importe quelle pens&#233;e ou discours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans son dernier ouvrage publi&#233; aux &#233;ditions Jos&#233; Corti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Rabat&#233;, Le Roman et le sens de la vie, &#233;ditions Jos&#233; Corti, 2010.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Dominique Rabat&#233; n'est pas sans se r&#233;f&#233;rer aux tr&#232;s riches contributions du collectif dirig&#233; par Sandra Laugier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Je crois que ce qui constitue [le] domaine in&#233;puisable [du roman] est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ce livre issu d'un s&#233;minaire universitaire franco-britannique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;le premier expos&#233; de certaines de ses th&#232;ses a &#233;t&#233; fait &#224; l'occasion du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rel&#232;ve &#224; l'&#233;vidence de la pr&#233;occupation signifi&#233;e par Cora Diamond.&lt;br&gt;
Toutefois, et l'on ne s'en &#233;tonnera gu&#232;re, la pr&#233;occupation proprement litt&#233;raire est premi&#232;re. &#171; Le sens de la vie &#187;, expression dont la quelconquerie n'&#233;chappera &#224; personne, question qui tout &#224; coup accapare Lili Briscoe dans &lt;i&gt;Voyage au phare&lt;/i&gt;, donne &#224; Dominique Rabat&#233; de montrer en quoi le roman est le lieu o&#249; le questionnement trouve toute sans ampleur. Apr&#232;s avoir conduit sa r&#233;flexion &#224; partir de l'intuition d&#233;velopp&#233;e par Walter Benjamin dans &lt;i&gt;Le Conteur&lt;/i&gt; &#8212; cela nous vaut de d&#233;m&#234;ler &lt;i&gt;Erlebnis&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Erfahrung&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Ce que pointe Flaubert dans cet &#233;change[ Il me manque &#171; une vue bien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; Dominique Rabat&#233;, prolonge cette intuition selon laquelle le roman moderne exprime la recherche passionn&#233;e du sens de la vie pour des consciences s&#233;par&#233;es et solitaires, avec les lectures de &lt;i&gt;La Mort d'Ivan Illitch&lt;/i&gt; de Tolsto&#239;, et &#8212; j'indique une &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;rence&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ce qui est de celle de Dominique Rabat&#233;, je renvoie &#224; cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; de &lt;i&gt;Voyage au Phare&lt;/i&gt; de Virginia Woolf.&lt;br&gt;
C'est dans ce qu'il qualifie d'&#233;pilogue, et qu'il intitule &lt;i&gt;Le personnel et l'impersonnel&lt;/i&gt;, que l'auteur se fait tr&#232;s convaincant quant &#224; ses vues sur la lecture (et par cons&#233;quent l'&#233;criture) des oeuvres contemporaines : on n'anime pas impun&#233;ment &lt;i&gt;Modernit&#233;s&lt;/i&gt;, et on ne contribue pas de m&#234;me &#224; un colloque appel&#233; &lt;i&gt;Le lecteur engag&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ce num&#233;ro de la revue Modernit&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;br&gt;
J'y rel&#232;ve, outre des correctifs importants &#224; des vues de Deleuze et Blanchot souvent insuffisamment questionn&#233;es, les quelques traits qui suivent : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le roman semble, avec une plus nette intensit&#233; &#224; l'&#233;poque moderne, se d&#233;ployer dans l'espace t&#233;nu mais capital qui s&#233;pare &lt;i&gt;le sens de la vie&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;sens d'une vie&lt;/i&gt;. Comme si l'un et l'autre, inextricablement li&#233;s, ne pouvaient plus se rejoindre ou se confondre. &#187; (105)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus intime, le plus impartageable g&#238;t dans &lt;i&gt;l'exister&lt;/i&gt; intransitif qui est, cependant, le lot de tous. C'est de cela que le roman fait son combustible. C'est donc, &#224; la fois, du sentiment d'une irr&#233;ductible s&#233;paration et de la communaut&#233; de cette qualit&#233; impartageable que le roman fait sa mati&#232;re. La mise en jeu du plus personnel d&#233;bouche sur quelque chose qui touche fondamentalement &#224; l'impersonnel. &#187; (107)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaux sujets de dissertation ! A propos de son ouvrage, Dominique Rabat&#233; parle de &lt;i&gt;petits livres qui peuvent aussi avoir des gestations lentes&lt;/i&gt; (p. 23). Gageons que celui est gros de r&#233;flexions ult&#233;rieures, comme celles qui ont m&#251;ri dans les essais pr&#233;c&#233;dents, qu'il s'agisse du &lt;i&gt;Chaudron f&#234;l&#233;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;Po&#233;tiques de la voix&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;Vers une litt&#233;rature de l'&#233;puisement&lt;/i&gt;, ou encore de son &lt;i&gt;Louis-Ren&#233; des For&#234;ts&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annie Cohen, Les silenciaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec son titre non conforme &#224; l'orthographe usuelle, mais pleinement congruent &#224; son projet d'&#233;criture, le dessin &#224; l'encre de Chine figurant en couverture, le dernier livre d'Annie Cohen ne passe pas inaper&#231;u. La quatri&#232;me r&#233;v&#232;le : exercice d'admiration pour les silenciaires qui accompagnent son oeuvre : Le moine errant, Beno&#238;t Joseph Labre, Augustin Lesage, le peintre m&#233;diumnique, Alfred Nakache, le nageur d'Auschwitz, Bram Van Velde, peintre de l'attente, Bambi, la transsexuelle, silenciaire de chair, et, entre tous, Robert de Guelma, le p&#232;re, devant la derni&#232;re porte.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains de ces portraits sont sp&#233;cialement frappants, celui de Bambi, reine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Dentelle du signe. Portrait d'Annie Cohen&lt;/i&gt;, un film&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notice de la Biblioth&#232;que Publique d'Information, Centre Pompidou.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont le titre fait &#233;cho &#224; l'un de ses livres, mais aussi &#171; au d&#233;coupage sur le haut de [s]on cr&#226;ne, d'un dessin dentel&#233;, n&#233;cessaire &#224; l'&#233;vacuation d'un h&#233;matome qui aurait pu avoir [s]a peau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Annie Cohen, La dure-m&#232;re, Gallimard, Haute Enfance, 2001.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;le les &#233;v&#233;nements particuliers de la vie personnelle de l'&#233;crivain &#8212; apr&#232;s l'accident vasculaire c&#233;r&#233;bral survenu en 1999 &#8212; &#224; son d&#233;sir de cr&#233;ation litt&#233;raire et plastique. Je retiens de sa conclusion : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;cris dans le seul but de l'apaisement &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur de &lt;i&gt;La dure-m&#232;re&lt;/i&gt; le ressentira probablement, et songera sans doute &#224; &lt;i&gt;Une boussole pour Annie&lt;/i&gt;, dont voici les entours :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu te remettras &#224; &#233;crire et ce sera pour moi, me disait &#201;lise, bien plus confiante que je ne l'&#233;tais. Chapeau, bravo, et mille mercis, tout comme je voulais remercier tous ceux qui m'avaient soign&#233;e, aid&#233;e, prot&#233;g&#233;e du grand drame, de la paralysie et du reste. Sentiment de joie, de grande joie, et alors que je chavirais, regarde bien tout ce qui se passe ici, disais-je &#224; Caroline, faudra pas oublier, c'est tr&#232;s fort, prends des notes, fais ce travail-l&#224; pour moi, ce qu'elle fit : &lt;i&gt;Une boussole pour Annie, &lt;/i&gt;qu'elle &#233;crivit sur un carnet noir et que je mis du temps &#224; lire. Elle tenait le fil de l'&#233;criture, elle &#233;tait la main de l'&#233;criture, elle qui peignait et &#233;crivait tout autant, elle qui voulait se jeter dans ce qui lui importait le plus, l'&#233;criture, le po&#232;me.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La dure-m&#232;re, p. 125 ; quant &#224; Caroline, qui ne la reconna&#238;trait apr&#232;s ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre la main de l'&#233;criture, comme Augustin Lesage (&#171; Je suis la main qui ex&#233;cute et non le cerveau qui con&#231;oit &#187;), le peintre mediumnique, pour lequel Annie Cohen &#233;prouve v&#233;n&#233;ration : &#171; Je lui dois mon premier dessin, l'audace de faire. &#187; &#233;crit-elle, et vers lequel elle ne manque pas d'aller en p&#233;lerinage, tout comme &#224; Ames et Amettes en Artois, o&#249; vinrent aussi Germain Nouveau et Paul Verlaine, &#224; la rencontre de Beno&#238;t Joseph Labre, qui inspire &#224; Annie Cohen ce po&#232;me :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt; vous n'&#234;tes pas ma&#238;tre de la seconde qui vient&lt;br&gt;
fermez les yeux&lt;br&gt;
ne parlez plus&lt;br&gt;
au milieu du tumulte&lt;br&gt;
