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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>&#224; vrai lire, Marie Depuss&#233;</title>
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		<dc:date>2011-12-14T15:09:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Lacan, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Oury, Jean</dc:subject>
		<dc:subject>Antelme, Robert</dc:subject>
		<dc:subject>Depuss&#233;, Marie</dc:subject>
		<dc:subject>Beckett, Samuel</dc:subject>
		<dc:subject>Spianti, Christine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;14/12/2011 &#8212; Marie Depuss&#233; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot290" rel="tag"&gt;Lacan, Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot554" rel="tag"&gt;Oury, Jean&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot685" rel="tag"&gt;Antelme, Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot838" rel="tag"&gt;Depuss&#233;, Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot974" rel="tag"&gt;Beckett, Samuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1302" rel="tag"&gt;Spianti, Christine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;&#171; Il d&#233;pendait de nous de prendre en eux ce qui ferait l'exigence de nos explications de textes, de cet assujettissement au texte de l'autre qui nous autorise, au terme d'un corps &#224; corps humble et tenace, &#224; l'aimer. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Spianti &#233;crit de Marie Depuss&#233; Qu'est-ce qu'on garde ?, POL, dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand au futur auquel on passe sans pr&#233;avis, &lt;i&gt;je mettrai mon chapeau&lt;/i&gt;, c'est le temps de Malone, d&#232;s sa premi&#232;re phrase, ce temps abusif, coup de force soutenu en m&#234;me temps qu'entrav&#233; par les b&#233;quilles de tous les adverbes : &#171; Je serai quand m&#234;me bient&#244;t tout &#224; fait mort enfin. &#187; Temps destin&#233; &#224; se briser, r&#233;guli&#232;rement, mais &#224; rena&#238;tre, parce qu'il y trouve sa jouissance, pour un temps. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie Depuss&#233;, Beckett corps &#224; corps, Hermann, 2007, pp. 39-40 [Dont nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aviez-vous lu : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais j'aime la courtoisie de Jean, cette courtoisie d'aube qu'avait papa. Enfin, pas tout &#224; fait. Chez papa, une aube d&#233;j&#224; lev&#233;e attendait l'autre, l'&#233;tranger, le pauvre, le fou, lui offrant sa lumi&#232;re tranquille. Alors l'autre s'&#233;brouait, d&#233;ployait ses membres, et commen&#231;ait &#224; dire une ou deux choses qu'il avait eu envie de dire toute sa vie. [...]&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps et l'espace de la courtoisie de Jean sont diff&#233;rents. Quand il rencontre l'autre, c'est comme si, &#224; chaque fois, il arr&#234;tait le cours de sa vie &#224; lui. Une fa&#231;on d'immobiliser les pieds, ou de reculer l&#233;g&#232;rement, comme un peintre, pour prendre l'autre dans la totalit&#233; de son paysage. Jean est grand et se tient droit, souple, mais droit. On croit percevoir qu'il s'incline, ou presque, vers le paysage de l'autre - un enfant, un fou, une femme. [...]&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'autre soir, si tard, &#224; neuf heures du soir, au supermarch&#233;, il choisit une caisse o&#249; la file d'attente est la plus longue. Je n'ai plus la force de protester. C'est un type fou, Jean, une mal&#233;diction que m'a refil&#233;e maman.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, arriv&#233; &#224; la caisse, il s'incline vers la jeune femme en train de faire nos additions et parle. &#8220;Bonsoir, madame, vous &#234;tes belle. &#192; cette heure, dans cette lumi&#232;re terrible, vous &#234;tes tr&#232;s belle. J'ai choisi d'attendre, &#224; votre caisse, pour vous le dire. Je devais le faire.&#8221; &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; Jean, Jean qui n'est plus, et Jean qui est toujours, d&#233;sormais, gr&#226;ce aux mots de Marie Depuss&#233;. L&#224; il s'agissait de &lt;i&gt;Les morts ne savent rien&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie Depuss&#233;, Les morts ne savent rien, POL, 2006, livre ici salu&#233;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On y apprenait : &#171; La tumeur est inop&#233;rable &#187;. Aujourd'hui, &lt;i&gt;La nuit tombe quand elle veut&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie Depuss&#233;, La nuit tombe quand elle veut, POl, 2011.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , c'est-&#224;-dire quelques ann&#233;es apr&#232;s la disparition de Jean, comme le r&#233;cit d'apprentissage d'un impossible : celui de la s&#233;paration, celui aussi du mot &lt;i&gt;hospitalier&lt;/i&gt;, tout un monde...