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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>et, singuli&#232;rement, un romancier de la pens&#233;e</title>
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		<dc:date>2006-11-06T16:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Kierkegaard, S&#248;ren</dc:subject>
		<dc:subject>Delecroix, Vincent</dc:subject>
		<dc:subject>Sollers, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Bespaloff, Rachel</dc:subject>
		<dc:subject>Bousquet, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Cugno, Alain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;06/11/2006 &#8212; Vincent Delecroix, S&#248;ren Kierkegaard ; Philippe Sollers, Alain Cugno, Rachel Bespaloff&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot610" rel="tag"&gt;Kierkegaard, S&#248;ren&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot611" rel="tag"&gt;Delecroix, Vincent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot612" rel="tag"&gt;Sollers, Philippe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot667" rel="tag"&gt;Bespaloff, Rachel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1049" rel="tag"&gt;Bousquet, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1050" rel="tag"&gt;Cugno, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ecrire, oui, jour et nuit, tel est son choix, son pari, sa respiration, sa vie plus vivante que la vie, sa certitude. De lui, un certain Kafka, &#224; Prague, dira plus tard : &#034; Son cas est tr&#232;s semblable au mien. En d&#233;pit de diff&#233;rences essentielles, il est situ&#233; pour le moins du m&#234;me c&#244;t&#233; du monde. Il me confirme comme un ami. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;un essai, une traduction, un roman : Vincent Delecroix passe d'une table &#224; l'autre comme son mod&#232;le av&#233;r&#233; : S&#248;ren Kierkegaard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien ch&#232;re Magdelaine&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu sais pertinemment, que, depuis un beau jour de 1993, je suis tout kierkegaardis&#233; - je fais ce que je crois pouvoir - (oui ce jour-l&#224; fut beau et plus que beau), Philippe Sollers (je ne croyais aimer en lui que le m&#233;lomane plus qu'averti - ah Sade avec Mozart ! le quintette pour clarinette - , et l&#224; le mot jouissance employ&#233; me semble &#224; qui mieux-mieux dans des &#233;crits sem&#233;s &#224; tous vents, semblait agir &#224; la mani&#232;re du &#034;&lt;i&gt;Flecte quod est rigidum, Fove quod est frigidum&lt;/i&gt;&#034; si tu sens - je l'esp&#232;re, Tudieu ! - ce que je veux dire, douce effraction du sensible indiscernable de son intelligible (entre parenth&#232;ses G&#246;del, pas besoin de th&#233;or&#232;me pour l'ind&#233;cidable : la jouissance est sans pourquoi) - l'homme du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; comme disent certains, nous gratifiait d'un extraordinaire article que j'ai soigneusement conserv&#233; : j'observe d'ailleurs qu'il n'a pas vieilli (l'article). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te dis donc le bel article d'un autodidacte de talent : &lt;i&gt;Kierkegaard et le paradoxe absolu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;paru dans l'&#233;dition du 19.11.93&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et en guise de chapeau ! : &#171; Intelligence, souplesse s&#233;rieuse, dr&#244;lerie insidieuse, foi magnifique : le philosophe danois est un romancier de la pens&#233;e &#187;. &lt;br&gt;
L'auteur parle de lui ? why not ?
