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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>&#171; s'&#233;tablir sur un libre rien &#187; </title>
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		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Quignard, Pascal</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;15/02/2002 &#8212; Catherine Millot, Jacques Lacan, Maurice Blanchot, Georges Bataille, Jean de la Croix...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Quignard, Pascal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot197" rel="tag"&gt;Freud, Sigmund&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot600" rel="tag"&gt;Agacinski, Sylviane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1064" rel="tag"&gt;Jean de la Croix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Catherine Millot/Ab&#238;mes ordinaires&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;Avoir &#233;t&#233; un jour au monde sans d&#233;fense et sans r&#233;serve, tout abri renonc&#233;, aussi vide que le vide o&#249; se tiennent toutes choses, libre et sans fronti&#232;res est une exp&#233;rience inoubliable&#034;.&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans son excellent propos sur le livre de Catherine Millot, psychanalyste et &#233;crivain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sylviane Agacinski, L'&#233;preuve du vide Le Monde des Livres du 19/10/01. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Sylviane Agacinski apr&#232;s en avoir expos&#233; bri&#232;vement la forme et la teneur en vient &#224; citer le d&#233;but de la quatri&#232;me de couverture : &#034;Avoir &#233;t&#233; un jour au monde sans d&#233;fense et sans r&#233;serve, tout abri renonc&#233;, aussi vide que le vide o&#249; se tiennent toutes choses, libre et sans fronti&#232;res est une exp&#233;rience inoubliable&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui renvoie au premier chapitre du livre et &#224; certaines exp&#233;riences de l'auteure, tant dans l'enfance, qu'au cours de divers voyages. Un fragment de L'&#233;criture du d&#233;sastre de Blanchot (pp 21-22) exemplifie particuli&#232;rement cette th&#233;matique d'autant qu'il s'intitule &#034;Sc&#232;ne primitive&#034; : un enfant face au ciel y fait la d&#233;couverte fulgurante de son vide, la dissipation de l'au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite de la quatri&#232;me de couverture : &#034;C'est aussi une exp&#233;rience humaine fondamentale qui enseigne &#224; trouver son sol dans l'absence de sol, &#224; prendre appui dans le d&#233;faut de tout appui, &#224; ressaisir son &#234;tre &#224; la pointe de son annihilation&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est &#224; la Gelassenheit (l'abandon, le laisser-&#234;tre, d'Eckhart qu'il sera fait allusion relativement &#224; ces exp&#233;riences, ce sont les mots m&#234;mes de Jean de la Croix : sin arrimo y con arrimo (sans appui et avec appui) que l'on retrouve dans cette phrase&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout comme ici ceux de La Nuit obscure : &#171; Je sortais de ma maison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteure ne pr&#233;tend-elle pas avec humour qu'elle imaginait &#034;l'analyse comme une asc&#232;se point tr&#232;s &#233;loign&#233;e d'une qu&#234;te mystique, mais avec de la m&#233;thode et les avantages de la la&#239;cit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de l'ouvrage d'une certaine mani&#232;re le confirme lorsqu'il est soulign&#233; que la psychanalyse est &#034;mise &#224; sec du sens&#034;. Le vide na&#238;t de &#034;l'&#233;puisement de celui-ci, d&#233;pris des affres de l'abandon comme de l'euphorie de la r&#233;demption, o&#249; il sera possible peut-&#234;tre de s'&#233;tablir sur un libre rien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion est autant celle du livre que celle de son dernier chapitre o&#249; le deuil d'un p&#232;re, l'expression d'une &#233;ducation somme toute pas si ordinaire, de &#034;gr&#226;ces accord&#233;es&#034;, de la vie la &#034;plus secr&#232;te&#034; - p 143- (cf l'incipit du livre : &#034;Voici ma vie la plus secr&#232;te&#034;) -ce n'est pas le seul renvoi au tr&#232;s beau livre de Pascal Quignard-, contribuent &#224; expliciter, &#233;lucider le passage par ces ab&#238;mes ordinaires comme autant de renaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si outre les exp&#233;riences personnelles dans le premier chapitre sont &#233;voqu&#233;es celles de Michaux, Koestler ou Bataille, c'est dans le second que se d&#233;ploie tout le talent de l'&#233;crivain dans l'&#233;vocation de la rencontre entre Roberto Rossellini et Ingrid Bergman, d'une force narrative particuli&#232;rement convaincante en ce qui concerne ce &#034;jeu de qui perd gagne&#034;. Des pages magnifiques dans lesquelles le fantasme masculin de sauvetage r&#233;sonne avec l'expression lacanienne de &#034;terrorisme samaritain&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre davantage la comp&#233;tence de l'analyste qui se d&#233;ploie dans l'&#233;vocation du couple Tolsto&#239; dans le troisi&#232;me chapitre. Il faut dire qu'une p&#233;riode de vie plus longue est ici d&#233;crite et comment&#233;e avec ses flux et reflux, au centre la d&#233;pression de Tolsto&#239;, ses contradictions, deux journaux en contrepoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fils de ces diff&#233;rents r&#233;cits de vie (secr&#232;te) s'entretissent comme &#034;l'ab&#238;me appelle l'ab&#238;me&#034; ; il est d'ailleurs tr&#232;s curieux que la description de cet &#233;tat (p. 19) : &#034;je m'&#233;tais sentie d&#233;cid&#233;ment seule. Changeant de signe, l'esseulement s'&#233;tait mu&#233; en cet &#233;tat de recueilement, d'immersion dans une profondeur enveloppante comme une vague&#034; corresponde &#224; celui du psalmiste en exil. Ce qui permet peut-&#234;tre aussi &#224; ces ab&#238;mes d'&#234;tre dits ordinaires.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sylviane Agacinski,&lt;i&gt; L'&#233;preuve du vide&lt;/i&gt; Le Monde des Livres du 19/10/01. Les ouvrages ant&#233;rieurs y sont &#233;voqu&#233;s ainsi :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son premier livre, Freud anti-p&#233;dagogue, en 1979, qui d&#233;crit les impasses d'une p&#233;dagogie tent&#233;e de se refonder sur la psychanalyse, Catherine Millot rappelle d&#233;j&#224; que la psychanalyse ne fonde ni n'assure rien, et qu'il s'agit plut&#244;t de comprendre qu'il n'y a pas de solution &#224; tout. Que tout probl&#232;me apparent ne soit pas techniquement &#034;r&#233;soluble&#034; est encore ce que l'analyste r&#233;pond &#224; la demande transsexuelle, qu'elle analyse comme d&#233;sir d'&#233;chapper &#224; la dualit&#233; des sexes (Horsexe, 1983).[...].&lt;br&gt;
L'enqu&#234;te que l'analyste m&#232;ne aujourd'hui sur elle-m&#234;me fait &#233;cho &#224; ses essais de 1996 : Gide, Genet, Mishima, Intelligence de la perversion, au moins dans la mesure o&#249; elle s'y int&#233;resse &#224; la transmutation d'un manque en pl&#233;nitude et d'une souffrance en jouissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout comme ici ceux de &lt;i&gt;La Nuit obscure&lt;/i&gt; : &#171; Je sortais de ma maison tranquille, au-dehors tout &#233;tait lumi&#232;re, et il me venait alors &#224; la pens&#233;e que la vie &#233;tait un don gracieux qui ne se refusait pas. &#187;, relation d'un r&#234;ve au cours de l'analyse avec Lacan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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