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapha&#235;lle R&#233;rolle, dans son article paru dans le Monde des livres du 02.12.11&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec elle, on se glisse, dans la &#034;piaule&#034;.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a parfaitement lu cela :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une &#034;histoire d'amour&#034;, en fait. Mais une histoire qui fait peur, surtout &#224; ceux qui croient encore que l'h&#244;pital est un asile s&#251;r, &#224; l'abri de la malveillance et de la cruaut&#233;. Car ce que rapporte Marie Depuss&#233; a de quoi faire trembler. Le personnel d&#233;bord&#233;, l'usure, les mouroirs o&#249; nul ne passe, le m&#233;decin furibond qui vous jette dehors, sans appel. Uniquement parce que c'est la r&#232;gle, parce que la chimio est termin&#233;e, parce que l'espoir de sauver n'ayant plus sa place, le malade non plus. &#034;Il y a progressivement un &#233;crasement, une indiff&#233;rence, qui laissent un espace pour le sadisme ordinaire. De quoi est-on le gardien, aux urgences ? On est en face d'un cauchemar.&#034; Le m&#233;decin en question, &#034;pourquoi l'a-t-on laiss&#233; faire, alors qu'il aurait &#233;t&#233; mieux &#224; Auschwitz ? Je l'aurais bien descendu...&#034; La rage est tomb&#233;e, cependant. Au bout du compte, l'&#233;crivain ne veut pas attaquer l'h&#244;pital, mais aider par son livre ceux qui vont y s&#233;journer, ceux qui y travaillent et, surtout, ceux qui accompagnent les malades. Les aider &#224; quoi ? A &#034;passer &#224; une logique de guerre.&#034; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, que dirons-nous ? Qu'une fois encore, Marie Depuss&#233; rejoint ses lecteurs en leur for intime, les faisant ses interlocuteurs, lucides, sensibles &#244; combien et pourtant pas d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Avec elle, nous partageons ce qui est, sans se raconter d'histoires, mais en d&#233;couvrant, avec les mots qu'il faut, une histoire qui est aussi la n&#244;tre, pour tenir, tous autant que nous sommes. Parce que son &#233;criture est tenue, a de la tenue, et d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre du texte : de l'incipit, si clair si fort, &#224; la clausule, cette phrase de Jean o&#249; nous sommes conduits (la phrase-titre), et qui &#8212; c'est un point de vue &#8212; rend la nuit moins obscure.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, dans celle-ci, c'est ce qui nous est &#233;crit, m&#234;me avec &lt;i&gt;des jambes de ferraille&lt;/i&gt;, y-a-t-il encore lieu de se d&#233;placer, dignit&#233; de l'animal humain. Certes, pour le dire, aura-t-il fallu le temps, et d'un tel &#233;prouv&#233; se lira la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir la distance qui convienne, marque humaine, proximit&#233; vraie sans pathos ni confusion. Aussi rejoindra-t-on Marie Depuss&#233;, aux urgences, aux &lt;i&gt;Portes&lt;/i&gt;, mais aussi quand tel ou tel po&#232;te, et parmi eux on comptera Robert Antelme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pages 84 &#224; 88 prennent pour titre L'Esp&#232;ce humaine.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Marek Edelman, donne les mots qui permettent le pas suivant. Celui-ci :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On va pr&#233;parer votre fr&#232;re, le changer et lui donner un brancard. &#187; Je dis : &#171; Et la chambre ? L'homme s'accrochait &#224; son sourire. &#171; On s'en occupe. &#187; &lt;br&gt;
Un infirmier fit enfiler &#224; Jean cette esp&#232;ce de chemise courte qui a remplac&#233; les chemises blanches d'avant. Son mat&#233;riau ressemble &#224; un filet &#224; papillons, raide et semi-transparent. On se sent encore plus nu, l&#224;-dedans, la raideur du tissu vous glace, on sait qu'on est foutu comme le papillon. &lt;br&gt;
Jean ne dit rien. Il ne semblait pas soulag&#233; d'&#234;tre sur un brancard. Il y avait plusieurs rang&#233;es, maintenant, et l'odeur augmentait. &lt;br&gt;
