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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>D&#233;finir avec Anne Serre, pour d&#233;buter, et Conrad Stein, pour continuer</title>
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		<dc:date>2011-10-06T15:32:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Taylor, John</dc:subject>
		<dc:subject>Schneider, Monique</dc:subject>
		<dc:subject>Gori, Roland</dc:subject>
		<dc:subject>Powers, Jessica</dc:subject>
		<dc:subject>Stein, Conrad</dc:subject>
		<dc:subject>Serre, Anne</dc:subject>
		<dc:subject>Transtr&#246;mer, Tomas</dc:subject>
		<dc:subject>Richard, Jean-Pierre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;06/10/2011 &#8212; Anne Serre, Conrad Stein&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Taylor, John&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot289" rel="tag"&gt;Schneider, Monique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot324" rel="tag"&gt;Gori, Roland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot704" rel="tag"&gt;Powers, Jessica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot889" rel="tag"&gt;Stein, Conrad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1156" rel="tag"&gt;Serre, Anne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1229" rel="tag"&gt;Transtr&#246;mer, Tomas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1242" rel="tag"&gt;Richard, Jean-Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;I would define my love in some incredible penance&lt;br&gt;
Of which no impotent language is aware.
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyableDont nulle langue, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt;, Anne Serre&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Associer les vers de la carm&#233;lite-po&#232;te am&#233;ricaine, et les travaux d'Anne Serre n'a rien d'une fac&#233;tie. Dans l'itin&#233;raire de la famille spirituelle de la premi&#232;re on parlera de &lt;i&gt;commen&#231;ants&lt;/i&gt;, de sacrifice des l&#232;vres, et pour dire l'ineffable s'imposera le recours &#224; l'oxymore. Ici, pour t&#226;cher de d&#233;finir le mot amour, il ne faut pas moins qu'un roman. Je l'ai lu, avec un immense int&#233;r&#234;t, un intense plaisir, j'ai aussi souffert avec les personnages : Anne Serre sait, d'un savoir que le critique, &#233;ternel grand d&#233;butant, pourra toujours s'employer &#224; d&#233;finir, sait donc ce qu'&#233;crire &lt;i&gt;veut &lt;/i&gt; dire. J'ai not&#233; &#8212; je ne serai pas le seul &#8212; et je partirai de l&#224;, comment Marc Fumaroli accueille ce nouveau livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Fumaroli, a accueilli aussi avec faveur, Un Chapeau l&#233;opard, &#233;galement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et en particulier comment il conclut :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce roman, qui revient aux sources profondes du genre, la soci&#233;t&#233;, la vie professionnelle, le monde, la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; sont rel&#233;gu&#233;s dans le flou. Si Guillaume, Thomas, Anna ne sont pas &#233;crivains, ils partagent du moins avec l'&#233;crivain ou l'artiste cette &#233;vidence capitale que la v&#233;rit&#233; du c&#339;ur et de l'&#226;me est ailleurs que dans la r&#233;alit&#233; sociale et qu'elle est &#224; chercher jour et nuit dans l'affectivit&#233;, dans l'intimit&#233;, dans un loisir qui n'a rien d'oisif, car c'est en lui que se livrent les travaux titanesques et que s'op&#232;rent les &#233;preuves terribles dont l'enjeu est l'unique n&#233;cessaire : la v&#233;rit&#233; du d&#233;sir. V&#233;rit&#233; romanesque, a dit Ren&#233; Girard, &#224; d&#233;gager de la gangue du mensonge romantique et naturaliste. &lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt; ? Oui, sur ce chemin, nous le sommes tous. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A retrouver dans le dossier de presse, chez l'&#233;diteur, avec d'autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant de pareil sujet, on pouvait tout craindre. Mais voil&#224; il est possible de dire autrement ce qui de loin appara&#238;trait comme une banale affaire de trio amoureux, lisons plut&#244;t, au mitan du livre :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les jours passent. Elle appelle, il r&#233;pond, il a toujours r&#233;pondu aussit&#244;t quand elle l'appelait, m&#234;me lorsqu'il &#233;tait en r&#233;union, en plein travail, au bout du monde. Elle passait toujours avant tout. Il est malheureux, il souffre, mais il r&#233;pond. Elle essaie de lui faire comprendre qu'il n'y a pas lieu d'&#234;tre malheureux, que c'est une erreur. Certes elle a ce lien avec Thomas, et alors, cela l'emp&#234;che-t-elle de l'aimer lui aussi, lui d'abord ? Ce n'est pas qu'elle aime peu Thomas, c'est qu'elle l'aime autrement, tout &#224; fait autrement que lui, c'est absurde qu'il compare, Thomas n'est pas un rival, il est comme un autre pays, comment peut-on exiger de quelqu'un qu'il n'aime qu'un seul pays quand deux lui plaisent beaucoup ? N'est-il pas tout &#224; fait normal et m&#234;me sain d'&#234;tre capable d'aimer deux pays ? Guillaume persiste &#224; ne pas la comprendre. Peut-&#234;tre est-ce une question de mots ? Du sens que chacun donne &#224; certains mots ? Mais elle avait toujours cru qu'ils parlaient la m&#234;me langue. Or, elle commence &#224; comprendre : lorsqu'il dit aimer il veut dire &#234;tre amoureux, plein de d&#233;sir et d'&#233;moi. Elle, non. &#187; (93)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle voudrait dormir avec l'un, avec l'autre, et m&#234;me, pourquoi pas, avec les deux ensemble. L'un serait devant et l'autre derri&#232;re, elle serait coll&#233;e contre le dos de l'un et l'autre serait coll&#233; contre son dos &#224; elle. Comme elle serait heureuse dans cette chaleur, cette gangue. Comme il est dommage que les hommes ne puissent aimer ainsi une femme &#224; deux sans en faire toute une histoire. Alors ils ne se quitteraient plus tous les trois. Il n'y aurait plus tous ces probl&#232;mes de division, d&#233;chirure, choix mortel. Mais quand elle regarde leurs visages dans le ciel, elle voit qu'ils ne sont pas du tout d'accord, ni l'un ni l'autre, avec ce programme. &#187; (105-106)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que c'est un peu plus subtil, et, pour les lecteurs, d'Anne Serre (Anne, alors ?) se reconna&#238;t ce qu'il est convenu d'appeler une musique d'auteur, celle de la voix narratrice, celle des verbes aussi, et le rythme de la phrase qui &#233;pouse celui des mouvements int&#233;rieurs des personnages, car d&#233;finir n'est pas simple, les questions se posent, l'&lt;i&gt;agere contra&lt;/i&gt; s'impose, un discernement plus subtil se propose, et c'est bien une question de langue et de mots. A laquelle la litt&#233;rature, par exemple, pour l'exemple, apporte sa m&#233;diation, et c'est la figure de &lt;i&gt;Jude l'obscur &lt;/i&gt; qui conduira &#224; ce que Thomas, sorti du livre, s'enhardisse, qui sera venu mettre le doigt sur la plaie, figur&#233;e ici parce qui n'avait que les apparences de la r&#233;ussite amoureuse - aux yeux du &#171; monde &#187; - : &#171; c'est dingue, dit-il &#187;, et &#171; elle &#187;, &#171; rit. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a &#233;t&#233; donn&#233; un jour, incidemment, de d&#233;couvrir la puissance de p&#233;n&#233;tration de la pens&#233;e litt&#233;raire d'Anne Serre &#8212; &lt;i&gt;la petite &#233;p&#233;e du coeur&lt;/i&gt;&#8212; &#224; l'occasion d'un article, un &#034;rebonds&#034; du journal Lib&#233;ration, qui m'avait valu une vive controverse avec un &lt;i&gt;alter ego&lt;/i&gt; dans les cheminements d'&#233;criture (de ce jour ils se s&#233;par&#232;rent) :&lt;i&gt; Donnez-leur du feu ! &lt;/i&gt; cet article&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non-fumeur, j'ai &#233;t&#233; saisi par ce texte, Fumer fait vivre, du 13 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont j'avais oubli&#233; qu'elle en &#233;tait l'auteure, a resurgi en m&#233;moire &#224; la relecture du &lt;i&gt;Cheval blanc d'Uffington&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s l'unum necessarium de Fumaroli, oserai-je parler d'un livre-culte ? Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la narratrice y fume cons&#233;quemment. Il ne s'agissait pas d'une facile apologie du tabagisme, mais de la quintessence du litt&#233;raire qui se dit parfois encore mieux encore quand &#034;le livre n'est pas dans le livre&#034; (Michon) quand les gestes, les regards sont &#224; la hauteur de ce qui sera mis en mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;ciproque &#233;tant vraie. Ceci posait probl&#232;me &#224; mon ami : &#171; Sans cigarette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Les D&#233;butants&lt;/i&gt;, ouvrage d'une belle ampleur, Anne Serre nous donne de son feu, qui r&#233;chauffe, &#233;claire, br&#251;le parfois. Il ne faut pas craindre de s'y exposer. Ce qui fut sans doute une belle aventure d'&#233;criture, sera pour beaucoup une belle aventure de lecture, et peut-&#234;tre, souhaitons leur, quant aux repr&#233;sentations re&#231;ues (litt&#233;raires, entre autres) : &lt;i&gt;un grand chambardement int&#233;rieur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conrad Stein, pour continuer&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un colloque en hommage &#224; Conrad Stein (d&#233;c&#233;d&#233; le 16 ao&#251;t 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire cette notice de Jacques S&#233;dat, &#233;tablie pour la circonstance.