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le &#034;Bouquins&#034; qui fut l'occasion de cet article, il y eut beaucoup de livres : il n'en manque pas ! ceux d'Andr&#233; Clair et aussi un &lt;i&gt;Christ de Kierkegaard&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Fran&#231;ois Bousquet Devenir chr&#233;tien par passion d'exister, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, beau travail philosophique autant que th&#233;ologique, malheureusement confin&#233; &#224; une sph&#232;re elle-m&#234;me confin&#233;e pour le plus grand dommage des confineurs (&#224; quand la tr&#234;ve ?) et des confin&#233;s (un peu d'air, dans l'article de Christine Baron dans la s&#233;rie &lt;i&gt;Les philosophes lecteurs&lt;/i&gt;, sur le site Fabula&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Baron, Kierkegaard inconnu. R&#233;cit contre concept ; Fabula LHT (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;confinons ! Je te donne ce passage (qui cite abondamment &amp; heureusement &lt;i&gt;La maladie &#224; la mort&lt;/i&gt; ), qui me remplit tellement et me permettra de te parler de Vincent Delecroix.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;&#171; Mais voici Kierkegaard m&#233;decin, dans son dernier grand livre : la Maladie &#224; la mort. Le &#034; saut &#034; dans la foi n'est en effet possible qu'en &#233;chappant au vertige du d&#233;sespoir et ce saut, autre paradoxe, existe dans la possibilit&#233; m&#234;me de la mort. Le d&#233;sespoir est la &#034; maladie &#224; la mort &#034; parce qu'il est une &#034; maladie du moi qui consiste &#224; mourir sans cesse, &#224; mourir sans mourir, &#224; mourir la mort. Car mourir signifie que tout est fini, mais mourir la mort, c'est vivre le mourir, et le vivre un seul instant, c'est le vivre &#224; jamais. &#034; Le d&#233;sesp&#233;r&#233; ne &#034; peut pas la mort &#034;, il s'en tient au mourir (le sien et celui des autres). &lt;br&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une autoconsomption, &#034; d'une inflammation, d'une gangr&#232;ne, d'un corrosif dont l'action s'exerce toujours vers le dedans et p&#233;n&#232;tre toujours plus dans l'impuissance &#224; se consumer &#034;. Ecoutez bien : les d&#233;sesp&#233;r&#233;s, gais ou m&#233;lancoliques vous parlent, ils voudraient se d&#233;faire d'eux-m&#234;mes, mais c'est impossible. Le d&#233;sesp&#233;r&#233; est &#034; clou&#233; &#224; son moi &#034;, &#034; il est contraint d'&#234;tre le moi qu'il ne veut pas &#234;tre &#034;. Or rien n'est plus pr&#233;cieux que le moi, &#034; infime concession faite &#224; l'homme et en m&#234;me temps exigence de l'&#233;ternit&#233; sur lui &#034;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit j'oublie ce moi dans une sentimentalit&#233; abstraite, narcissique, fantastique, illimit&#233;e qui finit par invoquer &#034; l'humanit&#233; &#034;, en justifiant par l&#224; n'importe quel gaspillage de vies humaines (quand ce ne sont pas des massacres) ; soit je confonds ce moi, en me r&#233;signant &#224; &#234;tre &#034; spirituellement ch&#226;tr&#233; &#034; avec les exigences des autres, de la foule, en n'&#233;tant plus, donc, qu'un &#034; num&#233;ro, un homme de plus, une r&#233;p&#233;tition nouvelle de la m&#234;me uniformit&#233; &#034;. La maladie &#224; la mort est donc emphase humanitaire sur fond de tuerie, ou consentement &#224; l'aplatissement m&#233;canique : on croirait lire la d&#233;finition de notre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par rapport &#224; cette description aussi exacte que percutante, Kierkegaard, avec audace, pose la possibilit&#233; d'un h&#233;ro&#239;sme chr&#233;tien : &#034;L'h&#233;ro&#239;sme chr&#233;tien, et vraiment il est assez rare de le rencontrer, consiste &#224; oser devenir enti&#232;rement soi-m&#234;me, un homme individuel, cet homme pr&#233;cis que je suis, seul devant Dieu. &#034; Car voici le jugement dernier : &#034; Quand un jour se sera vid&#233; le sablier de la temporalit&#233; ; quand les bruits du monde se seront tus et que l'agitation f&#233;brile ou oiseuse aura pris fin ; quand tu seras environn&#233; du calme de l'&#233;ternit&#233; ; qui que tu sois, homme ou femme, riche ou pauvre, heureux ou malheureux (...) l'&#233;ternit&#233; te demandera, comme &#224; chacun de ces millions de millions d'humains, une chose uniquement ; elle te demandera si tu as v&#233;cu d&#233;sesp&#233;r&#233; ou non (...) Et si tu as v&#233;cu d&#233;sesp&#233;r&#233;, que tu aies gagn&#233; ou perdu, tout alors est perdu pour toi ; l'&#233;ternit&#233; ne te conna&#238;t pas, elle ne t'a jamais connu ou, chose plus terrible encore, elle te conna&#238;t comme tu es connu, elle te rive &#224; ton moi dans le d&#233;sespoir ! &#034; Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Remplacer chr&#233;tien par homme (femme) ou humain. Amen.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire Duras et Blanchot (et bien s&#251;r Nancy, Derrida et des tutti qui sont sans doute quanti) &#224; cette aune, voil&#224; qui recadre. Tout comme les propos (et la vie et l'&#233;criture) de Kafka.