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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>Depuis Lacoue-Labarthe</title>
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		<dc:date>2009-06-09T18:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Lacoue-Labarthe, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Bailly, Jean-Christophe</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;noun, Denis</dc:subject>
		<dc:subject>Nancy, Jean-Luc</dc:subject>
		<dc:subject>Laporte, Roger</dc:subject>
		<dc:subject>Blanchot, Maurice</dc:subject>
		<dc:subject>Howald, Isabelle Baladine</dc:subject>
		<dc:subject>Borges, Jorge Luis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;lettre du 9 juin 2009&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Lacoue-Labarthe, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Bailly, Jean-Christophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;Gu&#233;noun, Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Nancy, Jean-Luc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot297" rel="tag"&gt;Laporte, Roger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot412" rel="tag"&gt;Blanchot, Maurice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot780" rel="tag"&gt;Howald, Isabelle Baladine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot997" rel="tag"&gt;Borges, Jorge Luis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais il y a l'origine en tant que r&#233;cit, l'origine toujours d&#233;j&#224; r&#233;cit&#233;e et toujours d&#233;j&#224; effac&#233;e dans sa r&#233;citation m&#234;me&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;(Jean-Luc Nancy, Commencement, postface &#224; L'&#171; All&#233;gorie &#187;))&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout se passe comme si nous devions reprendre un chemin d&#233;j&#224; parcouru&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
(&#171; La chute dans la vall&#233;e &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains textes qui peut-&#234;tre ne sont pas toujours parmi les meilleurs de leur auteur (ou du moins qu'on lit rapidement, qu'on cite peu parce qu'on les a jug&#233;s &#8212; &#224; tort ? &#8212; moins significatifs ou moins int&#233;ressants que d'autres), certains livres qu'on ne consid&#232;re jamais tout &#224; fait comme de la litt&#233;rature et qu'on r&#233;serve &#224; un usage &#233;ph&#233;m&#232;re (&#224; l'avance exclus, rejet&#233;s aux fronti&#232;res de la chose &#233;crite, presque imm&#233;diatement destin&#233;s, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t que leur porte parfois une &#233;rudition assez vaine, &#224; sombrer) peuvent avoir, pour qui ne saurait vivre sans lire beaucoup, l'&#233;trange pouvoir de hanter longtemps la m&#233;moire, de s'y inscrire, pourrait-on dire na&#239;vement, et comme d'y occuper un espace quasiment insituable entre l'oubli et la conscience : on n'y pense jamais vraiment mais ils gouvernent toujours un peu le regard qu'on pose sur les choses. Difficile &#224; saisir, quelque chose en eux avait sans doute une importance qu'on n'a pas su reconna&#238;tre, ou bien a r&#233;veill&#233; l'&#233;cho d'un souvenir, d'un sentiment, d'une sensation m&#234;me qu'on a voulu cependant garder &#224; moiti&#233; enfouis &#8212; dont on a eu peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi commence la tentative litt&#233;raire d'un jeune philosophe r&#233;dig&#233;e en 1965, et qui ne fut alors pas publi&#233;e. Savoir : elle m&#234;le un conte de Borg&#232;s : Ragnar&#246;k, des romans et une nouvelle de Dashiell Hammett dans l'&#233;vocation, le r&#233;cit d'un r&#234;ve (r&#233;cit en r&#234;ve ?), cens&#233;ment un cauchemar : la disparition &#8211; destitution - de son sujet ; quelque quarante ann&#233;es plus tard, ce texte sera &#224; la fois relu, repris avec une d&#233;dicace &#224; G&#233;rard Genette, deux citations de Maurice Blanchot en exergue (&lt;i&gt;L'instant de ma mort , L'&#233;criture du d&#233;sastre&lt;/i&gt;), et ce qui en deviendra la courte mais puissante postface d'une page et demie, alors que la sant&#233; de son auteur est d&#233;finitivement menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sera, on le serait &#224; moins, troubl&#233; comme l'ami qui en assure la pr&#233;sentation et en parle comme d'un seuil invers&#233; et bouleversant : Jean Christophe Bailly pr&#233;cise ainsi la circonstance de la publication d'un texte, donn&#233; une premi&#232;re fois &#224; la revue Lignes (n&#176; 22, mai 2007), et que les &#233;ditions Bourgois ont fait para&#238;tre en avril dernier, avec une extraordinaire &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/PhLL.jpg&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/PhLL.jpg','lettre-de-la-magdelaine.net','scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=395,Height=677,resizable=no');return false;&#034;&gt; photographie &lt;/a&gt; de couverture (Fran&#231;ois Lagarde) : la pens&#233;e en marche de qui &#171; ne saurait vivre sans lire beaucoup &#187;. Le &#171; montage &#187; de l'objet livre rend &#224; mon sens, le plus juste des hommages : &#171; un &#233;clair, puis la nuit &#187;, &#224; quoi on &#171; reconna&#238;t soudain &#187; tout &#224; la fois la condition de l'existence po&#233;tique, et quelqu'un : Philippe Lacoue-Labarthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il suffit de cet assemblage : Pr&#233;face &#224; la disparition pour faire remonter, relire &#8212; autrement &#8212; quelques uns des textes de l'auteur de &lt;i&gt;La Po&#233;sie comme exp&#233;rience&lt;/i&gt;, et pour ce qui est des plus r&#233;cents, &lt;i&gt;Agonie termin&#233;e, agonie interminable&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; Maurice Blanchot (colloque &lt;i&gt;R&#233;cits critiques&lt;/i&gt;) o&#249; se donne le ciel vide &#8212;le &#171; bleu du ciel &#8212; comme condition de l'&#233;criture (autour de &#171; Sc&#232;ne primitive &#187; avec et sans point d'interrogation en provenance de &lt;i&gt;L'&#201;criture du d&#233;sastre&lt;/i&gt;) ou encore les pr&#233;faces &#224; &lt;i&gt;Carnet posthume, Lettre &#224; personne&lt;/i&gt; de Roger Laporte) et particuli&#232;rement &lt;i&gt;Phrase&lt;/i&gt; , dont Isabelle Baladine Howald souligne, et il n'y a pas de contestation possible, qu'il s'agit d'un des plus beaux ouvrages de po&#233;sie qu'il lui ait &#233;t&#233; donn&#233; de lire, j'acquiesce, tandis qu'&#224; l'occasion du colloque D&#233;construction mim&#233;tique, pour ne citer qu'eux, Jean-Luc Nancy d'une part en postfa&#231;ant avec une p&#233;n&#233;tration rien moins que litt&#233;raire d'autres &#233;crits de &#171; jeunesse &#187; intitul&#233;s L' &#171; All&#233;gorie &#187;, Denis Gu&#233;noun d'autre part revenant sur la &#171; Sc&#232;ne &#187; o&#249; auront jou&#233; ces deux-l&#224;, t&#233;moignent selon les termes du premier que &#171; la figuration par l'autre est la seule voie d'acc&#232;s &#224; l'infigurable mais ne l'est que distanci&#233;e de sa propre &#171; figuration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi frappe la mani&#232;re dont Lacoue-Labarthe rel&#232;ve des affinit&#233;s improbables entre Borges et Dashiell Hammett (l'un se sachant trop &#233;crivain, l'autre pensant qu'il ne l'est pas assez) en les r&#233;unissant en ce lieu impossible (et r&#234;v&#233;) de la litt&#233;rature, &#224; la fois avec assez de vigueur pour donner sa blue note, mais aussi de lucidit&#233; pour une prise de distance et la d&#233;livrance d'une version (postface ? volte-face ?) qui en exhibe les jeux de masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi pour cette &lt;i&gt;Pr&#233;face &#224; la Disparition&lt;/i&gt; s'agit-il donc moins de pr&#233;monition, d'adresse testamentaire que de contreseing d'une vie ins&#233;parablement en litt&#233;rature (po&#233;sie, th&#233;&#226;tre &#8212; la sc&#232;ne) et en philosophie, de l'explication qu'elle aura eue avec quelques passants consid&#233;rables, contemporains ou fraternels par-del&#224; les si&#232;cles (Sophocle, H&#246;lderlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pourrait, &#224; cause de son mince format, conna&#238;tre le sort des ouvrages qu'elle cite, soit attention insuffisante ou vaine &#233;rudition ou au contraire, amener &#224; lire v&#233;ritablement un auteur qui s'est rendu tellement transparent &#224; ceux qu'il a comment&#233;s : dans le &#171; Difficile &#224; saisir &#187; de la citation initiale faut-il, peut-on entendre le schwer zu fassen qui appara&#238;t tellement h&#246;lderlinien dans l'apr&#232;s-coup de l'&#339;uvre &#224; venir (&#171; l'origine o&#249; se d&#233;roberait apr&#232;s coup un rien de sens &#187;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrait aussi et c'est le v&#339;u de cette lettre apporter une attention renouvel&#233;e &#224; l'&#339;uvre de Philippe Lacoue-Labarthe, l'&#233;crivain &#8212; ins&#233;parablement le philosophe ! celle dont t&#233;moignent &lt;a href=&#034;http://www.lachutedanslavallee.info/lacoue_enregistrements.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les enregistrements&lt;/a&gt; du colloque &#171; D&#233;construction mim&#233;tique &#187;, le num&#233;ro de &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/PHILIPPE-LACOUE-LABARTHE.