devenez silenciaire&lt;br&gt;incendiaire de la bouche muette&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les quelques lignes qui suivent indiqueront la mani&#232;re de proc&#233;der, le style, avec lequel Annie Cohen trace avec les personnages qu'elle nous fait rencontrer une mani&#232;re d'autoportrait, et qui pour renvoyer aux ouvrages universitaires cit&#233;s plus haut, d&#233;veloppe et d&#233;fend po&#233;tiquement son point de vue sur &#171; le sens de la vie &#187; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je prends la rel&#232;ve avec la gouache, avec un pinceau si fin qu'il ferait penser &#224; une plume, mais il n'est pas une plume, ses poils permettent de danser sur le papier qui n'est plus couleur ficelle, et pour les besoins de la cause, car la cause impose de se laisser guider par des voix int&#233;rieures, ou mieux, par des voix tout court, comme celles entendues dans les r&#234;ves, &#171; chante, chante &#187;, non, non, peins, peins, n'aie crainte. Ce qui procure dans le demi-sommeil de dr&#244;les d'images, oui, celles apparues sur le blanc d'un papier chiffon du Moulin de Larroque. Et si cela r&#233;clame &#339;ill&#232;res et bouche cousue, c'est gagn&#233;, c'est marcher en dedans, comme Beno&#238;t Joseph Labre le faisait pour de vrai. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les silenciaires, p. 23. L'autoportrait (partiel) diffract&#233; en de bonnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;3&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mireille Havet, Journal 1927-1928&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec Mireille Havet, pour ce &lt;i&gt;Journal 1927-1928&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Claire Paulhan, qui porte en couverture : &#034;H&#233;ro&#239;ne, Coca&#239;ne ! La nuit s'avance&#8230;&#034;, il s'agira aussi d'intime, mais la fi&#232;vre de vivre ne l'aura pas recompos&#233;. Ce Journal vient pr&#232;s les publications des Journaux des ann&#233;es 1918-1919 &#171; Le monde entier vous tient par le milieu du ventre &#187;, 1919-1924 &#171; Aller droit &#224; l'enfer par le chemin m&#234;me qui le fait oublier &#187;, 1924-1927, &#171; C'&#233;tait l'enfer et ses flammes et ses entailles. &#187; et en attendant ceux des ann&#233;es 1913-1918, et 1929.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur tous ces journaux, consulter les pages vers lesquelles pointe le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;dition est &#233;tablie comme les pr&#233;c&#233;dentes par Pierre Plateau, annot&#233;e par Claire Paulhan, avec l'aide de Roland Aeschimann, Pierre Plateau et Dominique Tiry, et la pr&#233;face donn&#233;e cette fois par Patrick K&#233;chichian.&lt;br&gt;
D&#232;s la premi&#232;re page de celle-ci, toute la mesure de ce journal est donn&#233;e, que soulignent le titre : &#171; Moi je suis finie o&#249; l'enfer commence &#187;, les premiers mots : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'exploration de l'intime, &#224; ce retour permanent sur soi qui est le moteur ordinaire du &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt;, Mireille Havet ajoute, et m&#234;me substitue, une autre dimension, contradictoire, qui se rencontre fort peu dans ce genre d'&#233;crit. [...]. Sous sa plume, et toujours davantage avec l'avanc&#233;e du temps - comme en ces ann&#233;es 1927-1928 [...] -, &#224; l'approche de la fin in&#233;luctable, le moi perd sa vocation de territoire o&#249; se r&#233;fugier, s'examiner, s'&#233;taler, se complaire. Par une sorte de renversement de la perspective, il devient terrible crispation, &#233;lan mortel pour sortir de lui-m&#234;me. &#171; Je suis d&#233;bord&#233;e &#187;, &#233;crit-elle le 23 ao&#251;t 1928. [...]&lt;br&gt;
Comme en un souffle d&#233;sesp&#233;r&#233;, le moi se fait donc appel. Mais appel &#224; qui ou &#224; quoi ? Aux femmes aim&#233;es d'abord, [...] &#192; Dieu aussi, [...]. Aux drogues enfin [...]. &#187; &lt;br&gt;
En ces quelques mots se concentre tout ce qui fait la force d'&#233;criture de ce volume, le lecteur ne s'interroge pas sur un quelconque &#171; effet de r&#233;el &#187;, il est happ&#233; par la v&#233;racit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le beau titre du livre d'Elisabeth Cardonne-Arlyck, V&#233;racit&#233;s, publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de ce qu'il lit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'extrais (tout est violemment beau) ces quelques lignes &#224; Robbie Robertson, compagne &#233;cossaise du po&#232;te Pierre de Massot, qui aura [dit la l&#233;gende du document photographique de la page 29] la mauvaise id&#233;e de pr&#233;senter Robbie &#224; Mireille Havet : les deux jeunes femmes vivront ensemble de l'&#233;t&#233; 1927 &#224; P&#226;ques 1928.&lt;br&gt;Leur puissant lyrisme d&#233;courage la d&#233;coupe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nuit du dimanche 29 au lundi 30 avril 1928. Nice. &lt;br&gt;Mon Robbie ! Mon Robbie bien-aim&#233;e, tu as allum&#233; (on ne sait trop pourquoi ; il y para&#238;t, surtout, par affolement, par angoisse, par nostalgie et exc&#232;s de scrupules et remords envers ton p&#232;re &#226;g&#233; et malade, peut-&#234;tre mort &#224; l'heure actuelle, mon pauvre enfant, ou [ envers] moi, orphelin depuis cinq ans de p&#232;re et de ma m&#232;re ch&#233;rie et h&#233;ro&#239;que dont je n'ai rien des si belles qualit&#233;s, de forces, de courage surhumain et d'une patience et douceur admirables envers l'adversit&#233;, tu as n&#233;glig&#233; volontairement de me pr&#233;venir et de me permettre ainsi de te consoler avec toutes les r&#233;serves derni&#232;res de tendresse de mon c&#339;ur qui t'appartient en entier), [...] &lt;br&gt;Je ne serai pas m&#233;chant, pas rancunier, quoi que tu aies pu me faire souffrir et sangloter nuit et jour, depuis trois semaines que tu m'as manifestement et formellement abandonn&#233;e. Je t'aimais avant, et au-dessus et plus que tout, d'abord, et avant de tenter tout autre moyen plus sournois, calculateur et &#233;go&#239;ste, j'essaierai la force magn&#233;tique, m&#234;me &#224; distance (et &#224; distance, surtout, de l'amour), qui d&#233;noue les c&#339;urs les plus angoiss&#233;s, les gorges les plus serr&#233;es. Je t'aimais avant de te combattre, et j'essaierai d'&#233;teindre et r&#233;duire par l'amour cette guerre bien inutile et folle entre nous ! Je t'aime, petit Robbie, mon seul tr&#233;sor humain et le plus grand, et je ne te ferai pas de mal, pas de repr&#233;sailles, que du bien, que du bien au contraire, pour adoucir au moins ton chagrin qui ne peut qu'augmenter d'avoir &#233;t&#233; parjure dans ton amour et m'avoir abandonn&#233;e, h&#233;las. &lt;br&gt;Baisers. &lt;br&gt;M&#234;me nuit (du dimanche 29 au lundi 30 avril 1928), 4 heures. Vanit&#233;, comme dit l'Eccl&#233;siaste, et surtout, &#171; inutilit&#233; et sottise d&#233;montr&#233;e par l'exp&#233;rience de la nuit &#187;, qui consiste &#224; essayer de trouver un repos quelconque avant l'aube. Je me souviens de ta belle r&#233;ponse &#224; ma stup&#233;faction irrit&#233;e, cet &#233;t&#233;, par cette blancheur de flamme apparue brusquement, que je voyais dans la petite fen&#234;tre mansard&#233;e de l'h&#244;tel des Roches Blanches, et que je prenais pour un artifice satanique, une mauvaise blague install&#233;e l&#224; contre notre sommeil et uniquement dans le ciel fix&#233;e pour nous emb&#234;ter : &#171; C'est l'aube, mon petit ch&#233;ri, c'est l'aube, rendormez-vous, nous ne pouvons pas l'emp&#234;cher &#187;. C'est l'Aube. [...]&lt;br&gt;Je t'aime ! que je t'aime. &lt;br&gt;
As-tu jamais re&#231;u amour plus d&#233;sint&#233;ress&#233;, d&#233;nu&#233; de tout orgueil, et plus violent dans sa douleur et son exil atroce que le mien, dis, mon Robbie ? D'autres t'ont-ils, je n'ose pas dire mieux (j'ai s&#251;rement &#233;t&#233; maladroite, puisque tu m'as quitt&#233;e ... ?) mais plus aim&#233;e ? Est-ce possible ? je ne le crois pas. Ce que je me demande. Si Dieu, par ton interm&#233;diaire terrestre me fera gr&#226;ce et si, d'ici un mois, j'aurai, quelles que soient, h&#233;las, ton attitude envers moi et ta froideur mortelle d&#233;sormais (puisqu'il est impossible que tu m'aimes, acceptant que je souffre ainsi et ne faisant rien de toi-m&#234;me pour l'emp&#234;cher, att&#233;nuer ma douleur et le d&#233;sespoir d'une telle s&#233;paration, dans les pires conditions qu'il soit pour des amants, un amant plut&#244;t, car s&#251;rement je suis seule &#224; aimer et pleurer), si dans un mois, une nuit de paix qui ne pourra plus, sans doute, &#234;tre que passag&#232;re entre nous, une nuit d'opium dans une chambre d'h&#244;tel quelconque ... &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareil feu ne se rencontre que rarement. Et la petite poy&#233;tesse qu'avait ainsi surnomm&#233;e Apollinaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seront prochainement publi&#233;es correspondances avec Apollinaire et Ludmilla (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le fait de tout mot, tout au long de ces pages douloureuses, amoureuses, rageuses aussi...