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Singuli&#232;re Philosophie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vincent Delecroix ? Appris &#224; le conna&#238;tre un peu, avec les &#233;missions de Francesca Piolot (&#224; craindre que le bail ne soit pas renouvel&#233; sur France-Culture) o&#249; il donnait une chronique philosophique. Un brin de recherche et je faisais connaissance via la m&#233;diath&#232;que des textes de fiction.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034; &#8212; Retour &#224; Bruxelles, Actes Sud, 2003 &#8212; A la porte, Gallimard, 2004&#8212; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, un essai sur Kierkegaard, une traduction et un roman (quatri&#232;me ouvrage &#034;litt&#233;raire&#034;) inscrivent Vincent Delecroix dans ce que je qualifierais fort paresseusement de &#171; paysage intellectuel &#187; (je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout content de cette expression convenue, fausse, je devrais dire plus s&#251;rement &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; paysage intellectuel (mais &#171; on &#187; va dire que je me la p&#232;te, tu connais &#034;les gens&#034; !) et je pense davantage &#224; l'essai, &#224; la traduction et aux articles sur Kierkegaard ; et puisque le langage &#233;conomique envahit tout, l&#224;, je puis dire sans sourciller (c'est une image) qu'il y a de &#034;la valeur ajout&#233;e&#034; !)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Vincent Delecroix ne manquent pas les certifications requises, &#231;a aide sans doute un peu dans notre univers b&#234;ta ; en tous cas la profondeur de sa r&#233;flexion n'est qu'&#224; lui, et comme pour S&#248;ren, il n'y a que &#231;a qui soit int&#233;ressant : libert&#233; souveraine (merci Georges B.) du lecteur - quand il aura compris que c'est lui - pas son porte-monnaie, ni la pub, mais son &lt;i&gt;interior intimo suo&lt;/i&gt; qui fait la d&#233;cision (nous voil&#224; d&#233;j&#224; en terres kierkegaardiennes (la ferme ou l'&#233;glise ? : la ferme !)) : la molle chr&#233;tient&#233; du Danemark dix-neuvi&#232;mien est-elle pire que l'&#233;mollient - soft (si soft ?) totalitarisme consum&#233;riste lisible dans chacun de nos kiosques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ronchonne b&#234;tement alors que justement l'ami S&#248;ren est tr&#232;s certainement une aide pour garder les yeux ouverts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il t'en souvient, &lt;i&gt;La Reprise&lt;/i&gt; (hum, hum) lue par Bespaloff ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note sur Cheminements et carrefours.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point Vincent Delecroix, en donnant &#224; la fois son essai et sa traduction ouvre limpidement &lt;i&gt;poetice et philosophice&lt;/i&gt; les chemins d'une pens&#233;e (et des moyens qu'elle se donne, grossi&#232;rement dit fictions et variations h&#233;t&#233;ronymiques) avec laquelle il est en empathie manifeste -faible expression- et dont il dessine une architecture des plus lisibles en tous cas perceptible : un signe diacritique, j'exag&#232;re, et tout est expliqu&#233;. Allons-y, il y a &#171; Kierkegaard &#187; et Kierkegaard. Tu me suis ? Enfin, tu le suis. Les guillemets signale un auteur parmi toute une s&#233;rie : Climacus, Anti-Climacus, Johannes de Silentio. Quand il n'y en a pas, c'est l'Auteur qui les concilie tous.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quod erat demonstrandum. H&#233;, h&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kierkegaard [...] nous dit Vincent Delecroix, en quatri&#232;me de son essai, &lt;i&gt;Singuli&#232;re philosophie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Singuli&#232;re philosophie aux &#233;ditions du F&#233;lin.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; invente surtout une nouvelle mani&#232;re de philosopher. Car la &#171; pens&#233;e existentielle &#187;, une philosophie qui veut penser le fait m&#234;me de l'existence dans ce qu'il a d'irr&#233;ductible au Concept, n&#233;cessite un autre discours- une autre fa&#231;on de parler, de b&#226;tir des concepts, mais aussi de s'adresser au lecteur et de se faire comprendre de lui. Et pour remplir cette exigence, la litt&#233;rature peut venir au secours de la philosophie : elle construit des fictions et installe un philosophe en premi&#232;re personne dans un discours jusqu'alors funestement vou&#233; &#224; l'impersonnalit&#233;, elle se donne un lecteur singulier et des jeux complexes de repr&#233;sentation qui doivent indiquer ce qui &#233;chappe g&#233;n&#233;ralement &#224; l'objectivit&#233; du discours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y voil&#224; : un philosophe qui dit &#171; Je &#187; ne peut que s'efforcer au style. Et les h&#233;t&#233;ronymes font alors le jeu de la pens&#233;e, la pens&#233;e des je.