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), vient de se tenir les 30/09 et 01/10 au Coll&#232;ge des Bernardins, sous le chef &lt;i&gt;Psychanalyse et Transmission&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journ&#233;es organis&#233;es par la soci&#233;t&#233; &#171; M&#233;decine et Psychanalyse &#187; sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est l'occasion d'une nouvelle publication de &lt;i&gt;L'Enfant imaginaire&lt;/i&gt; en &#233;dition de poche (Champs Flammarion)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein, L'enfant imaginaire, collection Champs, 2011, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de la parution d'un volume, intitul&#233; &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/i&gt; (Aubier-Psychanalyse)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein, Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants, Aubier/Psychanalyse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux th&#232;mes chers &#224; l'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Gori, &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'oeuvre duquel la &#034;magdelaine&#034; s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;&#8212; &lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me de couverture de l'&#233;dition de 1987 (la premi&#232;re en 1971), reprenait une recension de Nicolas Abraham dans la revue &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt; n&#176; 319, d&#233;cembre 1973 ; l'essentiel y est dit jusque dans sa pointe : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; VISITE D'UN LABORATOIRE. R&#233;ception du visiteur. Tout bien arrang&#233; pour lui faciliter la t&#226;che : &#233;tiquettes, un ordre exemplaire et classique :&lt;i&gt; La Situation analytique. Le Complexe d'&#338;dipe. Le Complexe de castration.&lt;/i&gt; Puis la recherche personnelle : &lt;i&gt;l'Espace psychanalytique&lt;/i&gt;. De toutes ces machines, bien proprement dispos&#233;es, on montre comment le fonctionnement va de soi. Mais &#224; c&#244;t&#233; des &#233;vidences, on n'&#233;pargnera pas au visiteur les h&#233;sitations ayant pr&#233;c&#233;d&#233; les r&#233;sultats obtenus, les recherches, les t&#226;tonnements, l'obstination du chercheur ... Ce que l'on ressent chez Conrad Stein, c'est que ses th&#233;ories psychanalytiques ne sont pas pur exercice intellectuel- comme ses d&#233;tracteurs l'insinuent quelquefois mais s'authentifient par et dans un inconscient actif et productif, o&#249; elles prennent ancrage. Pour ma part, je suis heureux qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de soulever un coin du voile et de retrouver pour moi, et peut-&#234;tre pour vous, dans un ouvrage technique de grande valeur, une &#339;uvre qui, sans rien &#244;ter au premier, l'enrichit d'une po&#233;sie que seule la psychanalyse peut mettre au jour. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A preuve, du c&#244;t&#233; de la po&#233;sie, par exemple, cette rubrique de l'Index (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vais de mon grain de sel, manifestant ma pr&#233;dilection pour certain &lt;i&gt;Post-scriptum&lt;/i&gt; aux pages 111-116 de l'&#233;dition Deno&#235;l : &lt;i&gt;L'esprit de l'escalier&lt;/i&gt;. Le lecteur, &#233;crivain ou psychanalyste, tant&#244;t l'un, tant&#244;t l'autre, ne manquera pas d'&#234;tre conquis (requis aussi dans sa patience) par cet abr&#233;g&#233; saisissant du discours de la m&#233;thode en analyse selon Conrad Stein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;coupe (pp. 115-116) : &#171; En reconnaissant bien volontiers que je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui pourrait valoir, c'est mon point de vue, pour l'analyse litt&#233;raire ; c'est un apport consid&#233;rable de celui, qui, &#224; des disciples, pr&#233;f&#233;rait des interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&#8212; &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt; justifiait son titre par ceci &#8212; que confirme sa lecture : &#171; Le b&#233;n&#233;fice du travail d'une psychanalyse r&#233;side dans la production d'une &#339;uvre repr&#233;sentative d'un enfant qui serait &#224; la fois soi et produit par soi et dont l'av&#232;nement est suppos&#233; devoir se produire du fait de sa reconnaissance par un tiers qui est, en premier lieu, le psychanalyste. Exp&#233;rience personnelle, pratique du m&#233;tier de psychanalyste et &#233;criture du texte analytique sont indissociablement unies dans la r&#233;f&#233;rence &#224; cet enfant imaginaire. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine sans peine que l'ouvrage publi&#233; aujourd'hui est de la m&#234;me veine en ses diff&#233;rents chapitres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ce sommaire : Psalmodie &#224; voix tue / Henry BAUCHAU ; Conrad Stein ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en n'omettant pas de pr&#233;ciser, selon le titre de la revue &#224; laquelle Conrad Stein aura contribu&#233;, leur essentielle tonalit&#233; d'&lt;i&gt;&#233;tudes freudiennes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont quelques unes disponibles en ligne.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;&#338;dipe ou la l&#233;gende du conqu&#233;rant&lt;/i&gt; de Marie Delcourt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edition Belles Lettres, 1981 ; l'ouvrage de Marie Delcourt dans sa version (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Conrad Stein proc&#232;dait d'ailleurs comme un v&#233;ritable clinicien du texte de Freud, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui d&#233;couvre les libert&#233;s que prit le fondateur de la psychanalyse avec l'&lt;i&gt;&#338;dipe Roi&lt;/i&gt; de Sophocle, cr&#233;ant ainsi une nouvelle version du mythe. C'est de cette perspicacit&#233; aiguis&#233;e, qu'il est ici fait offrande au lecteur, &#224; l'instar de ce &#034;don de la parole en psychanalyse&#034; qu'apposait nagu&#232;re au nom de Conrad Stein un hommage de &lt;i&gt;Cliniques m&#233;diterran&#233;ennes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conrad Stein : le don de la parole en psychanalyse, Cliniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul &#233;tonnement donc, que la partie &lt;i&gt;Le monde du r&#234;ve&lt;/i&gt; donne &#224; lire &lt;i&gt;&#338;dipe le surhumain&lt;/i&gt;, ou le d&#233;saveu du f&#233;minin auquel et il faut en remercier les responsables de l'&#233;dition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dani&#232;le Brun indique comment les textes du volume retravaill&#233;s au cours des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pond &lt;i&gt;Le savoir de Jocaste&lt;/i&gt; [mais &lt;i&gt;quelle&lt;/i&gt; Jocaste, portons-nous donc en nous ?] par Monique Schneider. Celle-ci a r&#233;dig&#233; &#233;galement &lt;i&gt;Freud invit&#233;&lt;/i&gt;. A propos du s&#233;minaire de Conrad Stein sur&lt;i&gt; l'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/i&gt; et son commentaire &lt;i&gt;Le bois de l'holocauste : sur l'&#233;criture de Freud&lt;/i&gt; [et de l'importance du &lt;i&gt;rer&#234;ver...&lt;/i&gt;], dans les &lt;i&gt;lin&#233;aments&lt;/i&gt; de laquelle Stein nous aura introduits pr&#233;alablement. Une introduction d'une limpidit&#233; redoutable : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non content d'estimer avec Freud que cet ouvrage contient en germe tous les d&#233;veloppements ult&#233;rieurs de la psychanalyse, je me propose donc de faire valoir que l'on peut trouver dans &lt;i&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/i&gt; les lin&#233;aments d'une probl&#233;matique sur laquelle Freud ne s'est jamais pench&#233;, ceux d'une th&#233;orie des processus &#224; l'&#339;uvre dans la situation analytique &#187;. &lt;br&gt;Nous voil&#224; avertis : reste, &#224; s'y tenir.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux &#233;critures se r&#233;pondent aussi en ce sens qu'elles obligent &#224; une lecture patiente, quasi philologique, insistante pourrait-on dire avec Bollack, avec ce profit qu'elles d&#233;placent des repr&#233;sentations, mettent au travail, ou en travail. Il ne s'agit donc pas de lecture &#171; savante &#187; (&#224; l'instar de celle de Faust, elle accumule des savoirs, mais est inefficiente), mais d'une lecture que Conrad Stein qualifiait volontiers de &#171; po&#233;tique &#187;, de sorte que le lecteur trouve son bien dans ce qui lui est r&#233;v&#233;l&#233; au cours de la lecture.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#233;videmment le cas pour ce qui est des deux parties suivantes : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;Le monde des enfants&lt;/i&gt;, avec un important chapitre, le cinqui&#232;me : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'on t'a fait, &#224; toi, pauvre enfant ?&lt;/i&gt; et son sous-titre : Ou l'efficience de l'interpr&#233;tation, tandis que le septi&#232;me reprend un texte publi&#233; autrefois chez &lt;i&gt;Calligrammes&lt;/i&gt;, les &#201;rinyes d'une m&#232;re en deux parties, o&#249; l'on retrouvera les travaux de l'hell&#233;niste Marie Delcourt, la seconde d&#233;di&#233;e &#224; Nicolas Abraham, ce qui n'est pas sans signification. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Une partie plus &#171; clinique &#187;, intitul&#233;e &lt;i&gt;Dans l'univers de la s&#233;ance&lt;/i&gt;, avec au centre : &lt;i&gt;Effets d'offrande, situation de danger&lt;/i&gt; [Sur une difficult&#233; majeure de la psychanalyse] ; prendra-t-on le dernier chapitre pour une conclusion ? &lt;i&gt;La travers&#233;e du tragique en psychanalyse&lt;/i&gt; r&#233;pond circonstanciellement &#224; l'ouvrage de Patrick Guyomard &lt;i&gt;La jouissance du tragique&lt;/i&gt; qu'il rejoint en ceci : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...la travers&#233;e du tragique en psychanalyse ne saurait trouver son issue autrement que dans une reprise du travail de construction, soit du travail psychanalytique proprement dit. Ce dernier se pr&#233;sente donc comme un travail de deuil au terme duquel le sujet advient dans l'accession au registre du symbolique. Voil&#224; qui permet d'entrevoir en quoi la travers&#233;e du tragique aura apport&#233; au patient un b&#233;n&#233;fice. &lt;br&gt;