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin d'ajouter qu'&#224; l'instar des publications pr&#233;c&#233;dentes, le soin apport&#233; &#224; l'&#233;dition est parfait : Notes, rep&#232;res biographiques, dossier photographique, annexes, bibliographie, index des noms et titres cit&#233;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour qui ne conna&#238;trait pas l'histoire cette d&#233;couverte et de l'entreprise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;4&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;G&#233;rard Titus-Carmel, La nuit au corps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le jour nous &#233;largit le regard jusqu'&#224; nous perdre dans le monde. La nuit nous &#233;largit en nous-m&#234;mes jusqu'&#224; nous perdre dans nos r&#234;ves &#187;, lit-on dans ces pages d'atelier. Mais jusqu'o&#249; la langue pourra-t-elle nous &#233;largir pour que nous retrouvions le chemin ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Titus-Carmel, La nuit au corps, Fata Morgana, 2010.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette m&#234;me page 114 de &lt;i&gt;La nuit au corps&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce titre explicit&#233; ainsi : &#171; Ici est le pays sans d&#233;ception. Car la nuit, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; je recopie cette sorte de m&#233;ditation, que l'on pourra sans difficult&#233;s placer entre celles de Quignard et de Bonnefoy, pour &#233;voquer des contemporains dont l'auteur est proche, car il y va aussi de la &#171; sc&#232;ne primitive &#187; de l'&#233;criture :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et une fois encore, cela qu'on d&#233;couvre comme en creux au revers de soi, quand les yeux se ferment enfin sur le monde et qu'on commence &#224; descendre lentement dans l'histoire fossile de son corps : l'infigurable nuit des origines -l'infinie, la primitive, l'impeccable souveraine-, &#224; cette profondeur o&#249;, justement, se perp&#233;tue la sc&#232;ne originelle au sein de quoi nous pr&#238;mes chair et os par faveur de pur hasard. Car ici s'&#233;nonce l'indicible, l'acte m&#234;me par lequel tout s'inaugure, marquant du m&#234;me sceau le signe irr&#233;versible de la perte absolue, c'est-&#224;-dire l'abolition sup&#233;rieure qu'est la chute dans le non-savoir. Aussi le r&#234;ve sera-t-il toujours le r&#233;cit de notre tentative, sans cesse r&#233;it&#233;r&#233;e, de remonter jusqu'au c&#339;ur des co&#239;ncidences o&#249; est son myst&#232;re, autrement dit &#224; ce point, lui aussi absolu dans la nuit secr&#232;te d'en-haut, &#171; pleine de lueurs &#187;, o&#249; dort la b&#234;te inoubliable que nous logeons en nous. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux qui ont eu le privil&#232;ge d'entendre Titus-Carmel, se communiquera sans doute son fr&#233;missement int&#233;rieur, &#224; la d&#233;couverte de ces nuits, dont la &lt;i&gt;Beaut&#233;&lt;/i&gt; sait prendre les habits. Et c'est le peintre et po&#232;te qui donne &#224; chacune des parties du livre leur titre : LA NUIT AU CORPS, &#201;TAT DES LIEUX, &lt;i&gt;Paysage&lt;/i&gt; ; LA NUIT, LE LOINTAIN, &lt;i&gt;Sc&#232;ne de genre&lt;/i&gt; ; LA NUIT COUTUMI&#200;RE, &lt;i&gt;Nature morte&lt;/i&gt; ; &#201;TATS DE NUIT, &lt;i&gt;Autoportrait&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dans une relecture s'emploiera &#224; relier les paragraphes en italiques, verra avec quel art l'auteur progresse dans sa m&#233;ditation parfois sous couvert de description, en empruntant les divers masques pronominaux (le &lt;i&gt;il&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt; sont pr&#233;pond&#233;rants, le &lt;i&gt;vous&lt;/i&gt; (vocatif) et le &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; plus rares, le &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, plus rare encore ; comme une mani&#232;re d'illustration du nouage de l'impersonnel et du plus personnel ). La compagnie des po&#232;tes ne fait pas d&#233;faut, Nerval bien s&#251;r, Jean de la Croix (et nous sommes d&#233;sarrim&#233;s), Roger Munier, Kafka, et bien d'autres, dont Titus-Carmel a une lecture aig&#252;e, sensitive. Pour avoir approfondi la lecture de &lt;i&gt;Deux sc&#232;nes&lt;/i&gt; d'Yves Bonnefoy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certes G&#233;rard Titus-Carmel, s'est trouv&#233; impliqu&#233; d&#232;s la premi&#232;re heure, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, j'ai &#233;t&#233; sensible &#224; la mani&#232;re dont Titus-Carmel interpr&#232;te la trace d'un repentir de son confr&#232;re. Voyez plut&#244;t :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et parlant d'Yves Bonnefoy, coup sur coup paraissent, dans deux maisons, deux &#233;ditions d'un m&#234;me r&#233;cit traversant en une sc&#232;ne redoubl&#233;e les lieux, les moments et les pens&#233;es de sa vie &#171; depuis (sa) premi&#232;re enfance &#187;. On imagine que dans l'urgence et la simultan&#233;it&#233; de ce double tir, l'auteur a voulu revoir son texte avant la seconde publication, sans pour autant qu'on puisse savoir laquelle est r&#233;ellement de la premi&#232;re &#233;criture et o&#249;, par cons&#233;quent, se porte la marque du repentir. Car de l'une &#224; l'autre, peu de retouches, de tr&#232;s rares ajustements, quelques mots, peut-&#234;tre, une derni&#232;re toilette avant de para&#238;tre dans sa version sur &#171; grand papier &#187;.&lt;br&gt;
Mais alors voil&#224; que, relisant les deux ouvrages, je bute soudain sur cela : &#233;voquant l'intuition d'une lumi&#232;re qui, un peu &#224; la fa&#231;on dont fourche la langue, se serait comme divis&#233;e en deux parts distinctes (l'une esp&#233;rant l'&#233;blouissement &#171; dans un au-del&#224; du langage &#187;, l'autre &#233;clairant le souvenir de la jeune ombre que nous avons &#233;t&#233; au bord de ce chemin o&#249; toujours nous sommes), Yves Bonnefoy, &#224; cet endroit m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux sc&#232;nes, Galil&#233;e, 2009, p. 63.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a corrig&#233; son texte - mais est-ce vraiment une correction ? -, situant ici l'une de ses lumi&#232;res &#171; au fond de la nuit &#187;, pour se reprendre l&#224;, la logeant alors &#171; dans l'ab&#238;me nocturne &#187;.&lt;br&gt;
Est-ce pour &#233;viter la r&#233;p&#233;tition du &#171; fond de la nuit &#187;, d&#233;j&#224; mentionn&#233; avec les m&#234;mes mots un peu plus haut, ou y aurait-il l&#224;, dans ce changement qui est certainement une pr&#233;cision, le signe d'un l&#233;ger vertige qu'il s'agissait de dissiper, conduisant l'auteur &#224; priver la nuit d'un fond o&#249; la lumi&#232;re pourrait justement venir s'&#233;chouer, afin d'ouvrir l'espace o&#249; sont les divinit&#233;s chtoniennes &#224; plus de clart&#233; encore ? Si tel &#233;tait le cas, l'&#171; ab&#238;me nocturne &#187; serait ainsi l'autre nom de ce repentir et lui offrirait l'inestimable profondeur de ses gouffres, l&#224; o&#249; il n'est plus d'obstacle pour elle d'allumer l'inconnu. (On souhaite, bien s&#251;r, que les choses se sont pass&#233;es ainsi, et dans cet ordre ; car si, d'aventure, c'&#233;tait le &#171; fond de la nuit &#187; qui avait remplac&#233; l' &#171; ab&#238;me nocturne &#187;, cela ruinerait en moi toute id&#233;e de r&#233;mission ... ) &#187; (p. 32-34) &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La nuit au corps&lt;/i&gt; prend ici tout son sens, sinon sa source : ce d&#233;sir d'intelligibilit&#233; au plus pr&#232;s de ce qui de toutes fa&#231;ons &#233;chappe ... Si Dominique Rabat&#233; accorde au roman le privil&#232;ge de creuser la question du sens de la vie, il n'en appara&#238;t pas moins ici que le po&#232;me en prose, la m&#233;ditation po&#233;tique, voire la r&#233;flexion po&#239;&#233;tique ne lui c&#232;dent en rien quand elles atteignent cette teneur, sauf &#224; lire &lt;i&gt;La nuit au corps&lt;/i&gt; comme un roman de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette phrase que je traduirais par &#171; un lieu qui donne &#224; la pens&#233;e de se faire audacieuse &#187;** cl&#244;t une pr&#233;sentation de l'&#171; Espa&#231;o Llansol &#187; dans le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://espacollansol.blogspot.com/2010/04/o-espaco-llansol-no-jornal-de-sintra-o.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jornal de Sintra&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; du 16 avril 2010. Mentionnons &#224; cette occasion une parution nouvelle aux &lt;a href=&#034;http://areteseditions.blogspot.com/2010/03/blog-post_4419.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions des Ar&#234;tes&lt;/a&gt; (La Rochelle) de trois textes brefs, &lt;i&gt;La foudre sur le crayon, H&#246;lder de H&#246;lderlin, Cantil&#232;ne&lt;/i&gt; avec des illustrations de Luce Guilbaud, plasticienne et po&#232;te, ainsi que &lt;a href=&#034;http://areteseditions.blogspot.fr/2010/04/maria-gabriela-llansol.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;connaisseur&lt;/a&gt; de l'oeuvre de Maria Gabriela Llansol.