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes&lt;/a&gt; d&#233;j&#224; cit&#233; et dont Isabelle Howald donne &lt;a href=&#034;http://www.sitaudis.fr/Parutions/les-bords-du-langage-philippe-lacoue-labarthe-dans-la-revue-lignes.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une vigoureuse recension&lt;/a&gt; et &#224; laquelle appelle un colloque du Parlement des philosophes en &lt;a href=&#034;http://www.parlement-des-philosophes.org/lacoue.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;octobre prochain&lt;/a&gt; &#224; Strasbourg afin encore de &#171; rendre la justice intellectuelle que lui-m&#234;me ne s'est pas rendue, mais qu'il rendait si volontiers &#224; autrui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le mot de la fin (du livre) &#224; ce dernier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais on sait aussi que lire est une libert&#233; et que pas un conte n'est absolu &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Livraison et d&#233;livrance </title>
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		<dc:date>2009-04-26T19:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Lacoue-Labarthe, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;noun, Denis</dc:subject>
		<dc:subject>Deguy, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Nancy, Jean-Luc</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Blanchot, Maurice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;lettre du 26 avril 2009&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Lacoue-Labarthe, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;Gu&#233;noun, Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;Deguy, Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Nancy, Jean-Luc&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot412" rel="tag"&gt;Blanchot, Maurice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On s'efforcera dans cette livraison d'aller &#224; l'essentiel d'une publication r&#233;cente de toute premi&#232;re importance en ce qu'elle donne la teneur et le sens d'une aventure intellectuelle tr&#232;s affirm&#233;e, ins&#233;parablement li&#233;e &#224; son &#233;poque et &#224; la personnalit&#233; de son auteur. L'ouvrage, Livraison et d&#233;livrance (Belin, mars 2009), mais aussi le site de l'auteur, et les archives audiovisuelles de la recherche, sont l'occasion de la rencontre en profondeur du travail de Denis Gu&#233;noun et des intentions qui y pr&#233;sident.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous poussons la porte du pr&#233;sent&lt;br&gt;
Et le regard s'arrondit comme un fruit&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couverture du livre est on ne peut plus claire. Quant au titre : Livraison et d&#233;livrance, on retrouve ces mots au pluriel, en avant-propos et en postface, formant inclusion de la mise en intrigue du propos. Quant au sous-titre : Th&#233;&#226;tre, politique, philosophie ; et de fait la premi&#232;re partie, la moiti&#233; du livre, s'intitule Th&#233;&#226;tre et la seconde Politique et philosophie. L'auteur Denis Gu&#233;noun, homme de th&#233;&#226;tre (L'Attroupement, Le Grand nuage de Magellan, CDN de Reims), universitaire (Paris IV), &#233;crivain. La collection dans laquelle est publi&#233; l'ouvrage : l'extr&#234;me contemporain, dirig&#233;e par Michel Deguy (ce qui est faire surgir une constellation de pens&#233;es et d'amiti&#233;s : Deguy, Derrida, Nancy, Lacoue-Labarthe etc.). Compl&#233;tons : 400 pages. Soit une substantielle r&#233;flexion. Pr&#233;cisons que celle-ci ordonne des contributions de diverses nature : articles de revues, contributions &#224; des colloques, manifestes, donc un travail de conceptualisation in progress, qui rassemble une quarantaine d'ann&#233;es au service &#8212; passionn&#233; &#8212; de rien moins que le surgissement du po&#233;tique dans la vie m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence par la fin, puisqu'elle appartient au telos de la sc&#232;ne (c&#232;ne) &#224; laquelle nous sommes convi&#233;s. Intitul&#233;e D&#233;livrances (377-394 ), elle est des plus &#233;mouvantes (sans pathos) avec un Jacques Derrida d'une part saluant la vie en son surgissement (naissance de la fille de Denis Gu&#233;noun) et un Jacques Derrida qui &#171; nous aime et qui nous sourit &#8212; o&#249; qu'il soit &#187; (texte lu par son fils aux obs&#232;ques). J'appellerai ma sorte de post-postface : relevailles, la reliant cette fois &#224; l'introduction (5-33) et &#224; cette r&#233;flexion partant d'un fil de pens&#233;e l&#233;vinassien (une fa&#231;on