De son c&#244;t&#233;, ce n'est pas sans b&#233;n&#233;fice que l'analyste se fait cause du d&#233;sir d'un autre, contrairement &#224; ce que Lacan note dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire sur l'&#233;thique&lt;/i&gt; ; il faut entendre que c'est sans b&#233;n&#233;fice manifeste. J'ai not&#233; jadis que les s&#233;ances du patient ont les meilleures chances de d&#233;boucher sur sa psychanalyse si elles sont pour le psychanalyste le lieu privil&#233;gi&#233; de la poursuite de la sienne, ce qui veut dire, il le faut ajouter maintenant, que le travail du deuil ne peut avoir lieu que s'il s'effectue des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mani&#232;re de clore sur la fa&#231;on dont Conrad Stein concevait l'analyse, une architecture, l'espace d'une &#171; double rencontre &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi aura &#233;t&#233; bross&#233;e &#224; tr&#232;s gros traits l'&#233;conomie de ce livre, dont il est heureux, qu'il ait, en poche, son Nebenmensch [&lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt; en l'occurrence] pour les lecteurs &lt;i&gt;d&#233;butants&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;finirais mon amour comme une p&#233;nitence incroyable&lt;br&gt;Dont nulle langue, impuissante, n'a connaissance.&lt;br&gt; Jessica Powers, &lt;i&gt;Lieu de splendeur&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1059&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Arfuyen&lt;/a&gt;, traduction G&#233;rard Pfister, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Fumaroli, a accueilli aussi avec faveur, &lt;i&gt;Un Chapeau l&#233;opard&lt;/i&gt;, &#233;galement publi&#233; au &lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/auteur-Anne_Serre-67-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mercure de France&lt;/a&gt;, tout comme &lt;i&gt;Le Narrateur&lt;/i&gt;, ou encore &lt;i&gt;Le Cheval blanc d'Uffington&lt;/i&gt;. Le parcours d'&#233;crivain d'Anne Serre est riche : publications aux &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesdetours/Serre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Champ Vallon&lt;/a&gt;, au Temps qu'il fait (&lt;i&gt;La petit &#233;p&#233;e du coeur, Film&lt;/i&gt;), et chez Verdier, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-lemat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#183;mat&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, un livre qui r&#233;pond admirablement &#224; la commande qui lui a &#233;t&#233; faite &#8212; lire cette &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/pdf/LPM.pdf&#034;&gt;chronique&lt;/a&gt; de Xavier Girard (&lt;i&gt;La Pens&#233;e de Midi&lt;/i&gt;). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'accueil critique est des plus favorables, d&#232;s 1999 Jean-Pierre Richard, avait r&#233;serv&#233; sous le titre pr&#233;monitoire : &lt;i&gt;Histoires d'amour&lt;/i&gt;, un de ses &lt;i&gt;Essais de critique buissonni&#232;re&lt;/i&gt; &#224; ce qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233; jusqu'alors, avec une emphase plus prononc&#233;e pour &lt;i&gt;Les Gouvernantes&lt;/i&gt;, &#224; c&#244;t&#233; d'&lt;i&gt;Eva Lone&lt;/i&gt;, et de &lt;i&gt;Un voyage en ballon&lt;/i&gt;, une critique tr&#232;s inspir&#233;e par les travaux de Bellemin-No&#235;l, o&#249; sensualit&#233;, &#233;rotisme et cruaut&#233; font bon m&#233;nage. Tr&#232;s r&#233;cemment, John Taylor, nous donne dans le troisi&#232;me volume de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.transactionpub.com/title/Paths-to%20Contemporary%20French%20Literature-978-1-4128-1862-9.html?srchprod=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paths to French contemporary literature&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (Transaction Publishers) une de ses empathiques lectures dont il a le secret, en voici, p. 56, un trait lumineux :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Serre's coherent, if evolving, oeuvre solicits readers above all because she wields a writing style capable of suggesting the narrator's deep moods and probing reflections all the while sustaining the eventful plots in which he or she is involved (and indeed often in motion). What she evokes can delight, or disturb. Without giving any warning, a mere sentence becomes an open trapdoor, as it were, revealing profound truths about amorous attraction, growing up, or the acceptance of loss. She is concerned about a writer's &#034;separation&#034; from others. Her examinations of friendship are particularly original. Serre then closes these trapdoors, and the story moves on, but we continue to sense the dark cellars underneath.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A retrouver dans &lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/livre-Les_d&#233;butants-9782715231818-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le dossier de presse&lt;/a&gt;, chez l'&#233;diteur, avec d'autres articles et une pr&#233;sentation video.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Non-fumeur, j'ai &#233;t&#233; saisi par ce texte,&lt;i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/tribune/0101454160-fumer-fait-vivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fumer fait vivre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, du 13 septembre 2003. Bien m'en a pris, j'ai cherch&#233; &#224; conna&#238;tre l'auteure, et d&#233;couvert ses livres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apr&#232;s l'&lt;i&gt;unum necessarium&lt;/i&gt; de Fumaroli, oserai-je parler d'un livre-culte ? Le talent narratif d'Anne Serre y est particuli&#232;rement condens&#233;, s'y d&#233;ploie la toute-puissance autre de la litt&#233;rature, sous la forme d'un &#233;tonnant &lt;i&gt;Bildungsroman&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;ciproque &#233;tant vraie. Ceci posait probl&#232;me &#224; mon ami : &#171; Sans cigarette nous aurions parl&#233; litt&#233;rature. Je pense que tendre son paquet &#224; une femme, effleurer ses doigts en lui offrant du feu, regarder ses l&#232;vres autour de la cigarette, donne beaucoup plus de plaisir &#224; un homme que de l'entendre discutailler &#187;. Eh oui, seule une femme pouvait &#233;crire cela. Encore fallait-il qu'elle l'&#233;criv&#238;t - et avec quelle intensit&#233; : celle du verbe employ&#233; intransitivement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire cette &lt;a href=&#034;http://www.espace-analytique.org/spip.php?article467&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notice&lt;/a&gt; de Jacques S&#233;dat, &#233;tablie pour la circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journ&#233;es organis&#233;es par la soci&#233;t&#233; &#171; M&#233;decine et Psychanalyse &#187; sous la responsabilit&#233; de Dani&#232;le Brun, avec cet &lt;a href=&#034;http://www.espace-analytique.org/spip.php?article469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;argument&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conrad Stein, &lt;i&gt;L'enfant imaginaire&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=40954&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collection Champs&lt;/a&gt;, 2011, &#233;ditions ant&#233;rieures (1971, 1987) chez &lt;a href=&#034;http://www.denoel.fr/Denoel/Control.go?action=rech&amp;idauteur=14035&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deno&#235;l&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conrad Stein, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=41231&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le monde du r&#234;ve, le monde des enfants&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Aubier/Psychanalyse, chez Flammarion, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Gori, &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'oeuvre duquel &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article208#1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la &#034;magdelaine&#034;&lt;/a&gt; s'est associ&#233;e en rendant compte du num&#233;ro sp&#233;cial de &lt;i&gt;Cliniques m&#233;diterran&#233;nnes&lt;/i&gt; &#224; l'occasion de son &#233;m&#233;ritat, a rendu en la circonstance &lt;a href=&#034;http://www.medpsycha.org/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=39&amp;Itemid=42&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;hommage&lt;/a&gt; confraternel &#224; la parole &lt;i&gt;sensible&lt;/i&gt; de ce ma&#238;tre. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2087&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La preuve par la parole&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne en maints endroits de la place tenue dans le parcours de l'auteur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=38285&amp;levelCode=home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Logique des passions&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Comme lui, je rappellerais ces propos de Monique Schneider : &#171; Tu as voulu rester &#171; insulaire &#187;, avec toujours permanent ce d&#233;sir de te cacher et cette hantise de ne pas &#234;tre d&#233;couvert. &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi au coeur de ces &lt;i&gt;M&#233;langes&lt;/i&gt;, cette contribution limpide en son titre comme dans ses attendus : &lt;i&gt;R&#234;ve et n&#233;vrose de transfert d'apr&#232;s Freud&lt;/i&gt; (207-227), avec pour conclusion (de r&#234;ve) : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De l'homologie entre la situation de l'interpr&#233;tation du r&#234;ve et la situation du r&#234;ve, homologie qui ressort clairement du chapitre sur la m&#233;thode dont j'ai cit&#233; les &#233;l&#233;ments essentiels, &#224; savoir que l'on se met dans un &#233;tat qui est voisin de celui qui pr&#233;c&#232;de l'endormissement, et en connexion avec ce que je viens de vous dire &#224; l'instant, il ressort en d&#233;finitive qu'en un sens, interpr&#233;ter c'est r&#234;ver de nouveau. Mais qui donc interpr&#232;te ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A preuve, du c&#244;t&#233; de la po&#233;sie, par exemple, cette rubrique de l'Index (forc&#233;ment analytique) ajout&#233; &#224; l'&#233;dition de 1987 : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;R&#202;VES D&#201;TERMIN&#201;S : &lt;i&gt;De Freud&lt;/i&gt; ; Goethe attaquant un jeune homme, 253 ; Irma, 12 ; Noces et mort de Jacob, 283-284 ; On est pri&#233; de fermer les yeux, 252, 275, 280 ; Mon p&#232;re a jou&#233; un r&#244;le chez les Magyars, 264. &lt;i&gt;De l'auteur&lt;/i&gt; : Les arch&#233;opt&#233;ryx, 246-285, 288, 312-313, 320, 331 ; Chez le bouquiniste (ou Peau de patte de lion, ou Livre de mon p&#232;re, ou Enfant dans la malle) 262, 264-268, 281 ; A l'embarcad&#232;re d'Alger, 323-325 ; Freud et ses fermiers, 250, 252- 255, 264, 284, 331 ; Le lieu de vacances devenu subaquatique, 251-252 ; 256 ; Le mus&#233;e install&#233; dans une crypte, 247-248, 251, 258 ; Quelqu'un s'est fait raser, 256, 280-281, 283-285. &lt;i&gt;De personnes non d&#233;sign&#233;es&lt;/i&gt; : L'accouchement de deux filles, 223, 260, 308 ; En compagnie de l'analyste, au pied d'un escalier, 102-103, 112-115 ; Le couteau qui coupe du pain, 85-93 ; La fum&#233;e qui se d&#233;gage du lit en feu, 342-344 ; Un homme mari&#233; demande &#224; la patiente de devenir sa deuxi&#232;me femme, 103, 105, 108, 145, 231, 280-290 ; Le m&#233;decin le d&#233;clare atteint de la m&#234;me maladie que sa m&#232;re, 210 ; La m&#232;re t&#233;l&#233;phone que le p&#232;re ne va pas bien, 235 ; Un oiseau se pose sur la t&#234;te de la patiente, 233-240, 260, 301 ; Les personnages nageant en eau trouble, 278-279 ; La plaie &#224; la t&#234;te, 196, 200 ; Pourquoi n'&#234;tes-vous pas venue ? 18-21, 23 ; Le poisson mang&#233;, 236-240, 260, 301 ; Le psychanalyste en accoucheur, 234, 288, 290-291, 294, 297-298 ; Le psychanalyste accoucheur mort, 235, 289, 291 ; Le psychanalyste transform&#233; en cadavre, 161 ; Le psychanalyste en pr&#234;tre, 301 ; Un psychanalyste assiste aux rapports sexuels d'une patiente, 361-363 ; Un sexe d'homme pousse &#224; la patiente, 231, 289-290, 294 ; Le tableau repr&#233;sentant la C&#232;ne, 94, 149 ; Les tartes aux prunes, 277-278. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je d&#233;coupe (pp. 115-116) :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En reconnaissant bien volontiers que je n'&#233;tudie ici rien d'autre que le texte que j'ai &#233;crit et les r&#233;actions qu'il a produit en moi par la suite, j'affirme en somme que cette &#233;tude appartient &#224; mon analyse &#224; moi, et que, dans la mesure o&#249;, telle est sa nature, il n'y a pas d'erreur quant &#224; la m&#233;thode. &lt;br&gt;
Plusieurs ann&#233;es se sont &#233;coul&#233;es avant que je d&#233;couvre les raisons de mon inaptitude &#224; enregistrer fid&#232;lement la s&#233;ance au cours de laquelle la patiente rapporta son r&#234;ve de l'escalier. [...] Mes vues g&#233;n&#233;rales sont une chose et mon aveuglement dans la s&#233;ance en est une autre. Il en est ainsi parce que les vues en question d&#233;mystifient ce que la situation analytique cr&#233;e. Si la d&#233;mystification &#233;tait totale, il n'y aurait pas de situation analytique, pas de psychanalyse. Avoir des vues g&#233;n&#233;rales sur la situation analytique n'emp&#234;che pas que je n'aie pas encore voulu voir ce qui, selon moi, a d&#251; se passer en haut de l'escalier, derri&#232;re la porte close de la chambre de la domestique. (De cela il sera &#224; nouveau question au chapitre 19). &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire quelques 200 pages plus loin... Le psychanalyste serait-il un &lt;i&gt;narrateur&lt;/i&gt; qui s'ignore ? :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car sa jouissance, c'est d'une certaine mani&#232;re, malheureux, ne se trouve que dans le langage. Comment cela est-il arriv&#233; ? Myst&#232;re. On ne peut lever le voile sur ces choses qui ont un sexe, composent avec le meurtre, et datent de si vieilles lunes que le pauvre narrateur lui-m&#234;me, en d&#233;pit de ses pouvoirs d'investigation, n'en saura probablement jamais le fin mot. C'est presque ainsi qu'il est n&#233;. Quand il ex&#233;cute le travail fastidieux de se souvenir, il se retrouve &#224; trois ans par exemple, d&#233;j&#224; dans les m&#234;mes dispositions. &#192; trois ans on est tout petit, que sait-on &#224; trois ans ? Eh bien, &#224; trois ans, le narrateur est d&#233;j&#224; narrateur, s&#233;par&#233; du monde depuis toujours et pour toujours, le consid&#233;rant avec int&#233;r&#234;t et surprise comme une chose tr&#232;s nouvelle. &#192; trois ans, sans doute est-il naturel de consid&#233;rer le monde comme une chose nouvelle puisqu'elle date de trois ans. Mais voil&#224; qu'&#224; sept, c'est pareil, &#224; douze aussi, et qu'&#224; dix-sept c'est encore pire. Chaque ann&#233;e le narrateur na&#238;t, regarde et d&#233;couvre avec surprise le monde qui l'entoure. Peut-&#234;tre qu'il ne cesse de na&#238;tre. Peut-&#234;tre que la maladie du narrateur, c'est de na&#238;tre sans arr&#234;t plut&#244;t que de grandir, vieillir, s'accomplir. &#187;&lt;br&gt;
Anne Serre, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/livre-Le_narrateur-416-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le narrateur&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Mercure de France, 2004, p. 26.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'un bond , &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;, p. 149-150 :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais (suppliant de nouveau) : ... je t'en prie, laisse-moi encore me coucher parmi les fleurs, dans un pr&#233; assez haut dans la montagne, et l&#224;, chantonner sans cesse les m&#234;mes syllabes ! Laisse-moi, mon ami, &#234;tre couch&#233; dans mon berceau et chantonner jusqu'&#224; la grande ouverture, jusqu'&#224; ce que je sois happ&#233;, englouti, pour resurgir &#224; nouveau, chantonner encore, &#234;tre encore happ&#233;, englouti, puis resurgir. Laisse-moi regarder le ciel, sentir les odeurs du thym sauvage, sentir dans mes doigts le contact des herbes. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il sent que c'est &#224; ces mots magiques que la Grande Puissance tremble et s'amoindrit, il continue pendant deux heures, dix heures. Je vais l'hypnotiser, elle aussi ! pense-t-il doucement. Il se frotte les mains et continue. Que c'est excitant d'avoir du pouvoir, m&#234;me sur elle ! Il a douze ans, bient&#244;t sept : &#171; Oh, grimper derri&#232;re elle sur le chemin caillouteux, quel plaisir et quel effroi c'&#233;tait ! Sais-tu que les cailloux rebondissaient jusqu'&#224; venir me heurter les chevilles et que maintenant j'ai &#224; tout jamais une cheville enfl&#233;e comme &#338;dipe ! (il rit) Mais ce n'est pas grave, cela ne m'emp&#234;che pas d'aller, de grimper, et m&#234;me s'il fait tr&#232;s chaud. Je vois ses jambes longues et brunes, tout en haut, c'est mon horizon. Elle porte une robe ou une jupe bleue qui lui arrive aux genoux, la robe danse autour de ses genoux, c'est mon horizon. Moi, j'ai des jambes courtes, &#233;videmment. Je suis petit mais assez muscl&#233;, et comme j'ai les ch&#232;vres qui grimpent autour de moi, je m'accroche &#224; leurs poils r&#234;ches et huileux, ce qui va devenir, entre parenth&#232;ses (clin d'&#339;il &#224; la Puissance), l'une de mes fantaisies &#233;rotiques. Passons. Et puis j'ai trois ans, dit le narrateur d'une toute petite voix. Et parvenu au sommet de la montagne, je ne la vois plus, elle a tout &#224; fait disparu. Je cherche dans les &#233;boulis, je me tourne et retourne, non, mon ami, je t'assure qu'elle a tout &#224; fait disparu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ce sommaire : Psalmodie &#224; voix tue / Henry BAUCHAU ; Conrad Stein ou la passion de la psychanalyse / Jacques S&#201;DAT ; Dans les &#034;lin&#233;aments&#034; de l'&#233;criture de Freud / Conrad STEIN ; Le bois de l'holocauste : sur l'&#233;criture de Freud / Conrad STEIN ; Freud invit&#233; / Monique SCHNEIDER ; Oedipe le surhumain / Conrad STEIN ; Le savoir de Jocaste / Monique SCHNEIDER ; Amour de transfert, amour d'enfant / Conrad STEIN ; &#034;Qu'est-ce qu'on t'a fait, &#224; toi, pauvre enfant ?