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Cristina de Melo traduit plus pr&#233;cis&#233;ment la fin d'un &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/audaciar.jpg&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/audaciar.jpg','lettre-de-la-magdelaine.net','scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=603,Height=599,resizable=no');return false;&#034;&gt;fragment&lt;/a&gt; du &lt;i&gt;Cahier 43&lt;/i&gt; de 1995, avec son contexte :&lt;br&gt;&lt;i&gt;&#201;tant une pens&#233;e, nous trouverons un lieu pour vivre. La seule condition c'est que la pens&#233;e puisse &#171; &#234;tre audacieuse &#187;, s'exprimer par une &#339;uvre qui se trouverait en tous lieux___________&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyable&lt;br&gt;Dont nulle langue, impuissante, n'a connaissance.&lt;br&gt; Jessica Powers, &lt;i&gt;Lieu de splendeur&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1059&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Arfuyen&lt;/a&gt;, traduction G&#233;rard Pfister, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Benjamin Fondane, Carnet de travail, datant probablement de la p&#233;riode 1940-1945. Cit&#233; par J&#233;r&#244;me Th&#233;lot, dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fissile-editions.net/LIVRES/irresignation.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ou l'irr&#233;signation&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, un exercice d'admiration paru aux &#233;ditions Fissile, octobre 2009, collection &lt;i&gt;cendrier du voyage&lt;/i&gt;. A propos de ce po&#232;te et penseur existentiel, J&#233;r&#244;me Th&#233;lot ajoute : &lt;i&gt;Existentiel&lt;/i&gt;, ce qui veut dire &lt;i&gt;vivant&lt;/i&gt;, est le penseur qui s'en tient, m&#234;me dans sa pens&#233;e, &#224; ce qui en lui demeure h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#224; la pens&#233;e, &#224; ce qui rel&#232;ve d'un autre domaine que celui dans lequel ce sont les mots qui d&#233;cident.&lt;br&gt; A propos des penseurs existentiels d'avant-guerre, cf. Le dossier de la revue &lt;a href=&#034;http://www.europe-revue.info/2010/kierkegaardsomm.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe, avril 2010,&lt;/a&gt; rassembl&#233; par Monique Jutrin (inlassable animatrice des &lt;a href=&#034;http://fondane.com/cahiers.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cahiers Fondane&lt;/a&gt;) et Micha&#235;l Finkenthal. Outre Fondane, je retiens, par dilection sp&#233;ciale, le portrait de Rachel Bespaloff : voir &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article112' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De l'Iliade&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, et la recension de &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article113' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Carrefours et cheminements&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ethique, litt&#233;rature, vie humaine&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Sandra Laugier aux Presses Universitaires de France 2006 ; l'article cit&#233; aux pp. 95-145, discute en particulier les th&#232;ses de Martha Nussbaum, &#233;voque en dehors d'Iris Murdoch, James, la r&#233;ception contemporaine de &lt;i&gt;L'homme sans qualit&#233;s&lt;/i&gt; etc. Il se cl&#244;t par un int&#233;ressant passage des &lt;i&gt;Recherches philosophiques&lt;/i&gt;, l'amenant &#224; conclure : &lt;br&gt;
&#171; C'est justement parce que la litt&#233;rature est probablement le moyen le plus appropri&#233; pour exprimer, sans les falsifier, l'ind&#233;termination et la complexit&#233; qui caract&#233;risent la vie morale, qu'elle peut avoir quelque chose d'essentiel &#224; nous apprendre dans ce domaine. Pour reprendre &#224; nouveau une expression de Wittgenstein, elle peut nous apprendre &#224; regarder et &#224; voir - et &#224; regarder et &#224; voir beaucoup plus de choses que ne nous le permettrait &#224; elle seule la vie r&#233;elle - l&#224; o&#249; nous sommes tent&#233;s un peu trop t&#244;t et un peu trop vite de penser &#187;. &lt;br&gt;
A mettre en regard avec ce propos de Roger Pouivet, dans le dossier consacr&#233; &#224; Jean-Pierre Cometti, revue Il particolare, n&#176; 6 :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans telle ou telle pratique intellectuelle, il n'est pas facile de faire la part exacte de ce qui est simple habilet&#233; et de ce qui ressort des vertus intellectuelles. Mais ce n'est pas une raison pour &lt;i&gt;nier&lt;/i&gt; leur diff&#233;rence. Elle concerne, je crois, ce dont Jean-Pierre Cometti parle en termes de &#171; port&#233;e morale &#187; de l'activit&#233; philosophique. La diff&#233;rence se situe dans la &lt;i&gt;motivation intellectuelle&lt;/i&gt;. D'une part, celle qui a pour objet la pratique simplement habile, conforme &#224; des mod&#232;les sociaux qui procurent une reconnaissance de nos pairs et parfois d'un public, que l'habilet&#233; intellectuelle &#224; la fois agace et fascine. D'autre part, la motivation qui vise le perfectionnement de soi dans une activit&#233; dont l'objet nous confronte &#171; &#224; l'autorit&#233; d'une structure qui commande [le] respect &#187;, pour citer &#224; nouveau Iris Murdoch. &#187; Note : il s'agit de &lt;i&gt;La souverainet&#233; du bien&lt;/i&gt;, &#233;ditions de l'&#201;clat, 1994 : &lt;i&gt;&#171; si je fais l'apprentissage d'une langue, le russe par exemple, je me trouve confront&#233;e &#224; l'autorit&#233; d'une structure qui commande mon respect &#187;&lt;/i&gt; , p. 108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi Claire Devarrieux cite A. S. Byatt dans &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/culture/0109273807-iris-murdoch-en-memoire-l-ecrivain-anglo-irlandaise-est-morte-de-la-maladie-d-alzheimer-a-79-ans&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt; (10/02/99) : &lt;br&gt;&#171; Les romans d'Iris Murdoch sont les fables d'une culture d&#233;mythologis&#233;e &#187;, a &#233;crit A.S. Byatt. Comment se d&#233;brouiller dans un monde sans Dieu et sans Messie ? Qui les remplace ? C'est ce monde-l&#224;, peupl&#233; d'intellectuels et d'artistes, qui est &#233;tudi&#233; dans &lt;i&gt;la T&#234;te coup&#233;e, les Cloches, la Mer, la Mer, l'El&#232;ve du philosophe, l'Apprenti du bien&lt;/i&gt;, ou le dernier traduit, &lt;i&gt;le Chevalier vert&lt;/i&gt;. Une phrase du &lt;i&gt;Prince noir&lt;/i&gt; (1973), dont le h&#233;ros est un &#233;crivain, peut servir d'&#233;pitaphe en m&#234;me temps que de r&#233;sum&#233; : &#171; Les efforts d'un homme pour cr&#233;er, sa recherche de la sagesse et de la v&#233;rit&#233;, sont une histoire d'amour. &#187; Iris Murdoch &#233;crivain n'a pas d'autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Iris Murdoch, &lt;i&gt;L'attention romanesque. Ecrits sur la philosophie et la litt&#233;rature,&lt;/i&gt; traduit par Denis-Armand Canal, avant-propos de Georges Steiner, La Table ronde, collection &#8220;Contretemps&#8221;, 2005.&lt;br&gt; Patrick Goujon indiquait dans une recension de la revue Etvdes (2006/5 (Tome 404 ) : H&#233;riti&#232;re de l'id&#233;alisme platonicien, discutant aussi bien Wittgenstein que Freud, I. Murdoch livre ses pages les plus suggestives sur Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus, contemporains de ces articles. Dans la haine et dans l'amour qui s'emparent de leurs personnages, ils r&#233;v&#232;lent l'inqui&#233;tante difficult&#233; du moi &#224; se donner comme unit&#233;. C'est dans cette &lt;i&gt;attention&lt;/i&gt; du roman &#224; la conscience individuelle &#233;clat&#233;e que I. Murdoch voyait la nouveaut&#233; &lt;i&gt;m&#233;taphysique&lt;/i&gt; du roman, sortant de son &#232;re morale, selon le mot de Merleau-Ponty &#224; qui elle le reprend.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sommaire, significatif : Pr&#233;sentation par Sandra Laugier ; I &#8212; Litt&#233;rature et connaissance morale : La litt&#233;rature comme philosophie morale. La f&#234;lure dans le cristal : La coupe d'or de James par Martha Nussbaum &#8212; Diff&#233;rences et distances morales par Cora Diamond &#8212; Connaissance morale et litt&#233;rature par Jacques Bouveresse &#8212; Concepts moraux, connaissance morale par Sandra Laugier ; II &#8212; Expression morale et vie humaine : Justifier une vie ? par Monique Canto-Sperber &#8212; Descartes, Emerson, Poe par Stanley Cavell &#8212; Les mots justes pour le dire. Perfectionnisme moral et scepticisme chez Cavell par Elise Domenach &#8212; Wittgenstein, Dosto&#239;evski et l'homme du souterrain par Layla Raid ; III &#8212; Exemples et mod&#232;les : Grandeur de l'homme moyen par Vincent Descombes &#8212; Education politique et art du roman par Jean-Jacques Rosat &#8212; L'aventure des Destructeurs par Emmanuelle Halais &#8212; Kafka en Floride par James Conant&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un index e&#251;t &#233;t&#233; bienvenu. On en trouvera un &#224; la fin de la seconde version de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-creer.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cr&#233;er&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Paul Audi, chez Verdier, dans laquelle la r&#233;flexion &#171; esth/&#233;thique &#187; ne manque pas d'appeler &#224; Wittgenstein. A quelques autres aussi, et dans cet ouvrage o&#249; la litt&#233;rature est aussi pr&#233;sente que la philosophie, je ferais ressortir du Livre deuxi&#232;me : &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses de l'expression&lt;/i&gt;, le chapitre conclusif : &lt;i&gt;De la re-fondation du sens,&lt;/i&gt; o&#249; s'inscrit fortement la r&#233;f&#233;rence &#224; Merleau-Ponty (&lt;i&gt;La Prose du monde&lt;/i&gt;), relu par Castoriadis, mais aussi les &#171; questions profondes &#187; d'un Benjamin Fondane (&lt;i&gt;Baudelaire et l'exp&#233;rience du gouffre&lt;/i&gt;), tandis qu'un &#233;nonc&#233; de Manuel de Di&#233;guez (&lt;i&gt;Une histoire de l'intelligence&lt;/i&gt;, Fayard, 1986) en donne le point de d&#233;part :&lt;br&gt;