pour le je de se d&#233;couvrir, de se livrer) sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; l'&#233;trange mod&#232;le des actes des acteurs, qui ne sont actes qu'au titre d'une action transie de passivit&#233;, de dette, d'inspiration par le souffle de l'autre &#8212; l'acteur n'&#233;tant libre de soi que parce qu'il se livre doublement : &#224; la parole qui le porte et &#224; l'assembl&#233;e qui l'&#233;coute. &#187; (13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sc&#232;ne que l'on appellera primitive au regard de cette question examin&#233;e aux pp. 337 &#224; 351, prenant pour point de d&#233;part un &#233;change de lettres entre Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe, distanciation (le recours &#224; l'&#233;criture) sans doute n&#233;cessaire d'une conversation d&#233;j&#224; ancienne. La conclusion de cette contribution au colloque &#171; D&#233;construction mim&#233;tique &#187;, appellerait une confrontation avec la mise en &#233;criture par Pierre Michon de la sc&#232;ne r&#233;volutionnaire telle qu'il nous la donne en son tableau des &#171; Onze &#187;. Je rel&#232;ve en effet : &#171; L'&#233;thique de la sc&#232;ne est une affaire pratique : pas une qu&#234;te transcendantale, mais un changement, une critique, une ouverture d'espace. &#187; Denis Gu&#233;noun ajoute : &#171; C'est notre affaire aujourd'hui &#8212; affaire, si l'on veut, de r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me fa&#231;on de proc&#233;der lorsque Denis Gu&#233;noun relit &#171; Un homme de peu de foi &#187; au colloque Deguy &#171; L'all&#233;gresse pensive &#187; (Belin, 2007). Comme un &#233;cho fid&#232;le &#224; l'&#233;change cit&#233; ci-avant qui comportait cette phrase de Nancy : &#171; Ici, je tiens &#224; ajouter quelque chose qui me tient &#224; c&#339;ur : l'art n'a jamais &#233;t&#233; religieux. Il fut toujours, dans les religions qui en ont us&#233;, la part secr&#232;tement soustraite au religieux comme tel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ce qui continue &#224; s'&#233;crire dans &#171; L'un des deux ath&#233;ismes &#187; en mettant en &#233;vidence chez Deguy la &#171; hauteur po&#233;tique &#187; &#8212; du d&#233;tachement &#171; qui se gagne par le haut, qui ne quitte pas la terre, son attache &#187;. En relevant aussi, que puisse s'appeler &#226;me le principe d'&#233;l&#233;vation (l'ascenseur, pr&#233;cise Deguy, tout prosa&#239;quement, car il faut &#171; casser la figure &#187; (Ph. L.-L.)). (353-366)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuons. Dans son projet pour une direction de programme au Coll&#232;ge international de Philosophie : &#171; L'Europe et l'infini &#187;, c'est bien l'homme de th&#233;&#226;tre et le penseur du politique qui recourt &#224; la pens&#233;e du drame pour exposer que : &#171; la critique pratique et productive du sujet europ&#233;en sera critique de la raison d&#233;cisionniste, dans ses divers modes et effets &#8211; ou ne sera pas &#187;. Qu'est-ce &#224; dire ? A partir de la r&#233;flexion de Peter Szondi, d'une recherche de Claire Nancy sur le sens grec du mot drama, &#224; partir sans doute de sa biographie et de ses propres recherches (Hypoth&#232;ses sur l'Europe), Denis Gu&#233;noun appelle &#224; d&#233;-dramatiser le th&#233;orique, le rendant &#224; l'effectivit&#233; de la sc&#232;ne, &#224; la r&#233;alit&#233; de ses occasions, logique de la livraison, qui s'oppose &#224; celle de l'arraisonnement. (319-328)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile ici, concernant la question d'une justice &#224; venir, de ne pas songer &#224; l'exorde de Spectres de Marx (Galil&#233;e, 1993) : &#034;Quelqu'un, vous ou moi, s'avance et dit : je voudrais apprendre &#224; vivre enfin.&#034; Et de ne pas croiser avec les deux derniers paragraphes de &#171; Sur la facult&#233; de jouer &#187; (177-184), o&#249; se d&#233;ploie une pens&#233;e du d&#233;passement de l'opposition binaire entre acteur actif et spectateur passif, chacun &#233;tant alt&#233;r&#233; par l'autre. Je (me) renvoie aussi bien &#224; l'intervention finale de Jean-Luc Nancy au colloque &#171; Maurice Blanchot R&#233;cits critiques &#187; (Farrago, 2003) sur la question du &#171; moment voulu &#187;, le &#171; temps juste &#187; de Nietzsche dans sa traduction blanchotienne, l'instant de la reconnaissance, o&#249; le &#171; je &#187; anonyme, substituable &#224; l'infini, en quelque sorte s'&#171; auteurise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour revenir sur la place du drame, et sur l'articulation th&#233;&#226;tre et politique, et donner