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction : La place du discours kierkegaardien est &#224; cet &#233;gard des plus pr&#233;cieuses, qui &#233;voque &lt;i&gt;la jungle affable du lectorat&lt;/i&gt;, situe clairement les enjeux : le philosophique, le religieux, la structuration temporalis&#233;e de l'oeuvre au service de l'id&#233;e essentielle : le &#034;devenir chr&#233;tien&#034; (on comprend que Fran&#231;ois Bousquet ajoute &#171; par passion &#187; lorsqu'on songe au pol&#233;miste, &#224; l'ironiste, au choix de vie dont Regina Olsen et Kierkegaard firent les frais.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois textes que Vincent Delecroix nous donne en guise d'appendices, forment comme une postface et/ou une conclusion &#224; l'essai : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Le premier &lt;i&gt;Le roman de formation&lt;/i&gt; selon Kierkegaard &#171; La R&#233;p&#233;tition &#187; &lt;br&gt;
&#8211; Le second &lt;i&gt;L'Usage de la fiction&lt;/i&gt; dans &#171; Crainte et Tremblement &#187;&lt;br&gt;
&#8211; Le troisi&#232;me &lt;i&gt;Histoire en miettes&lt;/i&gt; et lecture explosive&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titres et r&#233;f&#233;rences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je note en particulier, que dans Cheminements et carrefours, c'est sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soulignent bien le projet philosophique de Kierkegaard selon Vincent Delecroix, pointent aussi le protocole de lecture de l'oeuvre. De mon point de vue, un auteur comme Jean Grosjean r&#233;alise dans ses petites fictions, le programme de rendre contemporains du lecteur ses personnages bibliques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kleist et Clausewitz ne font pas exception, je me plais &#224; r&#234;ver ce qu'aurait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et plus encore le &#171; messie &#187; et son interpellation au pr&#233;sent. Je ne m'&#233;tonne gu&#232;re alors que parmi les projets de recherche de Vincent Delecroix figure : &#171; L'usage de la fiction dans le discours de v&#233;rit&#233; : de la parabole &#224; la litt&#233;rature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bon h&#233;g&#233;lien (voir La Toussaint) Pierre Bergounioux d&#233;plore qu'&#224; l'or&#233;e de l'existence n'ait pas &#233;t&#233; fourni par la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente le &#034;petit d&#233;pliant&#034; pour nous orienter en cette vie et dont il s'avise que c'est la derni&#232;re chose &#224; laquelle on ait pens&#233;. En bon &#034;chevalier de la foi&#034; (dans les Lumi&#232;res), l'&#233;colier limousin, a cru &#224; la Promesse (la science -des rapports sociaux- la litt&#233;rature, et m&#234;me l'&#233;cole si d&#233;cevante parfois). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais affirmer que le chapitre VI de la deuxi&#232;me partie (le livre en comporte deux : I. Philosopher ; II. Ecrire) constitue une mani&#232;re de r&#233;ponse &#224; cette interpellation, selon laquelle il y aurait une &#034;carte&#034; possible des possibles, c'est toute la probl&#233;matique de l'&#233;ducation, de la transmission, il ne suffit pas plus de prendre le Palais d'Hiver, que de confier les jeunes aux &#034;bons p&#232;res&#034; (quelle expression quand on y songe !). Bon, voil&#224; donc o&#249; je veux en venir : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avoir un lecteur, le perdre, le retrouver&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
Je &#171; d&#233;plie &#187; (hu, hu) : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ecrire &#224; quelqu'un, L'invention du lecteur, L'art de la lecture en images, Abandonner le lecteur ... et dispara&#238;tre&lt;/i&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Exercice en christianisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne dispense pas d'aller au &#034;monument Kierkegaard&#034;. L&#224; il faut saluer le courage de l'&#233;diteur :&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exercice en christianisme, Les &#233;ditions du f&#233;lin&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et celui du traducteur (VD), qui a en quelque sorte mis en pratique les pr&#233;conisations de son essai (oui un essai, pas un abstract, ou une vague introduction). En effet, voil&#224; un titre sp&#233;cialement vendeur &lt;i&gt;Exercice en christianisme&lt;/i&gt;, avec en couverture &lt;i&gt;L'homme de douleurs&lt;/i&gt; d'Albert D&#252;rer. L'objet du livre, je te rassure, n'est pas de se flageller.