&#171; Tout cr&#233;ateur est une d&#233;monstration respirante du th&#233;or&#232;me de G&#246;del, qui dit qu'un syst&#232;me ne peut pr&#233;tendre se fonder lui-m&#234;me, et donc que toute cr&#233;ation doit sortir de l'enclos des savoirs anciens. &#187; (p. 446)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Rabat&#233;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jose-corti.fr/titreslesessais/roman_sensdelavie_rabate.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Roman et le sens de la vie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;ditions Jos&#233; Corti, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#171; Je crois que ce qui constitue [le] domaine in&#233;puisable [du roman] est une r&#234;verie autour de l'id&#233;e d'une autre vie (celle que je pourrais avoir, celle qui me ram&#232;nera &#224; accepter la mienne, celle qui me servira d'&#233;talon sinon d'exemple). Cette r&#234;verie implique un rapport sp&#233;cifique entre le personnel et l'impersonnel, entre le singulier et le commun, entre ce qui dure et ce qui s'an&#233;antit. Elle m&#232;ne aux limites du langage et du monde (entendu comme espace de vie que je ne peux englober que par une fiction si je veux en apercevoir le sens). Ce faisant, le roman ne dit rien qui puisse &#234;tre logiquement &#233;nonc&#233; ; il n'&#233;nonce rien qui puisse se r&#233;sumer &#224; une recette, ou &#224; une loi du bien vivre. Mais s'il n'a pas de sens &#224; proprement parler, &lt;i&gt;le roman a - comme l'a sugg&#233;r&#233; si puissamment Wittgenstein - une n&#233;cessit&#233; autre : il touche &#224; la sph&#232;re &#233;thique et esth&#233;tique de l'existence&lt;/i&gt;, il a partie li&#233;e avec des &#233;nonc&#233;s inv&#233;rifiables mais essentiels dont il entretient en nous la complexit&#233; et la richesse. &#187;&lt;br&gt; (p. 23, je souligne.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;le premier expos&#233; de certaines de ses th&#232;ses a &#233;t&#233; fait &#224; l'occasion du s&#233;minaire intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Une vie &#224; soi. A Life of one's own &#187;&lt;/i&gt;, organis&#233; entre les Universit&#233;s de Bordeaux (dans le cadre du Centre de recherches sur les modernit&#233;s litt&#233;raires, v. la revue &lt;a href=&#034;http://www.lcdpu.fr/collections/?collection_id=420&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Modernit&#233;s&lt;/a&gt;) et d'Oxford, d'octobre 2004 &#224; octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Ce que pointe Flaubert dans cet &#233;change[ &lt;i&gt;Il me manque &#171; une vue bien arr&#234;t&#233;e et bien &#233;tendue sur la vie &#187; . Vous avez mille fois raison ! mais le moyen qu'il en soit autrement. &lt;/i&gt; Lettre &#224; George Sand, fin d&#233;cembre 1875], c'est justement l'impossibilit&#233; - situation nouvelle pour lui - du romancier &#224; dominer la mati&#232;re de l'existence dont il ne renonce pourtant pas &#224; faire le tableau. Il n'est plus, selon la perspective de Walter Benjamin, un homme de bons conseils. Aucun dogme, aucune m&#233;taphysique ne peuvent le satisfaire. Il ne d&#233;tient plus aucune position d'autorit&#233;, morale ou analytique. Il ne saurait le faire d&#233;sormais, sauf &#224; manquer &#224; son art, sauf par usurpation. Il ne sait plus rien &#171; arr&#234;ter &#187; quant aux bonnes mani&#232;res de vivre et d'habiter le monde. En termes benjaminiens, on pourrait dire qu'il n'a plus comme t&#226;che la transmission d'une exp&#233;rience (&lt;i&gt;Erfarhung&lt;/i&gt;) qui donne de l'autorit&#233;, mais qu'il d&#233;couvre l'ab&#238;me insondable et miroitant de l'exp&#233;rience int&#233;rieure, de l'&lt;i&gt;Erlebnis&lt;/i&gt;, comme ce qui est &#224; la fois incommunicable et partageable, commun et incommensurable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour ce qui est de celle de Dominique Rabat&#233;, je renvoie &#224; cette premi&#232;re question : &#171; &lt;i&gt;Combien de temps croyez-vous que cela durera ?&lt;/i&gt; &#187;, p. 80, et sa r&#233;ponse personnelle : &#171; Je pourrai donc commencer par r&#233;pondre de fa&#231;on volontairement tr&#232;s personnelle et dire que, pour ma part, &#171; cela &#187; dure depuis vingt-cinq ans, que &lt;i&gt;Voyage au phare&lt;/i&gt; me hante depuis tout ce temps. Je me souviens tr&#232;s exactement de ma premi&#232;re lecture du roman de Woolf, &lt;i&gt;To the Lighthouse&lt;/i&gt;, lu en anglais, et des circonstances dans lesquelles je terminais, profond&#233;ment &#233;mu, le dernier chapitre, sur une plage de Cape Cod en 1983. Ces vingt-cinq ann&#233;es n'ont pas effac&#233; le bouleversement op&#233;r&#233; par cette lecture, qui dure donc encore, et dont je m'&#233;tais secr&#232;tement promis de rendre compte un jour. La dur&#233;e, c'est ainsi le laps de temps que l'on peut mettre pour r&#233;aliser quelque chose, pour l'atteindre enfin, si ce n'est pour v&#233;ritablement l'accomplir comme on se l'&#233;tait promis. Aussi bien&#171; cela &#187; dure depuis la premi&#232;re parution en 1927 de ce roman, que je tiens pour le plus beau et le plus &#233;mouvant de l'&#339;uvre de Virginia Woolf. &#187; &lt;i&gt;I think so&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. ce num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100085500&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Modernit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Certains de ces portraits sont sp&#233;cialement frappants, celui de Bambi, reine de la nuit parisienne, puis 25 ans professeur de lettres incognito ; d'Alfred Nakache qui retrouva un titre de champion de natation apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;port&#233; ; &#233;mouvants les portraits de Bram Van Velde, qui &#171; reste l&#224; sans rien faire, mais qui travaille intens&#233;ment &#187; ; et tout particuli&#232;rement celui du p&#232;re, Robert, confront&#233; &#224; la nuit d'Alzheimer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bpi.fr/fr/_modules/module_catalog/notice/view.html?titre=dentelle%20du%20signe&amp;notice=0&amp;page=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notice&lt;/a&gt; de la Biblioth&#232;que Publique d'Information, Centre Pompidou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Annie Cohen, &lt;i&gt;La dure-m&#232;re&lt;/i&gt;, Gallimard, Haute Enfance, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La dure-m&#232;re&lt;/i&gt;, p. 125 ; quant &#224; Caroline, qui ne la reconna&#238;trait apr&#232;s ce portrait des pp. 119-121 : &#171; Caroline part tous les matins chez Jacques Clerc, &#224; 8 heures, pour tirer des lithographies, des typographies, pour gagner un peu d'argent, pour manger, ils sont pauvres, et elle ne s'occupe pas de vendre sa peinture, &#231;a l'ennuie, &#231;a la barbe, alors elle produit sans cesse sans vendre. Je l'avais connue &#224; Quimper au Salon de la Petite &#201;dition, son travail m'a int&#233;ress&#233;e, tout de suite elle m'a plu, je l'ai sentie ardente, br&#251;lante, inspir&#233;e, illumin&#233;e, folle de cr&#233;ation, un dragon, une force de la nature, une volont&#233; de fer, un amour fou de la po&#233;sie et de la litt&#233;rature, une proustienne convaincue et une lectrice de P&#233;guy. Elle aimait aussi la philosophie et elle avait fait une peinture &#233;norme, &lt;i&gt;Le Gu&#233; du Yabboq,&lt;/i&gt; un rouleau de cent cinquante m&#232;tres de long, une performance. &#187; &lt;br&gt; Page 48 des &lt;i&gt;Silenciaires&lt;/i&gt;, on lira aussi de cette &#171; soeur de plume, de gouache de mots, de phrase &#187; : &lt;i&gt;je veux adorer la joie de vivre &#233;norm&#233;ment le style&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les silenciaires&lt;/i&gt;, p. 23. L'autoportrait (partiel) diffract&#233; en de bonnes rencontres que d&#233;livre l'ouvrage, port&#233; par une mani&#232;re d'innocence, soutenu par une &#233;criture fluide, touche ainsi &#224; la r&#234;verie litt&#233;raire, d'un monde r&#233;concili&#233; par l'art et par les mots.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur tous ces journaux, consulter &lt;a href=&#034;http://www.clairepaulhan.com/catalogue.