tout ensemble ce qui me semble traverser la r&#233;union ordonn&#233;e des essais qui nous est propos&#233;e, je reprends deux extraits du prologue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'acte de th&#233;&#226;tre ne se con&#231;oit plus comme partant du drame pour le porter sur les planches, mais comme &#339;uvrant depuis l'espace et le temps sc&#233;niques, pour y faire jouer toutes sortes d'actions embo&#238;t&#233;es &#8212; avec l'action dramatique, parmi elles, ni primordiale ni r&#233;voqu&#233;e &#187;. (19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le th&#233;&#226;tre met en jeu l'&#233;nigme de l'appara&#238;tre devant le myst&#232;re de l'assemblement. Il travaille &#224; la mise en rapport de la question m&#233;taphysique de la pr&#233;sence avec la question civique de l'assembl&#233;e. Le th&#233;&#226;tre est une ph&#233;nom&#233;nologie politique &#187;. (17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'avec ces deux citations, le ton de l'ouvrage soit largement donn&#233;, et que si les textes sont li&#233;s &#224; leur circonstance, par exemple (mais non par hasard) le cours du 20 d&#233;cembre 2006 o&#249; se trouvent r&#233;unis Musset et Kolt&#232;s dans une m&#234;me exhortation &#224; &#171; d&#233;clarer son d&#233;sir &#187;, mais aussi d'autres rencontres comme celle de Pierre Vidal-Naquet, une d&#233;cade de Cerisy donnant lieu &#224; un &#171; Althusser autographe &#187;, une interrogation sur le &#171; transcendantal de la vie &#187; avec ce qu'a innov&#233; Pays Lointain de Jean-Luc Lagarce dans l'invention dramaturgique, une soutenance de th&#232;se d&#233;livrant un &#171; slogan &#187; : &#171; Plut&#244;t la fiction que la figure &#187;, avec plus loin : &#171; Le beau mot de la fiction : peut-&#234;tre &#187; (je souligne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant-propos, Livraisons rappelle (p. 32) que &#171; la philosophie, depuis bien longtemps, est une affaire autobiographique &#187;. Le lecteur de ce livre pourra le v&#233;rifier avec le visionnement de deux documents des Archives audiovisuelles de la recherche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=668&amp;ress=2148&amp;video=100211&amp;format=69&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le th&#233;&#226;tre, de la pratique &#224; la th&#233;orie&lt;/a&gt;. Dans cet entretien, Denis Gu&#233;noun nous parle de ses exp&#233;riences de mise en sc&#232;ne qu'il a pratiqu&#233;e avec diff&#233;rentes troupes de th&#233;&#226;tre et fait part de ses pratiques, de ses r&#233;flexions sur l'&#233;criture th&#233;&#226;trale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=1113&amp;ress=3365&amp;video=92539&amp;format=69&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une enfance en Alg&#233;rie&lt;/a&gt;. Denis Gu&#233;noun revient sur les raisons qui l'ont amen&#233;es &#224; &#233;crire &#034;S&#233;mite&#034; (Circ&#233;, 2003), r&#233;cit dans lequel il &#233;voque les souvenirs de son enfance en Alg&#233;rie &#224; l'&#233;poque coloniale, &#224; travers l'histoire de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bonnes lectures, bonne &#233;coute !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Compl&#233;ments, liens
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La citation en exergue : po&#232;me sans titre de Mati&#232;re de lumi&#232;re, Heather Dohollau, Folle Avoine, 1985 ; po&#232;me comment&#233; par Micha&#235;l Bishop et &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lisible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://denisguenoun.unblog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le site personnel&lt;/a&gt; de Denis Gu&#233;noun&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son intervention au &lt;a href=&#034;http://lacoue-labarthe.lachutedanslavallee.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;colloque D&#233;construction mim&#233;tique&lt;/a&gt; - Philippe Lacoue-Labarthe organis&#233; par &#171; La chute dans la vall&#233;e &#187; - enregistrements en Real audio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change de lettres entre Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe, Sc&#232;ne, dans le n&#176; 46 de la Nouvelle Revue de Psychanalyse, automne 1992, pp. 73-98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=4194&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Th&#233;&#226;tre est-il n&#233;cessaire ?&lt;/a&gt; Un entretien avec Ma&#239;a Bouteillet dans le Matricule des anges n&#176; 21 (1997)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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