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me de couverture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ind&#248;vefse i Christendom [Exercice en christianisme] para&#238;t en 1850. Publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est sp&#233;cialement &#233;loquente, tout comme la Pr&#233;sentation : &lt;i&gt;L'ach&#232;vement de la pens&#233;e existentielle&lt;/i&gt;. &lt;br&gt; Limpide la distinction : savoir de l'Absolu/rapport &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; l'Absolu ; je cite :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; ce titre, l'Exercice fournit encore une fois la clef de toute l'entreprise discursive. La philosophie sp&#233;culative s'ach&#232;ve dans le Savoir absolu, c'est-&#224;-dire dans un savoir de l'Absolu (par lui-m&#234;me) ; la pens&#233;e de l'existence s'ach&#232;ve dans un discours sur le rapport &#224; l'Absolu. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux Exercices I, II et III, ce sont trois grandes m&#233;ditations sur la Parole : &lt;br&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Venez &#224; moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, moi je vous donnerai le repos&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Bienheureux celui qui ne se scandalise pas de moi !&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
&#8211; &lt;i&gt;De sa hauteur il attirera tous les hommes &#224; lui&lt;/i&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Delecroix a raison de dire que ce livre n'est rien de th&#233;ologique, mais l'&#233;nonc&#233; des Exercices en sugg&#232;re n&#233;anmoins la haute teneur spirituelle (Atmosph&#232;re, &#233;crit S&#248;ren Kierkegaard). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rester philosophe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rester en kierkegaardie et changer de registre, c'est possible, et les 160 pages du quatri&#232;me ouvrage de fiction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Delecroix Ce qui est perdu, Gallimard, 2006.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Vincent Delecroix y m&#232;nent d&#232;s le double exergue :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ecris &#8212; Pour qui ?&lt;br&gt;
&#8212; Pour les morts, pour ceux que tu aimes,&lt;br&gt;
dans un monde qui fut&lt;br&gt;
&#8212; Mais le liront-ils ? Non ! &#187;
&lt;br&gt;
Kierkegaard, &lt;i&gt;Papirer&lt;/i&gt;, IV A 126 (1843)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Franchement, tu crois qu'elle en valait&lt;br&gt;
vraiment la peine ? &#187;
&lt;br&gt;
Abel&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et d'indiquer en d&#233;dicace : &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Je ne vois vraiment pas pourquoi, apr&#232;s tout,&lt;br&gt;
je te d&#233;dierais ce livre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce pour d&#233;tendre &#171; l'atmosph&#232;re &#187; ? On peut lire dans le &lt;i&gt;Monde des livres&lt;/i&gt; du 1/09/06 : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre &lt;i&gt;philofiction&lt;/i&gt; et tragicom&#233;die, entre l'aigre et le doux, &lt;i&gt;Ce qui est perdu&lt;/i&gt; est l'une des plus r&#233;jouissantes surprises litt&#233;raires de cette rentr&#233;e. On y oublie ses rep&#232;res, on y laisse tomber quelques certitudes, on y perd son latin peut-&#234;tre, mais certainement pas son temps. Non, ce d&#233;licieux moment pass&#233; en sa compagnie - et qui donnera certainement envie d'aller voir ses autres livres - n'est pas perdu. Pas perdu du tout. &#187; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci : &#171; aller voir ses autres livres &#187; ne convainc pas du tout (passons sur le clich&#233; : &#171; une des plus r&#233;jouissantes surprises litt&#233;raires de cette rentr&#233;e &#187; &#8212; une phrase-marronnier &#8212; quelle flemme quand m&#234;me !), sauf bien s&#251;r, s'il s'agit des fictions !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me vois venir ? Certes, &#034;on&#034; ne se refait pas !&lt;br&gt;
Je fais donc un effort !&lt;br&gt; Comme il y a des &#034;tue-l'amour&#034;, il y des &#034;tue-la-lecture&#034; et ce genre de phrases a le don de me faire fuir... il y en d&#233;j&#224; assez avec les devantures des kiosques, les slogans incultes des magazines, et les &#171; sujets &#187; atterrants de la PQR.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, il s'agit peut-&#234;tre de &#171; Vincent Delecroix &#187; qui &#224; l'instar de son illustre mentor, avance masqu&#233;, pour nous d&#233;livrer des sujets graves (je souligne et maintiens l'ambivalence du &lt;i&gt;des&lt;/i&gt;), avec le sourire, pour pr&#233;parer son lecteur &#224; aborder les autres &#233;crits de Vincent Delecroix. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beau sujet de r&#233;flexion en tous cas. Allez je te sers ceci : &#171; d'&#233;poque &#187; ? &#199;a le fait, n'est-ce pas ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit la proposition de Vincent Delecroix est en coh&#233;rence avec celle du &#171; studio fictionnel &#187; (in &lt;i&gt;Singuli&#232;re philosophie&lt;/i&gt;, p. 149&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le studio fictionnel Par la litt&#233;rature ou la po&#233;sie, d&#233;faire le Logos, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et cette d&#233;claration : &#171; J'aime l'id&#233;e que, par d&#233;finition, nous ne soyons jamais assur&#233;s de ce qui est vrai. Qu'il faille toujours en d&#233;cider et que, toute notre vie, nous jouons avec &#231;a. M&#233;langer le r&#233;el et la fiction, j'en suis persuad&#233;, est tr&#232;s exactement ce qui nous sauve et, Dieu merci, par un effet n&#233;cessaire de la parole, nous ne pouvons jamais y &#233;chapper. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe ausi comme si elle remplissait le &#171; programme &#187; cit&#233; plus haut :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avoir un lecteur, le perdre, le retrouver&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