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les pages&lt;/a&gt; vers lesquelles pointe le catalogue des &#233;ditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le beau titre du livre d'Elisabeth Cardonne-Arlyck, &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article87#3' class=&#034;spip_in&#034;&gt;V&#233;racit&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, publi&#233; chez Belin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Seront prochainement publi&#233;es correspondances avec Apollinaire et Ludmilla Savitsky, grand-m&#232;re de Dominique Tiry qui d&#233;tenait le &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; retrouv&#233; dans un grenier en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour qui ne conna&#238;trait pas l'histoire cette d&#233;couverte et de l'entreprise &#233;ditoriale qui s'est ensuivie, lire l'&lt;a href=&#034;http://www.fondationlaposte.org/article.php3?id_article=725&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien de Claire Paulhan avec Nathalie Jungerman&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Observatoire de l'&#233;criture&lt;/i&gt;, 28 avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Titus-Carmel, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fatamorgana.fr/livres/la-nuit-au-corps&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La nuit au corps&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Fata Morgana, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce titre explicit&#233; ainsi : &#171; Ici est le pays sans d&#233;ception. Car la nuit, toujours souveraine, se montre magnanime : elle se d&#233;verse g&#233;n&#233;reusement en nous, sans mesure ni remords, et rafra&#238;chit celui qu'une trop forte passion consume &#224; l'int&#233;rieur. Chaque soir, elle s'ouvre ainsi qu'une vaste et accueillante &#233;tendue d'eau noire, plus vastement encore que les plus larges fleuves connus, plus sombre que les grands lacs, avec des berges qui s'ourlent de lointain d&#232;s qu'on avance. Et c'est de tout son myst&#232;re qu'elle nous introduit &#224; sa lumi&#232;re - &#224; son &#034; obscure clart&#233;&#034; au sein de quoi se dilue notre ardent d&#233;sir de paix et d'oubli. On dit alors qu'on a la nuit au corps. &#187; Ainsi nous accueille le rabat de la couverture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Certes G&#233;rard Titus-Carmel, s'est trouv&#233; impliqu&#233; d&#232;s la premi&#232;re heure, dans l'&#233;dition (italienne d'abord) du r&#233;cit en r&#234;ve d'Yves Bonnefoy, dont la version fran&#231;aise chez Galil&#233;e indique comment il s'est substantiellement augment&#233; d'une premi&#232;re note pour comprendre, et &#224; laquelle s'est conjointe une autre plus courte pour retracer cette aventure &#233;ditoriale, cf. &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article57' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#234;ver/penser&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article61' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bonnefoy, Titus-Carmel, derechef&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux sc&#232;nes, Galil&#233;e, 2009, p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La po&#233;sie comme l'amour</title>
		<link>http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article117</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article117</guid>
		<dc:date>2007-07-18T14:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Bonnefoy, Yves</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;e, Patrick</dc:subject>
		<dc:subject>Kolmar, Gertrud</dc:subject>
		<dc:subject>Josse, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Delecroix, Vincent</dc:subject>
		<dc:subject>Dohollau, Heather</dc:subject>
		<dc:subject>Powers, Jessica</dc:subject>
		<dc:subject>Bishop, Micha&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Mac Leod, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Giacometti, Alberto</dc:subject>
		<dc:subject>Hrabal, Bohumil</dc:subject>
		<dc:subject>Lasker-Sch&#252;ler, Else</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;18/07/07 &#8212; Gertrud Kolmar, Jacques Josse, Philippe Mac Leod, Alberto Giacometti, Yves Bonnefoy&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot236" rel="tag"&gt;Bonnefoy, Yves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot244" rel="tag"&gt;N&#233;e, Patrick&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot419" rel="tag"&gt;Kolmar, Gertrud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot521" rel="tag"&gt;Josse, Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot611" rel="tag"&gt;Delecroix, Vincent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot674" rel="tag"&gt;Dohollau, Heather&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot704" rel="tag"&gt;Powers, Jessica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot836" rel="tag"&gt;Bishop, Micha&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot866" rel="tag"&gt;Mac Leod, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot867" rel="tag"&gt;Giacometti, Alberto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot869" rel="tag"&gt;Hrabal, Bohumil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1005" rel="tag"&gt;Lasker-Sch&#252;ler, Else&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ich bin eine Dichterin, ja, das wei&#223; ich ; aber eine Schriftstellerin m&#246;chte ich niemals sein &#187;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Gertrud Kolmar&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gertrud Kolmar, &#171; Je suis po&#232;te, oui ; mais, &#233;crivain, &#231;a, je ne voudrais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec Gertrud Kolmar, Jacques Josse, Philippe Mac Leod, Alberto Giacometti et quelques autres ...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui, je sais aussi sans les critiques ce que je vaux comme po&#232;te et ce que je peux et je ne peux pas. Et que j'ai pay&#233; cet accomplissement d'un prix tr&#232;s &#233;lev&#233;. &lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Lajarrige qui postface l'&#233;dition fran&#231;aise de &lt;i&gt;Mondes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mondes, Seghers, 2001, &#233;dition qui reprend, il y a lieu de le souligner, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; lui donne pour exergue ce passage d'une lettre de Gertrud Kolmar &#224; sa soeur Hilde, r&#233;fugi&#233;e en Suisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres, 1&#176; &#233;dition Bourgois 2001, 2&#176; : m&#234;me &#233;diteur, collection Titres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute, on verra pourquoi, un autre extrait de cette correspondance : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1&#034;&gt;&lt;/a&gt;&#171; Je consid&#232;re que la disposition &#224; l'action est au moins aussi importante que l'action elle-m&#234;me et que l'action, de son c&#244;t&#233;, est bien plus importante que le succ&#232;s qu'elle g&#233;n&#232;re. Je pense non seulement ici au succ&#232;s dans le mauvais sens, mais aussi au succ&#232;s dans le bon sens du terme, et somme toute, ce que je vais t'avouer pourrait bien te surprendre : le fait que ma po&#233;sie apporte quelque chose aux autres, aussi r&#233;jouissant soit-il, ne me procure cependant pas autant de joie que l'&#233;criture elle-m&#234;me. Avec mes petites oeuvres, j'ai le m&#234;me rapport qu'une m&#232;re avec son enfant qui vient de na&#238;tre. Evidemment, elle se f&#233;licite de l'enthousiasme du p&#232;re, des grands-parents, des voeux de bonheur de la famille, mais l'essentiel reste que sa plus grande joie est de l'avoir mis au monde. Ainsi, les po&#232;mes que je pr&#233;f&#232;re, ce sont les deux derniers (et les meilleurs), qui n'ont encore trouv&#233; aucun &#233;cho parce qu'ils ne sont pas publi&#233;s &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres, coll. Titres, pp. 54-55&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#233;thique d'une &#233;criture o&#249; se rejoignent po&#233;sie et v&#233;rit&#233;, Laure Bernardi (universit&#233; de Besan&#231;on) a donn&#233; une remarquable &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je ne suis pas po&#232;te &#187;, Susanna, esquisse d'une po&#233;tique ? in Quatre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; propos de &lt;i&gt;Susanna&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Susanna, 1&#176; &#233;dition Farrago 2000, 2&#176; &#233;dition Titres, Bourgois, 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; partir de son incipit si souvent mal interpr&#233;t&#233; : &lt;br&gt; &#187;Ich bin keine Dichterin, nein. Wenn ich eine Dichterin w&#228;re, w&#252;rde ich eine Geschichte schreiben. Eine sch&#246;ne Erz&#228;hlung w&#252;rde ich schreiben mit Anfang und Ende&lt;br class='autobr' /&gt;
