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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>Bertrand Leclair, Une guerre sans fin</title>
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		<dc:date>2008-02-03T10:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Cixous, H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Davoine, Fran&#231;oise</dc:subject>
		<dc:subject>O'Dwyer de Macedo, Heitor</dc:subject>
		<dc:subject>Leclair, Bertrand</dc:subject>
		<dc:subject>K&#233;chichian, Patrick</dc:subject>
		<dc:subject>Kaplan, Leslie</dc:subject>
		<dc:subject>Kantcheff, Christophe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;03/02/08 &#8212; Bertrand Leclair, Christophe Kantcheff, Patrick K&#233;chichian, H&#233;l&#232;ne Cixous&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Les lettres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Cixous, H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot199" rel="tag"&gt;Davoine, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot286" rel="tag"&gt;O'Dwyer de Macedo, Heitor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot328" rel="tag"&gt;Leclair, Bertrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot371" rel="tag"&gt;K&#233;chichian, Patrick&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot393" rel="tag"&gt;Kaplan, Leslie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1012" rel="tag"&gt;Kantcheff, Christophe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; non, la seule chose vraie, c'est que lorsque les femmes sont belles, lorsque Dieu qu'elles sont belles, c'est que je vais bien, c'est que je suis vivant, c'est que toutes les mal&#233;dictions sont lev&#233;es, et puisque tout est provisoire sous les &#233;toiles, appelons cela la r&#233;mission, il est temps d'en finir, d'en profiter, d'en sortir sans sortir. La r&#233;mission. Je me suis demand&#233; pourquoi ce mot m'&#233;tait venu. D'o&#249; il sortait. La r&#233;mission, les maladies qui perdurent, la r&#233;mission, le pardon, peut-&#234;tre. Quel rapport ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;au singulier pluriel, la fiction du sujet : une guerre sans fin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au commencement donc, &#233;tait &lt;i&gt;Une guerre sans fin&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une guerre sans fin, Bertrand Leclair, Maren Sell.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , mais ajoute l'auteur &#224; la toute fin de son livre :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est quand on a fini, qu'on sait comment c'est, commencer, comment &#231;a aurait d&#251; &#234;tre, pas ce voyage sans assurances aux lisi&#232;res de la fiction et du r&#233;el, non, je sais maintenant, comment j'aurais d&#251; commencer, et c'est sans doute le signe que j'ai fini. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le narrateur s'est d&#233;barrass&#233; du mauvais d&#233;miurge (David Berthon et sa &#171; main invisible &#187;) qui a enclench&#233; la fiction, dont l'un des d&#233;tonateurs se situait &#224; Reggane. Et c'est apr&#232;s avoir enqu&#234;t&#233; sur l'envers de l'histoire contemporaine, la guerre d'Alg&#233;rie et son d&#233;ni, sa propre &#171; pr&#233;histoire &#187; : ici l'&#233;criture est au sens propre radioactive, et l'intelligence contagieuse qui est la fois son moyen et sa fin : comment comprendre ? la litt&#233;rature y pourvoit - l'intelligence avec l'ami, contaminera le lecteur. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En substance que s'est-il pass&#233;, comment, et pourquoi ? plusieurs voix narratives, l'entrecroisement de leurs fils, leur ressaisissement au lieu m&#234;me (Adrar) du ou des commencements, nous permettent d'avancer comme le narrateur dans la compr&#233;hension. La toile de fond, historique : 1956 et l'accession de Guy Mollet au pouvoir et ses cons&#233;quences, la poursuite des essais nucl&#233;aires jusqu'en 1967, secr&#232;tement n&#233;goci&#233;e en marge des accords d'Evian (qui am&#232;ne la fictionnalisation de la question de l'irradiation) sont certes tr&#232;s importants, de m&#234;me la mani&#232;re dont les histoires intimes s'entretissent &#224; ce fonds de barbarie (horreurs des Aur&#232;s) jusqu'&#224; la trag&#233;die pour les uns, mais d&#233;bouchent sur une paradoxale joie de vivre pour l'un des protagonistes &#8211; Langellier - (et le narrateur de nous pr&#233;venir que c'est celle-l&#224; qu'il emporte, ne jouant pas au romancier susceptible de la retourner en drame), comment faire de toute cette mati&#232;re litt&#233;rature, telle est la question.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; l'autofiction est &#233;galement un des choix de l'auteur, le narrateur a pour nom Bertrand Leclair, nagu&#232;re critique aux Inrockuptibles. B.L. s'est effectivement rendu &#224; Adrar dans le cadre d'une mission Stendhal. Il pr&#233;cise dans un entretien avec Christophe Kantcheff&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien dans l'hebdomadaire Politis, lisible en ligne, de pr&#233;f&#233;rence une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il ne pratique pas toutefois le trafic de points de permis pour arrondir ses fins de mois !