....................................................................................................................&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; The day after &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc des conversations &#233;crites, comme dialogues rabout&#233;s par un pseudo-monologue int&#233;rieur qui comprend lui-m&#234;me sa propre conversation fictive avec &#171; l'ex &#187;, et quelques autres &#171; protagonistes &#187; pour convaincre qu'au travers de la r&#233;daction d'une biographie du philosophe danois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'&#233;cris, ai-je dit, la biographie de quelqu'un qui a &#233;t&#233; l'homme le plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, seraient r&#233;v&#233;l&#233;es sa nature et sa sensibilit&#233; profondes (on pourrait penser dans un registre diff&#233;rent au principe de la mythobiographie ch&#232;re &#224; Louis-Combet).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humour, la culture, donc l'ironie de l'auteur donnent effectivement un tour agr&#233;ablement [divertissant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La &#171; d&#233;dicace &#187;, indique : &#171; J'esp&#232;re que ce roman saura vous divertir, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; ces quelques 160 pages qui n'ont jamais le temps de peser, mais tout en donnant quelques aper&#231;us sur la mani&#232;re de &lt;i&gt;rester philosophe&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le souligne malicieusement le bandeau rouge des &#233;ditions Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, face &#224; la &#171; blessure amoureuse &#187;. Je ne serais gu&#232;re &#233;tonn&#233; qu'ici Vincent Delecroix ait song&#233; &#224; Alain Cugno, auteur d'un essai ayant ce titre en 2004 (&#233;ditions du seuil) , et sous-titr&#233;, &lt;i&gt;essai sur la libert&#233; affective.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Cugno, La blessure amoureuse, essai sur la libert&#233; affective, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faut avouer qu'alors que j'&#233;tais plut&#244;t sceptique &#224; l'&#233;num&#233;ration un peu saugrenue de la quatri&#232;me de couverture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; pourquoi il y a des &#233;pis de ma&#239;s grill&#233;s trop sal&#233;s &#224; la station La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le plaisir surgit bien davantage que de l'habilet&#233; de l'auteur et de sa ma&#238;trise quasi shand&#233;enne de la narration, mais de la justesse des &#233;motions : la lectrice d&#233;sir&#233;e du narrateur n'est autre que nous-m&#234;me (toi, moi, et tous ceux qui aiment), et le &#034;retour durable et d&#233;finitif&#034; de la fiction dans la philosophie pourrait &#224; ce conte (oui conte) &#234;tre envisag&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;paru dans l'&#233;dition du 19.11.93&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De &lt;a href=&#034;http://www.icp.fr/faculte_de_theologie/cv_bousquet.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bousquet&lt;/a&gt; &lt;br&gt; Devenir chr&#233;tien par passion d'exister, Editions Descl&#233;e, Collection J&#233;sus et J&#233;sus-Christ n&#176; 76. ISBN : 2-718-90945-5. Litt&#233;rairement passionnant. si fort logiquement, le livre est habit&#233; par le projet confessionnel de l'auteur, un lecteur qui en serait &#233;loign&#233; n'y perdrait pas pour autant son Kierkegaard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Baron, &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/lht/1/Baron.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kierkegaard inconnu. R&#233;cit contre concept&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; Fabula LHT (Litt&#233;rature, histoire, th&#233;orie), n&#176;1, 01 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#8194;&lt;br&gt;