aus dem, was ich wei&#223;. &#171; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne suis pas po&#232;te, non. Si j'&#233;tais po&#232;te, j'&#233;crirais une histoire. Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais qu'&#233;claire, sensiblement, ce passage d'une lettre &#224; sa soeur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ich bin eine Dichterin, ja, das wei&#223; ich ; aber eine Schriftstellerin m&#246;chte ich niemals sein &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je suis po&#232;te, oui ; mais, &#233;crivain, &#231;a, je ne voudrais jamais l'&#234;tre &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comme un vaste exergue &#224; deux parutions r&#233;centes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;Sur l'une d'elles, &lt;i&gt;Sur les quais&lt;/i&gt; ( deux cents exemplaires, &#224; la freudiennement nomm&#233;e Traumfabrik), je voudrais pour ma part citer la derni&#232;re page du r&#233;cit : &lt;i&gt;Mort d'un porte-douleur&lt;/i&gt; : (une mani&#232;re pour moi, de me comporter comme Jacques Josse le passeur de po&#233;sie (&lt;a href=&#034;http://poezibao.typepad.com/poezibao/2007/06/wigwam_66me_dom.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Wigwam&lt;/a&gt;), mais aussi celui qui en po&#232;te dit les tr&#233;pass&#233;s au pays de l'Ankou : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait voulu reposer bien &#224; plat sur un &lt;br&gt;
lit en fer mont&#233; au centre de la grange.&lt;br&gt;
Entre la faucheuse et le pressoir &#224; pommes.&lt;br&gt;
Parmi les poules, les canards, les oies.&lt;br&gt; Expos&#233; en costume noir. Portant une&lt;br&gt;
montre neuve au poignet. Chauss&#233; de ses&lt;br&gt; vieilles pompes &#224; semelles de cr&#234;pe.&lt;br&gt; Baignant dans des odeurs m&#234;l&#233;es de ph&#233;nol,&lt;br&gt; de cidre et de lait ribot...&lt;br&gt;
C'est ainsi qu'il aurait aim&#233; vous recevoir &lt;br&gt;
(la m&#232;re a du mal &#224; ravaler ses sanglots) &lt;br&gt;
mais ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; l'emporter l&#224;-bas, dans&lt;br&gt; une chambre, au sous-sol, &#224; l'h&#244;pital.&lt;br&gt;
Il n'en sortira que pour rejoindre le bourg.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ses lecteurs de longue date, du pur Jacques Josse, sans effets, sans triche comme l'a exprim&#233; Lionel Bourg dans son empathique et pr&#233;cise pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Vision claire d'un semblant d'absence&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Josse ne triche pas. Quand on relit l'ensemble de ses po&#232;mes - ses r&#233;cits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (le titre, collobertien, de ce recueil ne correspond-il pas au tableau que l'on vient de lire ?) &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traumfabrik aidant, cette po&#233;sie de l'Hilfl&#246;sigkeit, de la d&#233;tresse du vivre qui s'ach&#232;ve dans la d&#233;tresse du mourir, n'en comporte pas moins sa part de Witz : &#171; C'est ainsi qu'il aurait aim&#233; vous recevoir. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais l&#224; le lecteur de Bohumil Hrabal, et de la lettre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Hrabal, &#233;ditions Jacques Br&#233;mond, 2001&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il lui adressa :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, tout est encore en vrac dans ma t&#234;te. Ecrire une lettre me sera peut-&#234;tre de quelque secours. Je vous parle en zigzaguant. &lt;br&gt;
J'emploie mes mots de tous les jours. &lt;i&gt;Tendre barbare&lt;/i&gt; me fit du bien. M&#234;me s'il &#233;voquait la mort d'un homme, un colosse raide, un suicid&#233; &#224; bout de force, ce mort-l&#224; avait bel et bien grignot&#233; la vie &#224; peu pr&#232;s comme il faut avant de la faire claquer entre ses pattes... &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aurez aussi reconnu la mani&#232;re, une &#233;thique de l'&#233;criture. Ce grand mot d'&#233;thique me permet un excursus kierkegaardien. On sait en effet que dans l'immense travail de lib&#233;ration de celui-ci pour devenir un existant l'on rencontre les cat&#233;gories de l'ironie et de l'humour . Il est clair que cette seconde cat&#233;gorie marque l'&#233;criture de Jacques Josse.&lt;br&gt; Au chapitre &lt;i&gt;Passion d'exister et devenir sujet&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Bousquet, dans son imposante &#233;tude&lt;i&gt; Le Christ de Kierkegaard&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;devenir chr&#233;tien par passion d'exister&lt;/i&gt;, qui est bien plus qu'une &#233;tude de christologie &#034;pour la boutique&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est-ce possible avec Kierkegaard ? philosophie et litt&#233;rature, &#233;criture de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous pr&#233;cise : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ironiquement, prendre tr&#232;s au s&#233;rieux l'ironie. Elle est le degr&#233; z&#233;ro de la libert&#233;.&lt;i&gt; C'est - au sens strict - un &#171; rien du tout &#187;. Mais un rien qui qui travaille tout.&lt;/i&gt; Elle est la mani&#232;re m&#234;me dont l'esprit est pr&#233;sent dans le monde, sous son contraire ; la trace de l'incommensurabilit&#233; de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur ; la trace par o&#249; s'insinue partout la diff&#233;rence de l'esprit r&#233;fl&#233;chi, lui permettant d'introduire sa propre ouverture. &lt;br&gt;
Le texte majeur est ici la th&#232;se de 1841 sur le &lt;i&gt;Le concept d'ironie constamment rapport&#233; &#224;&lt;/i&gt; Socrate. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'humour ? &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humour comme l'ironie, est une attitude d&#233;cisive et ind&#233;cise. L'ind&#233;cidable justement est de savoir &#224; son propos s'il est la distance qu'au bout de l'&#233;thique on peut prendre avec elle, mais en tournant l'&#233;nigme &#224; la plaisanterie ; ou s'il s'agit l&#224; d'un&#171; incognito &#187; du religieux, gr&#226;ce auquel l'individu esp&#232;re autre chose, et le seuil o&#249;, rencontrant le paradoxe, il pourra retrouver une seconde &#233;thique. (p. 110)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l&#224; que se trouve la probit&#233; de l'&#233;criture de Jacques Josse, dans cette &#233;thique seconde, comme Bonnefoy parle de simplicit&#233; seconde : sont r&#233;unis dans cette page &#171; avec les mots de tous les jours &#187; tous les &#233;l&#233;ments du m&#233;lo breton : du ph&#233;nol au lait ribot, en passant par les canards et les oies fondus en un &#233;trange r&#234;ve, mais il n'y a pas m&#233;lo breton, il y a la puissante &#233;motion du &#171; l&#224;-bas &#187;, et du &#171; rejoindre &#187; le bourg dans la continuit&#233; des morts et des vivants, communaut&#233; o&#249; toutes les montres ne sont pas &#233;galement utiles .&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Philippe Mac Leod, un nom cit&#233; avec celui de Jessica Powers (et l&#224; de m'arr&#234;ter de suite pour dire : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; I would define my love in some incredible penance&lt;br&gt;
Of which no impotent language is aware. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyableDont nulle langue, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je reprends donc, lors d'une rencontre autour de l'oeuvre de Jean-Pierre Jossua, dominicain, &#233;diteur &#224; la mani&#232;re de Jacques Josse, d'un incroyable et richissime bulletin de th&#233;ologie litt&#233;raire, dont la quintessence est exprim&#233;e dans un petit livre (qui r&#233;sume une somme en quatre forts volumes !) &lt;i&gt;La litt&#233;rature et l'inqui&#233;tude de l'absolu&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Beauchesne (magnifiques pages sur Philippe Jaccottet, l'ami tout comme ailleurs sur Yves Bonnefoy ou Henry Bauchau).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un titre d'apparence &lt;i&gt;sui generis&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Le pacte de lumi&#232;re&lt;/i&gt;, les traces de confessionnalit&#233; y sont &#224; peine perceptibles, il y a bien ici un Lazare, l&#224; un aveugle-n&#233;, un Seigneur, mais aussi une profession de foi &#224; la tournure quasi wittgensteinienne et d'une tonalit&#233; proche de l'ath&#233;ologie n&#233;gative qui caract&#233;rise selon Patrick N&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire Zeuxis auto-analyste, aux &#233;ditions La lettre vol&#233;e&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la d&#233;marche d'Yves Bonnefoy : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nul ne peut dire Dieu. Mais rien, jamais ne saura le taire &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette po&#233;sie, d'allure essentialiste, pourrait semble se situer hors temps, malgr&#233; des notations comme : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Beaut&#233; du monde, clart&#233; de vos soirs, grandeurs de vos ciels par-dessus nos tourments humains -rien jamais n'amoindrira la force de de votre myst&#232;re.&lt;br&gt;
Mis&#232;re humaine, secr&#232;te mis&#232;re sur un visage d'enfant -sa faim grande ouverte -, il faut parfois rencontrer de tels regards pour tenir les deux bouts dans le m&#234;me silence &#187;. (p. 70)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une po&#233;sie d&#233;licate, mais r&#233;solue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Choses&lt;br&gt;
semblables &#224; des flammes qui s'&#233;l&#232;vent&lt;br&gt;
et br&#251;lent du dedans vers un autre ciel&lt;br&gt;