&#192; six heures et demie, Jean dit : &#171; Va-t'en, Marie. Tu vois bien qu'ils m'ont pr&#233;par&#233;, ils vont me donner une chambre. &#187; C'&#233;tait la voix de mon fr&#232;re, celui que j'ai toujours appel&#233; mon grand fr&#232;re. La voix qui me disait : &#171; N'oublie pas de fermer ta porte, ne marche pas toute seule la nuit dans Paris, quand je te vois traverser une rue je me dis que c'est un miracle que tu sois vivante. &#187; C'&#233;tait une voix avec dedans un amour que je n'entendrai plus. (75).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Spianti &#233;crit de Marie Depuss&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=2-86744-736-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'on garde ?&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, POL, dont est extraite cette phrase, un article empathique, dans la Quinzaine Litt&#233;raire n&#176; 796 parue le 16-11-2000, et qui commence ainsi :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le titre, le chemin est &#233;troit et l'&#233;quipement peu solide &lt;i&gt;&#034;comme Charlot sur les routes, avec une corde qui retient mal son pantalon qui glisse&#034;&lt;/i&gt;. Un jour d'apr&#232;s 68, trois professeurs quittent la Sorbonne, ayant &lt;i&gt;&#034;d&#233;cid&#233; que l'enseignement de la litt&#233;rature devait avoir quelque rapport avec la pens&#233;e&#034;&lt;/i&gt;. Ils all&#232;rent jusqu'&#224; Jussieu. Dans ce d&#233;placement, Marie Depuss&#233; et ses deux coll&#232;gues ne gard&#232;rent rien, quitte &#224; revenir plus tard chercher quelques petites choses comme l'histoire litt&#233;raire : ils voulaient r&#233;inventer l'enseignement de la litt&#233;rature. Le d&#233;partement Sciences des Textes et Documents fut fond&#233; et organis&#233; selon des m&#233;thodes d'analyse de textes : Litt&#233;rature et psychanalyse, litt&#233;rature et linguistique, litt&#233;rature et histoire. Marie Depuss&#233; revient sur cette exp&#233;rience, avec ironie et humour, rarement nostalgie parce que c'est le pr&#233;sent qui importe :&lt;i&gt; &#034;Qu'est-ce qu'on garde, qu'est-ce qu'on jette, de ces vivants et de ces morts dont la pens&#233;e nous a fait d&#233;m&#233;nager et nous aide &#224; travailler, encore.&#034;&lt;/i&gt; Le livre de Marie Depuss&#233; est surtout le r&#233;cit de voyage d'une parole enseignante plac&#233;e sous le sceau de Lacan : &#034;Le mur de sa parole offrait un lieu au pied duquel se tenir.&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie Depuss&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.editions-hermann.fr/ficheproduit.php?lang=fr&amp;menu=&amp;prodid=543&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Beckett &lt;i&gt;corps &#224; corps&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Hermann, 2007, pp. 39-40 [Dont nous d&#238;mes ces &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article202' class=&#034;spip_in&#034;&gt;quelques mots&lt;/a&gt;]. Que compl&#232;te : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'inventaire de ses choses, Malone s'arr&#234;te, dans l'exc&#232;s de plaisir (&#171; c'est une d&#233;faillance passag&#232;re &#187;) et reprend quelques forces en faisant la description m&#233;ticuleuse mais sans exc&#232;s de ses vases de nuit : &#171; Ils ne sont pas &#224; moi, mais je dis mes vases, comme je dis mon lit, ma fen&#234;tre, comme je dis moi. &#187; Simplicit&#233; de l'aveu, qui n'est m&#234;me pas un aveu, mais une &#233;vidence. Dire moi est un abus comme les autres, une affirmation ill&#233;gale mais vivante, gr&#226;ce &#224; une agglom&#233;ration de pauvres choses qu'on aime (sur moi, sous moi, autour de moi).&lt;br&gt;
Je formule l'hypoth&#232;se que les possessions doivent &#234;tre maigres, fragiles, pauvres pour &#171; faire du moi &#187;. Les possessions des riches n'autoriseraient pas ce glissement de &#171; mes &#187; &#224; moi. Il existe une jolie histoire, par un grand dessinateur humoriste, Reiser. Un bonhomme &#224; gros ventre faisait visiter &#224; un autre plus maigre ses &#171; propri&#233;t&#233;s &#187;. Mon ch&#226;teau, ma femme, ma piscine, mes chevaux, mes chiens, etc. La derni&#232;re image &#233;tait celle du petit bonhomme maigre qui tournait le dos &#224; l'autre, baissait son pantalon et disait, dans une bulle, &#171; mon cul &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie Depuss&#233;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=2-84682-137-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les morts ne savent rien&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, POL, 2006, livre &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article137#2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; salu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie Depuss&#233;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-1423-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La nuit tombe quand elle veut&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, POl, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec elle, on se glisse, dans la &#034;piaule&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les pages 84 &#224; 88 prennent pour titre &lt;i&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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