&#8212; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-francophone/retour-bruxelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Retour &#224; Bruxelles&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; Actes Sud, 2003 &lt;br&gt;&#8212; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/gallimard-cgi/Appli_catal/fs_detail.pl?fctx=1162894103&amp;loa=1&amp;nutitre=10050324&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la porte&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Gallimard, 2004&lt;br&gt;&#8212; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.actes-sud.fr/ficheud.php?codeud=AS0166&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La preuve de l'existence de Dieu&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2004&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href='http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article113' class=&#034;spip_in&#034;&gt;note&lt;/a&gt; sur &lt;i&gt;Cheminements et carrefours&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsdufelin.com/o-s-cat-r-427.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Singuli&#232;re philosophie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; aux &#233;ditions du F&#233;lin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je note en particulier, que dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.vrin.fr/html/main.htm?action=loadbook&amp;isbn=2711617165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cheminements et carrefours&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, c'est sur ceux-ci que s'attarde -brillamment- Rachel Bespaloff&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kleist et Clausewitz ne font pas exception, je me plais &#224; r&#234;ver ce qu'aurait &#233;t&#233; un Kierkegaard selon Grosjean&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Exercice en christianisme&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.editionsdufelin.com/o-s-cat-r-316.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;ditions du f&#233;lin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ind&#248;vefse i Christendom [Exercice en christianisme] para&#238;t en 1850. &lt;br&gt;
Publi&#233; sous le nom d'Anti-Climacus, c'est le dernier grand livre pseudonyme de Kierkegaard et peut-&#234;tre le moins lu. Rassemblant trois grandes m&#233;ditations sur la Parole, il constitue pourtant, &#224; de nombreux points de vue, l'ach&#232;vement d'une production particuli&#232;rement abondante, extraordinairement diversifi&#233;e et d&#233;routante. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ach&#232;vement, d'abord, d'une longue r&#233;flexion sur le &#171; devenir chr&#233;tien &#187; qui trouve ici son expression la plus intransigeante, la plus ac&#233;r&#233;e, parfois la plus violente : &#233;crit par un pseudonyme &#171; sup&#233;rieur &#187;, c'est-&#224;-dire sup&#233;rieur &#224; Kierkegaard lui-m&#234;me, &#171; chr&#233;tien au plus haut degr&#233; &#187; ou repr&#233;sentant de l'id&#233;alit&#233; du christianisme, ce livre n'est pourtant rien de th&#233;ologique et si l'on voulait y voir par ailleurs une apologie du christianisme, c'en serait une forme bien particuli&#232;re, luttant contre toute d&#233;fense &#233;molliente qui en affaiblirait la difficult&#233;, stigmatisant la trahison par la religion institu&#233;e du scandale essentiel qu'il repr&#233;sente pour l'esprit, renvoyant brutalement le croyant au Mod&#232;le paradoxal et souffrant et &#224; la solitude vertigineuse de la d&#233;cision de croire. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi l'ach&#232;vement d'une philosophie qui s'est inlassablement employ&#233;e &#224; faire resurgir le fait, la structure et la t&#226;che de la subjectivit&#233; existante contre toute tentative de dilution ou de d&#233;passement dans le &#171; Syst&#232;me &#187;, produisant &#224; vif des cat&#233;gories, d&#233;couvrant des structures (contradiction, situation, compr&#233;hension, contemporan&#233;it&#233;) et une th&#233;orie de la v&#233;rit&#233; qui marquera le XXe si&#232;cle. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce livre constitue, et notamment par le dernier &#233;tat d'une r&#233;flexion continue sur la communication, une forme de point final &#224; une strat&#233;gie d'&#233;criture philosophique totalement in&#233;dite, qui a vu s'entrelacer &#233;criture pseudonyme et &#233;criture autonyme et se b&#226;tir une pratique discursive &#224; la fois multiple et coh&#233;rente, bousculant les fronti&#232;res entre philosophie, litt&#233;rature et langage religieux, que r&#233;clamait un &#171; objet &#187;, le fait d'exister, irr&#233;ductible au Concept et au discours philosophique traditionnel. Par le truchement d'Anti-Climacus et de son rapport &#224; tous les auteurs qui se rassemblent sous le nom de Kierkegaard, le philosophe trouvait, d&#233;finitivement, sa voix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Delecroix &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/gallimard-cgi/AppliV1/affied.pl?ouvrage=0010059344005862303380000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ce qui est perdu&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Gallimard, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le studio fictionnel&lt;br&gt;