&#034; / Conrad STEIN ; Le nourrisson savant selon Ferenczi / Conrad STEIN ; Les &#201;rinyes d'une m&#232;re / Conrad STEIN ; Majest&#233; et d&#233;tresse / Conrad STEIN ; Effet d'offrande, situation de danger (1988) / Conrad STEIN ; La travers&#233;e du tragique en psychanalyse / Conrad STEIN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont quelques unes &lt;a href=&#034;http://www.etudes-freudiennes.org/Publications/publications.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponibles&lt;/a&gt; en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edition Belles Lettres, 1981 ; l'ouvrage de Marie Delcourt dans sa version princeps en 1944, Facult&#233; de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Conrad Stein : le don de la parole en psychanalyse&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Cliniques m&#233;diterran&#233;ennes &lt;a href=&#034;http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;num&#233;ro 43/44&lt;/a&gt;, 1994, &#233;ditions &#201;r&#232;s ; &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/png/stein.png&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/png/stein.png','lettre-de-la-magdelaine.net','scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=493,Height=226,resizable=no');return false;&#034;&gt; sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dani&#232;le Brun indique comment les textes du volume retravaill&#233;s au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es de la vie de Conrad Stein, ont fait l'objet de leur regroupement, et de leur division en trois parties, suite aux &#233;changes avec Syvie Fenczak, la directrice de collection. Elle pr&#233;cise aussi la survenue du titre adopt&#233;. Prendre connaissance des deux pages finales de remerciements n'est pas superflu, ajoute &#233;motion et suscite gratitude. &lt;br&gt;
Le lecteur sera infiniment reconnaissant de l'appareil critique, notes, origines des textes, index des noms, des notions, et forc&#233;ment, des r&#234;ves.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y mettrai discr&#232;tement du mien en ce beau jour de Nobel pour la po&#233;sie :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:20px&#034;&gt;Ai r&#234;v&#233; que je dessinais les touches d'un piano &lt;br&gt;
sur la table de la cuisine. Sur lesquelles je jouais,&lt;br&gt; en silence. &lt;br&gt;
Les voisins entraient pour m'&#233;couter.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; (Tomas Transtr&#246;mer, &lt;i&gt;Funeste gondole&lt;/i&gt; n&#176; 2, &lt;i&gt;Baltiques&lt;/i&gt;, Po&#233;sie/Gallimard, p. 307)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>pour lire encore, tant et plus </title>
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		<dc:date>2011-09-26T06:47:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Bonnefis, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Cixous, H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Leclair, Bertrand</dc:subject>
		<dc:subject>Sollers, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Mallarm&#233;, St&#233;phane</dc:subject>
		<dc:subject>Proust, Marcel</dc:subject>
		<dc:subject>Rawicz, Piotr</dc:subject>
		<dc:subject>Transtr&#246;mer, Tomas</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;line, Louis-Ferdinand</dc:subject>
		<dc:subject>Platon</dc:subject>
		<dc:subject>Aragon, Louis</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;age, Pauline (Aury, Dominique)</dc:subject>
		<dc:subject>Sartre, Jean-Paul</dc:subject>
		<dc:subject>London, Jack</dc:subject>
		<dc:subject>Kerouac, Jack</dc:subject>
		<dc:subject>Villiers de l'Isle Adam, Philippe-Auguste-Mathias</dc:subject>
		<dc:subject>Berthet, Fr&#233;d&#233;ric</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;26/09/2011 &#8212; Bertrand Leclair avec, Fr&#233;d&#233;ric Berthet, H&#233;l&#232;ne Cixous, Piotr Rawicz, Jack London, Marcel Proust, C&#233;line...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Bonnefis, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Cixous, H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot328" rel="tag"&gt;Leclair, Bertrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot612" rel="tag"&gt;Sollers, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot689" rel="tag"&gt;Mallarm&#233;, St&#233;phane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot983" rel="tag"&gt;Proust, Marcel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1153" rel="tag"&gt;Rawicz, Piotr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1229" rel="tag"&gt;Transtr&#246;mer, Tomas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1230" rel="tag"&gt;C&#233;line, Louis-Ferdinand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1232" rel="tag"&gt;Platon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1233" rel="tag"&gt;Aragon, Louis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1234" rel="tag"&gt;R&#233;age, Pauline (Aury, Dominique)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1235" rel="tag"&gt;Sartre, Jean-Paul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1236" rel="tag"&gt;London, Jack&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1237" rel="tag"&gt;Kerouac, Jack&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1238" rel="tag"&gt;Villiers de l'Isle Adam, Philippe-Auguste-Mathias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1239" rel="tag"&gt;Berthet, Fr&#233;d&#233;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; ce qu'il ne faut pas dire, il faut l'&#233;crire. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Car, &#171; Tout en ce monde et dans les autres d&#233;pend de notre lecture &#187; H&#233;l&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voici toute l'alchimie de l'&#233;change qu'est la litt&#233;rature : au moment o&#249; je lis, cette preuve d'amour, c'est moi, lecteur, qui la re&#231;oit, de la litt&#233;rature en personne, dans ma vie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bertrand Leclair, Dans les rouleaux du temps, Flammarion, 2011, p. 19.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous prenez un b&#226;ton et si vous voulez le faire para&#238;tre droit dans l'eau, vous allez le courber d'abord, parce que, la r&#233;flexion, la r&#233;fraction fait que si je mets ma canne dans l'eau, elle a l'air d'&#234;tre cass&#233;e, n'est-ce pas. Faut la casser avant de la plonger dans l'eau. Alors c'est un boulot, n'est-ce pas. C'est un vrai travail. C'est le travail du styliste. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis-Ferdinand C&#233;line, in Louis-Ferdinand C&#233;line vous parle - 1958 (disques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La versification classique. Comment cette id&#233;e m'&#233;tait-elle venue ? Cela s'&#233;tait tout simplement fait ainsi. Car je voyais en Horace un de mes contemporains. Au m&#234;me titre que Ren&#233; Char, Oskar Loerke ou Einar Malm. C'&#233;tait si na&#239;f que c'en &#233;tait sophistiqu&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tomas Transtr&#246;mer, Les souvenirs m'observent, Le Castor Astral, 2004, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8194;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8194;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt; Dans les rouleaux du temps&lt;/i&gt;, Bertrand Leclair&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'adressant le 26/10/2006, aux participants du s&#233;minaire de l'IFP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut Fran&#231;ais de Presse, Paris 2, S&#233;minaire &#171; La critique impossible ? &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Bertrand Leclair leur d&#233;clare, alors qu'il abandonne la pratique journalistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;cisant (s&#233;minaire du 16/11/2010) : &#171; Devenu critique en 1994, &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si quelque chose risque de me manquer, c'est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment la possibilit&#233; aussi t&#233;nue soit-elle d'exprimer au sein de la sph&#232;re m&#233;diatique si &#233;touffante au quotidien, au c&#339;ur de cette machinerie qui commande et orchestre les repr&#233;sentations de nos vies, d'y exprimer une parole qui tente d'affirmer autre chose, une parole lib&#233;ratoire d'abord pour celui qui l'exprime et peut le faire parce qu'il s'appuie sur la cr&#233;ation litt&#233;raire, v&#233;hiculant autre chose du monde et des hommes, autre chose du langage et de ses puissances auxquelles nul n'&#233;chappe, ni au niveau collectif, ni au niveau individuel. Voil&#224; donc pour conclure une affirmation : cette possibilit&#233; de t&#233;moigner d'une parole vraie d'&#234;tre &#224; &#234;tre dans l'espace m&#234;me o&#249; la parole est vou&#233;e &#224; la transparence est pour moi, ici et maintenant, la dimension la plus pr&#233;cieuse du geste critique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars de ce point pour effectuer un arc avec la fin de &lt;i&gt;Dans les rouleaux du temps&lt;/i&gt; ; l'affirmation y est intacte et plus encore en sa pointe :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; qu'&#224; l'issue de ces &lt;i&gt;Rouleaux du temps&lt;/i&gt; je comprends enfin ce que voulait dire cette phrase que j'ai souvent r&#233;p&#233;t&#233;e alors m&#234;me qu'&#224; chaque fois j'en mesurais pleinement la charge d'idiotie : &#8220; Il me semble impossible de vivre sans avoir lu &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;.&#8221; Je le con&#231;ois enfin : ma phrase ne veut pas du tout dire qu'on ne peut mat&#233;riellement vivre sans avoir lu &lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt;, il suffit de regarder autour de soi pour voir &#224; quel point la chose est non seulement possible mais courante, &#233;videmment. Elle veut dire que, dans la difficult&#233; de vivre qui est la n&#244;tre, &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il est un v&#233;ritable livre de connaissance &#233;crit sous un ciel vide pour &#234;tre lu sous un ciel vide, est parmi tous les livres celui qui m'a rendu de nouveau possible, par instants au moins, le oui de l'enfance : une vraie capacit&#233; &#224; vivre. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui pourrait donc tenir en deux mots : affirmation critique. Mais le d&#233;pli des deux citations pr&#233;cise tant la vis&#233;e que la mani&#232;re dont sont agenc&#233;s ces rouleaux du temps, celui dans lesquels ils nous entra&#238;nent, mais aussi celui qu'ils permettent de retrouver, d'o&#249; la finale proustienne.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rouleaux du temps ? &lt;br&gt;