je ne vous fuis pas - je voudrais vous traverser &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retravaillant actuellement l'immense (575p.!) Giacometti d'Yves Bonnefoy (Flammarion) , j'ai en main une sorte d'abstract (&#233;ditions Assouline) pr&#233;sentant les oeuvres du peintre et sculpteur en une quinzaine de pages limpides, j'&#233;prouve ces lignes comme le regard du peintre et les mains du sculpteur, allure d'ic&#244;nes des portraits (Annetta, la m&#232;re, Annette, l'&#233;pouse) avec leurs yeux !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ces lignes d'Yves Bonnefoy : La pr&#233;sence n'est plus seulement le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et des corps travaill&#233;s jusqu'&#224; l'&#233;pure du mouvement ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intensit&#233; de la pr&#233;sence et de la pr&#233;carit&#233;, alors la po&#233;sie comme l'amour : un peu, beaucoup, passionn&#233;ment [[La po&#233;sie &lt;i&gt;comme l'amour&lt;/i&gt;, comme un retour aux sources, soit ma traduction d'&lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un essai de Micha&#235;l Bishop&lt;/a&gt; sur Heather Dohollau, qui se concluait ainsi :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; un partage vrai : un &#233;change &#233;tonnamment simple et pourtant plein dans lequel rien ne peut &#234;tre perdu comme l'amour. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gertrud Kolmar, &#171; Je suis po&#232;te, oui ; mais, &#233;crivain, &#231;a, je ne voudrais jamais l'&#234;tre &#187; ; Lettres, Bourgois, coll. Titres&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.laffont.fr/seghers/livre.asp?code=2-232-12182-8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mondes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Seghers, 2001, &#233;dition qui reprend, il y a lieu de le souligner, l'agencement des po&#232;mes tel qu'il avait &#233;t&#233; pr&#233;vu &#224; l'origine par l'auteur&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lettres&lt;/i&gt;, 1&#176; &#233;dition Bourgois 2001, 2&#176; : m&#234;me &#233;diteur, collection &lt;i&gt;Titres&lt;/i&gt; 2007, p. 45 :&lt;br&gt;En ce moment, des comptes rendus - souvent &#171; chouettes &#187; - sont publi&#233;s partout. La plupart des critiques admirent et louent &lt;i&gt;La Femme et les animaux&lt;/i&gt; avec moins de r&#233;serve encore que le r&#233;dacteur de la &lt;i&gt;Central-Verein-Zeitung&lt;/i&gt;. Vu l'extravagance de notre nom, on a d&#233;j&#224; colport&#233; entre-temps le contenu de leurs articles jusque dans des cercles plus larges, et je ne peux m'emp&#234;cher de penser parfois &#224; la remarque de Byron : &#171; I awoke one morning and found myself famous. &#187; (En r&#233;alit&#233;, mon cas n'est pas encore aussi grave !) Mais quand bien m&#234;me on me proclame &#171; la po&#233;tesse juive la plus importante depuis Else Lasker-Sch&#252;ler &#187;, cela fait surtout plaisir &#224; papa, moi &#231;a ne m'excite pas beaucoup. Il fut un temps o&#249; les &#233;loges d'inconnus pouvaient me r&#233;jouir et m'encourager (mais &#224; cette &#233;poque-l&#224;, je les provoquais rarement et ne les obtenais donc presque jamais). Aujourd'hui je sais, m&#234;me sans les critiques, ce que je vaux en tant que po&#233;tesse, ce dont je suis capable et ce dont je ne suis pas capable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lettres&lt;/i&gt;, coll. &lt;i&gt;Titres&lt;/i&gt;, pp. 54-55&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Je ne suis pas po&#232;te &#187;, Susanna, esquisse d'une po&#233;tique ? in &lt;i&gt;Quatre po&#233;tesses juives de langue allemande : Else Lasker-Sch&#252;ler, Gertrud Kolmar, Rose Ausl&#228;nder, Nelly Sachs&lt;/i&gt; textes (remarquables en tous points), d'une journ&#233;e d'&#233;tude, r&#233;unis et publi&#233;s aux &#233;ditions du Conseil scientifique de l'Universit&#233; de Lille III&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Susanna, 1&#176; &#233;dition Farrago 2000, 2&#176; &#233;dition Titres, Bourgois, 2007, traduction et postface Laure Bernardi ; pour les germanistes : J&#252;discher Verlag, im Suhrkamp Verlag&lt;br&gt;
Ce r&#233;cit m&#233;rite une &#233;tude approfondie ; rappelons toujours ce qu'en &#233;crivait Patrick K&#233;chichian, dans &lt;i&gt;le Monde&lt;/i&gt; du 15/04/01 : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Susanna est un bref roman &#233;crit entre d&#233;cembre 1939 et f&#233;vrier 1940. Dans la lign&#233;e du romantisme allemand, Kolmar raconte l'histoire d'une jeune fille et de sa gouvernante. Susanna est une figure d'innocence absolue, &#224; la limite du trouble mental. Chacun de ses actes, chacune de ses paroles, ses rapports avec les &#234;tres et les choses ont la fragilit&#233; du verre pr&#232;s de se briser. A la fin, il se brisera, sous l'effet de l'amour. La ligne de ce magnifique r&#233;cit est tr&#232;s pure. Les &#233;chos de la terrible actualit&#233; v&#233;cue par l'&#233;crivain ne la rompent pas ; ils sont l&#224; pourtant, mais comme assourdis, d&#233;tourn&#233;s. L'oeuvre po&#233;tique, que Walter Benjamin, son cousin, avait salu&#233;e, est plus complexe. Son dernier recueil para&#238;t en 1938, quelques jours avant la Nuit de cristal. Les dix-sept longs po&#232;mes de Mondes ont &#233;t&#233; &#233;crits un an plus t&#244;t. L&#224; non plus, les &#233;v&#233;nements ne sont pas directement &#233;voqu&#233;s. La richesse des images, le recours &#224; des univers exotiques, mais en m&#234;me temps le sentiment d'urgence et de danger apparentent Kolmar aux grands expressionnistes, &#224; Trakl, ou encore &#224; Else Lasker-Schuler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne suis pas po&#232;te, non. Si j'&#233;tais po&#232;te, j'&#233;crirais une histoire. Un beau r&#233;cit, avec un d&#233;but et une fin, &#224; partir de ce que je sais.&lt;br&gt;
Laure Bernardi d&#233;brouille magistralement les noeuds de cette double litote, en commen&#231;ant par l'indispensable d&#233;fusion &lt;i&gt;Ich-Erz&#228;hlerin&lt;/i&gt;/auteur, et en poursuivant par d'autres consid&#233;rations sur l'&lt;i&gt;artefact&lt;/i&gt; au second degr&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Je suis po&#232;te, oui ; mais, &#233;crivain, &#231;a, je ne voudrais jamais l'&#234;tre &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gertrud Kolmar &#233;crit ces mots dans une lettre &#224; sa soeur en 1938, moins de deux ans avant la r&#233;daction de Susanna. La parent&#233; lexicale et syntaxique entre les deux textes est ici tr&#232;s frappante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Josse ne triche pas. Quand on relit l'ensemble de ses po&#232;mes - ses r&#233;cits non moins, ainsi que les fragments du singulier livre de bord qu'il r&#233;unit de loin en loin en diff&#233;rents volumes-, on est frapp&#233; par la profonde unit&#233; d'une oeuvre dont le rythme et la haute tension stylistique font l'une des plus probantes d'aujourd'hui. Nulle gratuit&#233; ne l'entrave. Nul formalisme h&#233;rit&#233; de telle ou telle &#233;cole, sa forme, neuve, fid&#232;le &#224; la fois &#224; une g&#233;n&#233;alogie sauvage, ne s'en affirmant que mieux en ces temps o&#249; l'indigence se pare abusivement des oripeaux de la gueusaille &#8230;&lt;br&gt;
Lionel Bourg&lt;br&gt;
pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Vision claire d'un semblant d'absence,&lt;/i&gt; Jacques Josse, chantier rassemblant s&#233;quences et po&#232;mes &#233;crits entre 1985 et 2001, aux &#233;ditions Apog&#233;e, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Hrabal, &#233;ditions Jacques Br&#233;mond, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Est-ce possible avec Kierkegaard ? philosophie et litt&#233;rature, &#233;criture de soi, sont aussit&#244;t convoqu&#233;es : je me permets de renvoyer &#224; ma recension des livres de &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article102' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vincent Delecroix&lt;/a&gt;, ainsi qu'&#224; celles de la Quinzaine litt&#233;raire n&#176; 950, 16/31 juillet 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyable&lt;br&gt;Dont nulle langue, impuissante, n'a connaissance.&lt;br&gt; Jessica Powers, &lt;i&gt;Lieu de splendeur&lt;/i&gt;, &#233;ditions Arfuyen, 1989&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lettrevolee.com/zeuxis.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zeuxis auto-analyste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions La lettre vol&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. ces lignes d'Yves Bonnefoy : &lt;br&gt;
La pr&#233;sence n'est plus seulement le surgissement qui consume l'objet au sein duquel elle se produit. Elle se fait rencontre du peintre et de quelqu'un d'autre, vie partag&#233;e, elle va peut-&#234;tre permettre &#224; Giacometti d'&#233;tablir avec d'autres que soi un rapport &#233;videmment destin&#233; &#224; se r&#233;v&#233;ler difficile mais qui pourra &#234;tre intense, quelque chose comme l'amour se faisant peinture&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