Par la litt&#233;rature ou la po&#233;sie, d&#233;faire le Logos, d&#233;faire ce langage pur se niant comme discours, impersonnalit&#233; fictive masquant son origine singuli&#232;re, s'arrachant &#224; sa localisation pour s'&#233;lever au point de vue de Dieu ou de l'&#233;ternit&#233; comme M&#252;nchhausen se soulevant en tirant sur sa propre perruque, faisant syst&#232;me en outrepassant le principe de contradiction qui r&#233;git le r&#233;el - l'entreprise n'est pas nouvelle : elle hante l'histoire de la philosophie jusqu'&#224; ses d&#233;veloppements les plus contemporains. Le nouveau tient peut-&#234;tre davantage &#224; refonder la possibilit&#233; de la philosophie sur cette op&#233;ration en la sauvant d'elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; faire de la litt&#233;rature un bon moyen (le seul) de faire de la philosophie, une philosophie qui ne renoncerait pas &#224; ses pr&#233;rogatives sp&#233;cifiques, qui n'aboutirait pas, dans la destruction du Logos, &#224; quelque chose comme un chant de l'&#234;tre, mais demeurerait le milieu propre d'une pens&#233;e &lt;i&gt;r&#233;flexive&lt;/i&gt; et fournissant des cat&#233;gories de la pens&#233;e r&#233;flexive. L'erreur serait en effet de croire que le r&#233;investissement massif de la litt&#233;rature tiendrait au fait qu'elle parle un langage plus &#171; naturel &#187; ou plus pur, c'est-&#224;-dire, en d&#233;finitive, plus proche de l'&#234;tre. Cette vision de la po&#233;sie comme langage originel, jaillissant de la source vive du r&#233;el, non alt&#233;r&#233;, est totalement &#233;trang&#232;re &#224; Kierkegaard. Il ne s'agit pas de remplacer un langage abstrait par une langue pure qui se tiendrait dans une proximit&#233; si &#233;troite avec le r&#233;el qu'elle ne serait finalement que le r&#233;el se disant naturellement, par une sorte de cratylisme revisit&#233; qui nourrit les fantasmes du po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'&#233;cris, ai-je dit, la biographie de quelqu'un qui a &#233;t&#233; l'homme le plus solitaire que je connaisse, qui, toute sa vie (mais elle a &#233;t&#233; courte), s'est dissimul&#233; de masques et de faux-semblants dans l'espoir insens&#233; que la seule personne qu'il aimait, et qu'il avait abandonn&#233;e, finirait par y voir clair, qu'elle saurait finalement comprendre pourquoi il avait fait cela, c'est-&#224;-dire rompre avec elle alors qu'elle &#233;tait son unique amour, pourquoi il l'avait volontairement perdue, se condamnant par l&#224; &#224; une solitude plus grande et plus d&#233;vorante encore, et pourquoi il avait cherch&#233; &#224; l'&#233;loigner de lui dans un sacrifice apparemment absurde pour lui &#233;pargner le mal qu'il craignait de lui causer, et je ne sais pas si elle l'a compris, mais ce que je sais, c'est que cet homme, c'est moi. (79)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;a href=&#034;http://www.passiondulivre.com/livre-26726-ce-qui-est-perdu.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; d&#233;dicace &#187;&lt;/a&gt;, indique : &#171; J'esp&#232;re que ce roman saura vous divertir, j'esp&#232;re qu'il vous fera rire, surtout, et je vous souhaite une bonne lecture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le souligne malicieusement le bandeau rouge des &#233;ditions Gallimard, qui donnent quelques &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/catalog/bon-feuilles/01059344.HTM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;bonnes feuilles&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Cugno, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.seuil.com/livre-9782020560597.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La blessure amoureuse&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; essai sur la libert&#233; affective, Seuil, 2004 ; &lt;br&gt;
Contre quoi, pour qu'ils se d&#233;chirent ou s'usent au moins, frotter les liens qui m'enferment, me d&#233;solent et m'esseulent, m'emp&#234;chent d'adh&#233;rer &#224; ce que je suis ? Que signifie &#171; se lib&#233;rer &#187; ? Est-il si difficile de reconna&#238;tre que &#171; tout dans nos vies d&#233;pend de la fa&#231;on dont nous r&#233;pondent ceux que nous aimons &#187; et que, finalement, &#171; peu importe leur r&#233;ponse &#187;, puisque &#171; nous ne serons libres que si nous les laissons totalement libres &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; pourquoi il y a des &#233;pis de ma&#239;s grill&#233;s trop sal&#233;s &#224; la station La Chapelle, comment un chat noir peut devenir blanc, comment &#233;garer sa femme en for&#234;t, comment on devient lanceur de javelot, pourquoi il est n&#233;cessaire de se faire couper les cheveux quand on a l'&#226;me en peine, quelle conduite adopter quand on se jette de la tour Eiffel, pourquoi le Triton a finalement abandonn&#233; Agn&#232;s, pourquoi on &#233;crit des livres, pourquoi un c&#233;libataire est n&#233;cessairement condamn&#233; &#224; la ruine financi&#232;re, ce qu'est la Loi Sch&#233;h&#233;razade, et bien d'autres chose encore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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