Voici une occurrence (il en est d'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, celle-ci, qui se r&#233;f&#232;re opportun&#233;ment &#224; la mani&#232;re de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) de l'expression au coeur de &lt;i&gt;Movi Sevaze&lt;/i&gt; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [et j'&#233;crivais, car je te vouvoyais alors, Mad&#232;re, je te vouvoyais dans l'ignorance o&#249; j'&#233;tais pourtant de ton nom et de ton existence, je te vouvoyais pourtant Mad&#232;re, &#233;crivant] : &lt;i&gt;&#233;videmment, &#233;videmment, les rouleaux du temps vous ram&#232;nent toujours face aux m&#234;mes images qui sont comme les principaux tableaux accroch&#233;s aux murs de la vie d'un homme, un clou ici, un clou l&#224;-bas, chaque fois un tableau, il n'y en a pas tant, il y a les grands, et les miniatures, mais ce qui est &#233;trange c'est que leurs dimensions changent sans qu'on s'en aper&#231;oive, et tout &#224; coup celui-ci qu'on ne voyait plus est &#233;crasant comme un couronnement de David, cinq secondes de b&#233;atitude ou de honte vous contemplent, pliez, un genou en terre mon pauvre ami, un genou en terre en attendant le reste, des tableaux, le mot n'est pas tout &#224; fait juste parce que ce si&#232;cle...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Movi Sevaze, aux &#233;ditions Verticales, dont Fr&#233;d&#233;ric Berthet fut un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explication ici donn&#233;e sera pr&#233;texte &#224; proc&#233;der &#224; la fa&#231;on de l'auteur, intriquer histoire personnelle, r&#233;flexion th&#233;orique, geste d'&#233;criture. Je m'attarde donc sur le chapitre IX&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voici les onze (ou douze, c'est selon) : Introduction. Puissances de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des &lt;i&gt;Rouleaux&lt;/i&gt;. Il s'intitule &lt;i&gt;Le pi&#232;ge du langage&lt;/i&gt;, il revient sur &lt;i&gt;Simple journ&#233;e d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Journal de Tr&#234;ve&lt;/i&gt;, de Fr&#233;d&#233;ric Berthet.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;11&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ce qui rompt l'&#233;tat d'innocence, ce n'est pas la sexualit&#233;, mais le langage &lt;/i&gt; (Fr&#233;d&#233;ric Berthet) &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Berthet ? en effet, voici, en 1979, qu'un tout jeune homme (il a alors 25 ans) se signale (entre autres, &#224; mon attention) en dirigeant de main de ma&#238;tre un num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Communication&lt;/i&gt;, dans lequel linguistique, s&#233;miologie et litt&#233;rature - &#244; combien-&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le num&#233;ro 30, pr&#233;sent&#233;, de conserve par Fr&#233;d&#233;ric Berthet et Roland Barthes. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont la part plus que belle. Cela s'intitule &lt;i&gt;La conversation&lt;/i&gt;. J'ai relu, combien sont-ils riches, ses &lt;i&gt;El&#233;ments de conversation&lt;/i&gt; ainsi que sa &lt;i&gt;Conversation &#224; Notre-Dame&lt;/i&gt; (avec Ph. Sollers), qui se cl&#244;t ainsi :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;Paris, 10 novembre 78 &lt;br&gt;
Cher ami, &lt;br&gt;
Pris note pour Matisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'&#171; illustration &#187; : Vue de Notre Dame, 1914, MOMA.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Naturellement, il nous faut maintenant publier cette esquisse de correspondance. Comme s'il n'y avait pas de hors- texte : mais y a-t-il un point de vue romanesque sur l'Incarnation ? Amiti&#233;s, &lt;br&gt;
F. B. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue romanesque ? J'ai guett&#233; une suite &#224; ces travaux et n'en rencontrais pas, songeant plus particuli&#232;rement &#224; des essais). J'ignorais alors, mais je n'&#233;tais pas le seul, que Fr&#233;d&#233;ric Berthet s'employait pr&#233;cis&#233;ment &#224; &#233;laborer le point de vue romanesque qui lui perm&#238;t de &#171; d&#233;jouer les pi&#232;ges du langage &#187;, dans les ann&#233;es qui suivirent (1979-1982) et qui ne devrait me revenir, Bertrand Leclair aidant (et Norbert Cassegrain, &#233;diteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Quinzaine Litt&#233;raire, Trois questions &#224; Norbert Cassegrain &#224; propos de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) que bien des ann&#233;es apr&#232;s, posthum&#233;ment, sous la forme du &lt;i&gt;Journal de Tr&#234;ve&lt;/i&gt;, en 2006 ; ainsi les rouleaux du temps me ramenaient les romans sous forme de nouvelles, (dont le Journal de Tr&#234;ve est la matrice), publi&#233;s &#224; partir de 1986, qui sont la marque de leur auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La bibliographie, h&#233;las trop courte. A minima s'impose Daimler s'en va, pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi lorsque Bertrand Leclair conclut &#224; la suite d'un texte re&#231;u en guise de synopsis d'une possible fiction radiophonique, texte commen&#231;ant par &#171; La grande facilit&#233; d'&#233;crire des lettres... &#187; : &#171; Je crois bien que c'&#233;tait l&#224; l'utopie de Fr&#233;d&#233;ric, une utopie qui tout &#224; la fois entravait son geste, l'entra&#238;nant &#224; l'autocensure, et lui donnait sa formidable puissance d'&#233;motion : atteindre &#224; une langue litt&#233;raire si pure qu'elle &#233;chappe au pi&#232;ge du langage, qui n'est nulle part ailleurs qu'&#224; l'int&#233;rieur de chacun, au creux de sa propre langue. &#187; il invite bien s&#251;r &#224; la rencontre de Berthet &#171; tel qu'en lui-m&#234;me l'&#233;ternit&#233; le chante &#187;, mais aussi &#224; m&#233;diter la lumineuse le&#231;on de l'auteur de &lt;i&gt;Felicidad &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire, p. 27, au chapitre L'&#233;crivain : &#171; L'&#233;crivain &#233;coute la radio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces fameuses &#8220;jeunes filles &#233;blouissantes&#8221; qu'aujourd'hui l'on c&#233;l&#232;bre dans son &#339;uvre ne constituaient pas un mat&#233;riau li&#233; &#224; la mode ou &#224; i'&#233;poque, mais un mat&#233;riau li&#233; &#224; la question fondamentale que travaillent avec acharnement ses carnets. Une fois admis (tr&#232;s t&#244;t) que l'on n'&#233;chappe pas aux &#171; lois de l'esp&#232;ce &#187; [...] une fois pos&#233; que la difficult&#233; d'entrer dans l'&#226;ge adulte n'est pas d'ordre sexuel, comme tout voudrait le faire croire aux adolescents, mais qu'elle est d'ordre linguistique, les jeunes filles, ou plus exactement la fa&#231;on de les dire, de les repr&#233;senter, de se pr&#233;senter et repr&#233;senter face &#224; elles, devenaient l'enjeu logique d'une lutte contre le &#8220;pi&#232;ge du langage&#8221;. Le pi&#232;ge du langage, c'est le sujet principal de ces carnets. Il est omnipr&#233;sent : &#8220;Ce qui rompt l'&#233;tat d'innocence, ce n'est pas la sexualit&#233;, mais le langage&#8221;. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;qu'est ce que &#231;a lui fait, &#224; elle, personnellement ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci pos&#233;, le lecteur parcourra les essais dans l'ordre qui lui viendra. Il y fera provision d'&#233;motion, de r&#233;flexion, peut-&#234;tre de d&#233;couvertes (je songe au si m&#233;connu Piotr Rawicz). En voici un (d'ordre) qui ne vaut que ce qu'il vaut : en jeu, l'identit&#233; narrative de chacun, les rencontres, les circonstances et au gr&#233; de la construction de soi, ce que litt&#233;rature peut vouloir dire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc juste quelques mots, &#233;videmment bien trop rapides, pour retenir quelques impressions de lecture &#8212; au lecteur d'appr&#233;cier l'effort au style, l'&#233;nergie qui le porte &#8212; en t&#226;chant de faire ressortir ce qui les lie ensemble. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut le rappeler, il ne s'agit pas d'un floril&#232;ge, mais d'un plaidoyer passionn&#233; pour &#171; une ancienne et tr&#232;s vague mais jalouse pratique, dont g&#238;t le sens au myst&#232;re du c&#339;ur &#187;, &#233;voqu&#233;e avec la &lt;i&gt;Conf&#233;rence&lt;/i&gt; &#224; Bruxelles en 1890 de Mallarm&#233; sur Villiers de l'Isle Adam, portier de l'Id&#233;al, comme le surnommaient ses contemporains. A cet &#233;gard la th&#233;matique du jugement, du proc&#232;s (Deleuze, Kafka, Artaud) s'affirme d'embl&#233;e avec un ouvrage qui pas plus que &lt;i&gt;Les derniers jours d'un condamn&#233; &#224; mort&lt;/i&gt;, ne figurait dans la biblioth&#232;que de l'&#201;cole Nationale de la Magistrature : &lt;i&gt;L'Apologie de Socrate &lt;/i&gt;, ce dont pourra se rendre compte, &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt;, le journaliste d&#233;p&#234;ch&#233; par &lt;i&gt;&#171; Le Monde de l'&#233;ducation &#187;&lt;/i&gt;. L'amour de la langue, de la mani&#232;re dont elle peut rendre l'&#233;motion justifiera la place de la &#171; trilogie allemande &#187; de C&#233;line et son &lt;i&gt;incarnement&lt;/i&gt;, ne pas m&#233;conna&#238;tre l'abjection n'emp&#234;che pas de reconna&#238;tre l'art du &#034;Proust des pauvres&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des guillemets pour signaler : &#171; Parce qu'il y eut, dans ma vie, cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Grand place est donn&#233;e &#224; H&#233;l&#232;ne Cixous et pas seulement dans le chapitre consacr&#233; au poignant &lt;i&gt;Le jour o&#249; je n'&#233;tais pas l&#224;&lt;/i&gt; o&#249; se lit : &#171; Tout en ce monde et dans les autres d&#233;pend de notre lecture &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#034;rajeunir&#034; : les d&#233;m&#234;l&#233;s d'un adolescent lecteur d'&lt;i&gt;Aur&#233;lien&lt;/i&gt;, bien plus clairvoyant que sa professeure qui lit avec les lunettes de son id&#233;ologie (d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une &#034;petite &#233;cologie des &#233;tudes litt&#233;raires&#034; qui redonne &#224; la lecture toute sa place). Quant &#224; la lecture de &lt;i&gt;Martin Eden&lt;/i&gt;, j'ose esp&#233;rer qu'elle rejoigne quelques uns, quelqu'une (semblable &#224; Ruth Morse) en posant la seule question, essentielle, pour lui, qui reste sans r&#233;ponse : &lt;i&gt;qu'est ce que &#231;a lui fait, &#224; elle, personnellement ?&lt;/i&gt;, elle qui passe souverainement, &#224; c&#244;t&#233; de ce qui, pour lui, est l'essentiel : elle n'entend pas, elle n'entend rien de rien &#224; ce que pourtant il a &#233;crit pour elle, par elle, avec elle. (p. 126 sq.)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ajouter ? pour tel lecteur, l'int&#233;ressera de savoir comment a &#233;t&#233; lu le Sartre &#233;crivain du &lt;i&gt;Mur&lt;/i&gt;, tel autre partira &lt;i&gt;Sur la route&lt;/i&gt; avec Kerouac, telle autre constatera qu'&lt;i&gt;Histoire d'O&lt;/i&gt; est la plus belle lettre d'amour, dont le destinataire secret, pr&#233;facier, avait su se mettre &#224; la hauteur, &#224; la vertigineuse hauteur o&#249; le d&#233;fiait sa ma&#238;tresse.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vous maintenant, de vous plonger, dans &lt;i&gt;Les rouleaux du temps&lt;/i&gt;. Et que la langue p&#232;te ses plombs, comme l'&#233;crit Leclair, quand la joie fait gouffre, comme en cette phrase, pour la route :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce travail qu'avaient fait notre amour-propre, notre passion, notre esprit d'imitation, notre intelligence abstraite, nos habitudes, c'est ce travail que l'art d&#233;fera, c'est la marche en sens contraire, le retour aux profondeurs o&#249; ce qui a exist&#233; r&#233;ellement g&#238;t inconnu de nous, qu'il nous fera suivre. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Car, &#171; Tout en ce monde et dans les autres d&#233;pend de notre lecture &#187; H&#233;l&#232;ne Cixous, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=2717&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le jour o&#249; je n'&#233;tais pas l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bertrand Leclair, &lt;i&gt;Dans les rouleaux du temps&lt;/i&gt;, Flammarion, 2011, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis-Ferdinand C&#233;line, in &lt;i&gt;Louis-Ferdinand C&#233;line vous parle&lt;/i&gt; - 1958 (disques &lt;i&gt;Festival&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tomas Transtr&#246;mer, &lt;a href=&#034;http://www.castorastral.com/collection.php?id_livre=425&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les souvenirs m'observent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Le Castor Astral, 2004, traduction et conception de Jacques Outin, p. 83.&lt;br&gt;
Pour pr&#233;ciser &#171; Comment la versification classique est venue &#187; &#224; Tomas Transtr&#246;mer, ce passage : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Durant la seconde ann&#233;e en Section classique, je commen&#231;ai &#224; &#233;crire des po&#232;mes modernistes. l'&#233;tais aussi attir&#233; par la po&#233;sie classique, et, quand nos cours de latin quittaient le domaine historique, les guerres, les s&#233;nateurs et les consuls, pour passer aux vers d'Horace et de Catulle, je me laissais volontiers glisser dans l'univers po&#233;tique o&#249; le Bouc [surnom du professeur] triomphait. &lt;br&gt;
&#194;nonner ces vers &#233;tait chose &#233;difiante. Cela se passait toujours ainsi : l'&#233;l&#232;ve devait d'abord en lire une strophe, par exemple d'Horace : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Aequam memento rebus in arduis /servare mentem, non secus in bonis /ab insolenti temperatam /laetitia, moriture Delli !&lt;/i&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Traduisez ! hurlait le Bouc &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; D'humeur &#233;gale euh ... souviens-toi que, d'humeur &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;gale ... non ... s&#233;r&#233;nit&#233; de rester d'humeur &#233;gale dans des &lt;br class='autobr' /&gt;
conditions difficiles, et non le contraire ... hum ... non, &#233;galement dans de bonnes conditions ... de t'abstenir de toute joie excessive ... toute joie d&#233;bordante, &#244; mortel Dellius ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte lumineux &#233;tait v&#233;ritablement ramen&#233; au niveau le plus bas. Mais l'instant d'apr&#232;s, dans la strophe suivante, Horace revenait en latin, avec la prodigieuse pr&#233;cision du vers. Cette alternance de banalit&#233; absolue et de sublime pl&#233;nitude m'apprit quelles &#233;taient les conditions de l'existence. Quelque chose pouvait s'&#233;lever dans les airs gr&#226;ce &#224; la forme (La Forme !). Les pattes de la chenille tombaient, les ailes se d&#233;pliaient. Il ne fallait donc pas perdre espoir ! &#187; (&lt;i&gt;Les souvenirs m'observent&lt;/i&gt;, op. cit. pp. 81-82)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut Fran&#231;ais de Presse, Paris 2, S&#233;minaire &lt;a href=&#034;http://ifp.u-paris2.fr/56342062/0/fiche___pagelibre/&amp;RH=IFP-SEMINAIRES-1&amp;RF=IFP-JSEMINAIRE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;La critique impossible ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; avec la collaboration de la &lt;a href=&#034;http://www.m-e-l.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MEL&lt;/a&gt; (Maison des &#233;crivains et de la litt&#233;rature).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;cisant (s&#233;minaire du 16/11/2010) : &#171; Devenu critique en 1994, &#224; la fondation du quotidien &lt;i&gt;InfoMatin&lt;/i&gt;, sans savoir particulier et sans autre autorit&#233; que mon d&#233;sir, je le suis rest&#233; 13 ans dans des journaux aussi diff&#233;rents que les &lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt; ou la &lt;i&gt;Quinzaine litt&#233;raire&lt;/i&gt;. J'ai arr&#234;t&#233; d'exercer la critique voici cinq ans. Quitter le champ critique est un choix, qui ne m'emp&#234;che pas de poursuivre une r&#233;flexion initi&#233;e durant ces ann&#233;es de pratique, et de la poursuivre en particulier dans le cadre de ce s&#233;minaire cr&#233;&#233; ici en 2005 avec Christophe Kantcheff. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, celle-ci, qui se r&#233;f&#232;re opportun&#233;ment &#224; la mani&#232;re de Fr&#233;d&#233;ric-Yves Jeannet, son pr&#233;sent perp&#233;tuel tourbillonnaire, ainsi que Bertrand Leclair d&#233;crit les enchev&#234;trement des versions sur lesquelles revient &#224; de multiples reprises l'auteur. &lt;i&gt;&#171; Avec le fol espoir de saisir, &#224; se lancer ainsi sur une barque de mots dans les rouleaux du temps, dans l'oc&#233;an d&#233;mont&#233; d'une existence priv&#233;e d'ancrage g&#233;n&#233;alogique, de saisir enfin la v&#233;rit&#233; de celui &#224; qui pourtant &#034;appartient cette voix qui susurre les &#233;tapes de la d&#233;possession&#034; &#187;&lt;/i&gt; comme l'&#233;crit ici le critique, de &lt;i&gt;Cyclone&lt;/i&gt; ; La Quinzaine n&#176; 726, 01-11-1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-verticales.com/fiche_ouvrage.php?id=143&amp;rubrique=3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Movi Sevaze&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Verticales, dont Fr&#233;d&#233;ric Berthet fut un des premiers et clairvoyants lecteurs, forme diptyque avec &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.com/livre-La_main_du_scribe-170-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La main du scribe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; au Mercure de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voici les onze (ou douze, c'est selon) : Introduction. Puissances de la litt&#233;rature ; I. Coup de hache au grand th&#233;&#226;tre de la justice ; &lt;i&gt;Apologie de Socrate&lt;/i&gt;, de Platon (traduction d'&#201;mile Chambry) ; II. &#171; Une existence qui est &#224; l'existence ce qu'est le soleil &#224; la lumi&#232;re &#187; &lt;i&gt;Aur&#233;lien&lt;/i&gt;, de Louis Aragon ; III. Enfin une femme avoue, &#224; vous rien qu'&#224; vous &lt;i&gt;Histoire d'O&lt;/i&gt;, de Pauline R&#233;age ; IV. Le fasciste, ce concours de circonstances, ce pourrait &#234;tre moi &lt;i&gt;Le Mur&lt;/i&gt;, de Jean-Paul Sartre ; V. De l'auteur et du lecteur, lequel invente l'autre ? &lt;i&gt;Martin Eden&lt;/i&gt;, de Jack London (traduction de Claude Cendr&#233;e) ; VI. Sarabande ! &lt;i&gt;Sur la route et Les Souterrains&lt;/i&gt;, de Jack Kerouac (traductions respectives de Jacques Houbart et de Jacqueline Bernard) ; VII. Un moment de d&#233;lire, pour la cr&#233;ation ; La trilogie allemande, de Louis-Ferdinand C&#233;line (&lt;i&gt;D'un ch&#226;teau l'autre, Nord et Rigodon&lt;/i&gt;) ; VIII. Les enfants du divorce &lt;i&gt;Villiers de l'Isle-Adam&lt;/i&gt;, de St&#233;phane Mallarm&#233; ; IX. Le pi&#232;ge du langage&lt;i&gt; Simple journ&#233;e d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Journal de Tr&#234;ve&lt;/i&gt;, de Fr&#233;d&#233;ric Berthet ; X. &#171; Tout en ce monde et dans les autres d&#233;pend de notre lecture &#187; &lt;i&gt;Le Jour o&#249; je n'&#233;tais pas l&#224;&lt;/i&gt;, d'H&#233;l&#232;ne Cixous ; XI. On peut donc chuter dans le ciel ? &lt;i&gt;Le Sang du ciel&lt;/i&gt;, de Piotr Rawicz ; Envoi. La vie se d&#233;cha&#238;ne, &#224; l'embouchure &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;, de Marcel Proust.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le num&#233;ro 30, pr&#233;sent&#233;, de conserve par Fr&#233;d&#233;ric Berthet et Roland Barthes. Voici une partie de l'argument :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il existe d&#233;j&#224; des approches scientifiques de la conversation [...]. Elles rel&#232;vent de cette partie de la s&#233;miologie, longtemps d&#233;laiss&#233;e qu'on appelle, &#224; la suite des auteurs anglo-saxons, la pragmatique ou &#233;tude du langage en acte, observ&#233;, non dans l'immanence du message verbal, mais dans le jeu r&#233;el de ses partenaires - jeu qui suppose l'exercice d'une disposition du langage dont on s'occupe de plus en plus : le sous-entendu (ou l'implicite). &lt;br&gt;
Cependant &#224; c&#244;t&#233; de ces analyses, une place importante a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; la litt&#233;rature. Les raisons th&#233;oriques de ce privil&#232;ge ne manquent pas, et il faut les assumer. D'abord, comme l'un de nous a l'occasion de l'&#233;crire &lt;i&gt;[Le&#231;on inaugurale&lt;/i&gt;, Coll&#232;ge de France], la litt&#233;rature, en tout cas celle du pass&#233; est une &lt;i&gt;math&#233;sis&lt;/i&gt; : elle prend en charge et met en sc&#232;ne (ne serait que par touches, allusions, r&#233;f&#233;rences), non la science, mais des savoirs ; &#233;tant elle-m&#234;me une pratique de langage du plus haut niveau (ce qu'on appelle : &#233;criture) elle donne un privil&#232;ge constant &#224; toutes les conduites humaines qui passent par le langage ; l'une de ses fonctions est de reproduire exemplairement des modes des inflexions de discours. &lt;br&gt;
Chaque fois, donc, que les sciences sociales ont &#224; traiter d'un objet de langage (ou, pour &#234;tre pr&#233;cis, d'un discours), elles auraient bien tort de ne pas recourir au corpus litt&#233;raire ; sans doute, sauf exception (nous pensons &#224; Proust) elles n'y trouveront pas des &#034;analyses&#034;, des explications&#034;, mais, en contrepartie, des descriptions, des reproductions, des simulacres, si bien agenc&#233;s, que l'intelligence premi&#232;re du propos se double virtuellement d'une intelligence th&#233;orique et comme structurale du langage lui-m&#234;me ; avec un enthousiasme &#224; peine excessif, on pourrait dire que, s'agissant de ces pratiques, la litt&#233;rature poss&#232;de les avantages de la science (scrupule de l'observation, intelligibilit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne), mais non ses inconv&#233;nients (r&#233;duction et aplatissement du sujet qui parle). &#187; &lt;br&gt; Tous les articles de ce num&#233;ro m&#233;morable sont t&#233;l&#233;chargeables &#224; &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/comm_0588-8018_1979_num_30_1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de l'&#171; illustration &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/ND1914.jpg&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/jpg/ND1914.jpg','lettre-de-la-magdelaine.net','scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=408,Height=640,resizable=no');return false;&#034;&gt; &lt;i&gt;Vue de Notre Dame&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1914, MOMA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Quinzaine Litt&#233;raire, &lt;i&gt;Trois questions &#224; Norbert Cassegrain&lt;/i&gt; &#224; propos de Fr&#233;d&#233;ric Berthet, n&#176; 933, 01-11-2006, p. 14, dont cette r&#233;ponse : &#171; Pour de multiples raisons, le roman auquel vous faites allusion est rest&#233; inachev&#233;. Mais l'id&#233;e de publier son &#339;uvre compl&#232;te s'est impos&#233;e rapidement, instinctivement pourrait-on dire. Le paradoxe n'est qu'apparent, puisque l'objectif &#224; atteindre n'est pas l'int&#233;gralit&#233;, mais l'int&#233;grit&#233; de son exp&#233;rience litt&#233;raire, son impressionnante unit&#233; &#187;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Norbert Cassegrain est &#233;galement l'&#233;diteur des &lt;i&gt;Correspondances&lt;/i&gt; (1973-2003) aux &lt;a href=&#034;http://www.editionslatableronde.fr/auteur.php?id_aut=10896&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions de la Table ronde&lt;/a&gt;, janvier 2011. Un rendez-vous &#224; ne pas manquer pour tous ceux qui auront aim&#233;, aimeront cette &#233;criture. Y figurent de nombreux &#233;changes avec Pierre Bayard, Michel D&#233;on, Jean &#201;chenoz, dont on ne r&#233;siste pas &#224; citer :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Paris, le 9 janvier 86 &lt;br&gt;
Cher ami, &lt;br&gt;
Merci de m'avoir envoy&#233; ton ouvrage. Je l'ai lu, il m'a plu, c'est un ouvrage tr&#232;s &#233;l&#233;gant, plein de belles phrases et de belles fureurs masqu&#233;es. La preuve qu'il m'a (sinc&#232;rement) plu, c'est que je l'ai lu : il n'arrive &#224; peu pr&#232;s jamais que je lise les livres qu'on m'envoie. D'ailleurs on ne m'en envoie pas tellement. D'ailleurs je lis tr&#232;s peu. J'y ai pris grand plaisir, donc : j' aimerais bien que tu publies rapidement un roman, si tu as cinq minutes ; penses-y. &#187; &lt;br&gt;Sans omettre ce repentir :&lt;br&gt;
Je relis ce premier paragraphe : &#171; belles phrases et belles fureurs masqu&#233;es &#187;, quelle connerie. Pourtant &#231;a ne voulait pas rien dire. Je me serai mal exprim&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(p. 173-174)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La bibliographie, h&#233;las trop courte. A minima s'impose &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionslatableronde.fr/ouvrage.php?id_ouv=I23193&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Daimler s'en va&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, pour entrer en mati&#232;re, d'autant que publi&#233; en poche. Mais tout est &#224; lire, &lt;i&gt; Simple journ&#233;e d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Felicidad&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Paris-Berry&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A lire, p. 27, au chapitre &lt;i&gt;L'&#233;crivain&lt;/i&gt; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;crivain &#233;coute la radio pendant qu'il fait couler son bain. &lt;br&gt; &#8212; &#199;a ferait un bon slogan, ricane-t-il, France-Culture, la radio qu'on &#233;coute pendant qu'on fait couler son bain.&lt;br&gt; Il est question d'une &#233;mission sur les pr&#233;n&#233;andertaliens. L'&#233;crivain pique un fou rire. Il s'agit ensuite des habitudes culinaires des Europ&#233;ens. L'&#233;crivain pique un autre fou rire. Apr&#232;s, une table ronde &#233;voque la pens&#233;e politique de Rousseau. L'&#233;crivain se tord de rire par terre, puis redevient d'un seul coup s&#233;rieux.&lt;br&gt; &#8212; En somme, dit-il au chat, tout le monde s'int&#233;resse &#224; tout, sauf &#224; ce que je suis en train d'&#233;crire. &lt;br&gt;
Mais, que suis-je en train d'&#233;crire ? se demande l'&#233;crivain. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soup&#231;onne &lt;i&gt;Hors piste&lt;/i&gt;, l'une des nouvelles de &lt;i&gt;Felicidad&lt;/i&gt;, d'avoir donn&#233; son nom aux chroniques de Bertrand Leclair dans la Quinzaine autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des guillemets pour signaler : &lt;br&gt;&#171; Parce qu'il y eut, dans ma vie, cette rencontre avec l'autre Proust. Le Proust des pauvres, de m&#233;chantes langues ont ainsi nomm&#233; C&#233;line. Le Proust d'en bas... C'est bien &lt;br class='autobr' /&gt;
cela, je crois qu'entre les deux Proust le hasard, pour moi, a &lt;br class='autobr' /&gt;
choisi. En somme, j'ai h&#233;rit&#233; du mauvais Proust. &#187; &lt;br&gt;
Philippe Bonnefis (v. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=2656&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Rappel des oiseaux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) r&#233;pond &#224; la question d'Omar Merzoug : &#171; J'observe que dans vos travaux il y a un grand &lt;br class='autobr' /&gt;
absent : Proust. Pourquoi ? &#187; &lt;br&gt;La Quinzaine litt&#233;raire, n&#176; 995 parue le 01-07-2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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