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix est congruent avec la critique de t&#233;moignage que pratique Bertrand Leclair dans ses essais et l'on retrouve l'implication de l'auteur dans des fictions comme&lt;i&gt; Movi Sevaze&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'amant Liesse&lt;/i&gt;, en particulier dans la description du personnage (c'est le mot) de l'avocat Lecourneur ou l'irruption de la joie &#233;rotique qui surgit &#224; partir d'une photo dans le cabinet de ce m&#234;me avocat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi ces nombreux moments o&#249; auteur et lecteur partagent une m&#234;me &#233;coute int&#233;rieure gr&#226;ce &#224; des jeux de signifiants &#8211;qui n'ont rien de gratuit - dans la mani&#232;re d'H&#233;l&#232;ne Cixous, et qui s'inscrivent dans le rythme tr&#232;s souvent alerte de la narration et des dialogues (il faut se souvenir qu'une fiction radiophonique a &#233;t&#233; au point de d&#233;part du livre).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] Bertrand Leclair soutient que la litt&#233;rature vient, en ses oeuvres les plus vives, croiser et contredire l'horizontalit&#233; du temps et de la langue ordinaires. L'&#171; instant po&#233;tique &#187;, qu'il soit de prose ou de po&#233;sie, rend alors accessible, sous une forme singuli&#232;re et irr&#233;ductible, le pr&#233;sent et le r&#233;el, &#171; &#224; la verticale du sens commun &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;crit Patrick K&#233;chichian dans sa recension de &lt;i&gt;Verticalit&#233;s de la litt&#233;rature&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde des Livres du 07/10/05. Verticalit&#233;s de la litt&#233;rature aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je me hasarderai &#224; qualifier cet ouvrage, tout comme&lt;i&gt; Le bonheur d'avoir une &#226;me&lt;/i&gt;, de livre-t&#233;moin et pour corroborer mon propos je ferai moi aussi le d&#233;tour par Adrar (par la gr&#226;ce du livre !) en &#233;tendant la notion de transmission (donc de passage de (ou du) t&#233;moin) contenue dans ce passage :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle me parle de la transmission, &#224; sa mani&#232;re, quand elle &#233;voque la fa&#231;on dont le cheikh Kelloud a toujours privil&#233;gi&#233; la famille dans les choix qu'il a d&#251; faire, comment il a r&#233;guli&#232;rement r&#233;uni ses enfants devenus p&#232;re &#224; leur tour, le chef de tribu, pour leur expliquer qu'&#224; quinze ans, les enfants, il faut qu'ils soient votre ami, comme me dit Leila au singulier pluriel, que toute la difficult&#233;, c'est de parvenir &#224; ce qu'ils vous respectent dans le m&#234;me temps qu'ils sont votre ami, avec confiance. La confiance, c'est le s&#233;same, elle ajoute, la confiance qui permet de garder stables les deux plateaux de la balance, le respect d'un c&#244;t&#233;, l'amiti&#233; de l'autre... &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soulignerais volontiers ce singulier pluriel ! Commentant la version initiale de Histoire et Trauma, Leslie et Kaplan et Heitor O'Dwyer de Macedo indiquent d'embl&#233;e : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal absolu, dit le livre qui nous manquait, est d'&#234;tre trahi par ceux qu'on aime, chez qui on a d&#233;pos&#233; toute notre confiance. Le livre qui nous manquait - &lt;i&gt;History beyond trauma&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Au-del&#224; du Trauma, l'Histoire&lt;/i&gt;) Fran&#231;oise Davoine, Jean- Max Gaudilli&#232;re, Other Press, New York, 282 pages, 2004 - et qui, nous le souhaitons, sera &#224; l'origine de tant d'autres, enseigne qu' &#171; un livre est un &#234;tre vivant, l'autre dans son excellence. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livre qui nous manquait, communication du 4 juin 2005, t&#233;l&#233;chargeable (pdf).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur d'&lt;i&gt;Une guerre sans fin&lt;/i&gt; reconna&#238;t de suite le diagnostic pos&#233; (depuis la col&#232;re d'Achille, on sait ce que la folie guerri&#232;re doit &#224; la trahison des chefs, et sa transposition &#224; l'ordre des familles). La lecture achev&#233;e, il peut sans plus de difficult&#233; prendre &#224; son compte les termes de la seconde phrase.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Une guerre sans fin&lt;/i&gt;, Bertrand Leclair, &lt;a href=&#034;http://www.libella.fr/buchet-chastel/index.php?post/2007/12/01/Une-guerre-sans-fin-par-Bertrand-Leclair&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maren Sell&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien dans l'hebdomadaire &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/IMG/pdf/Bertrand_Leclair___La_memoire_de_la_guerre_d_Algerie_nous_hante_-_Politis-2.pdf&#034;&gt;Politis&lt;/a&gt;, lisible en ligne, de pr&#233;f&#233;rence une fois le livre lu pour appr&#233;cier pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde des Livres du 07/10/05. &lt;i&gt;Verticalit&#233;s de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; aux &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pagescollections/EspritLibre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Champ Vallon&lt;/a&gt;, Collection L'ESPRIT LIBRE ; &lt;i&gt;Le bonheur d'avoir une &#226;me&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Maren Sell (v. ce d&#233;lectable &lt;a href=&#034;http://www.oedipe.org/fr/spectacle/litterature/ameleclair&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commentaire&lt;/a&gt;).&lt;br&gt;
Pour &lt;i&gt;L'amant Liesse&lt;/i&gt;, voir les pages du site des &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesdetours/Leclair.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Champ Vallon&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://quatrieme-groupe.org/pdf/le_livre_qui_nous_manquait.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le livre qui nous manquait&lt;/a&gt;, communication du 4 juin 2005, t&#233;l&#233;chargeable (pdf).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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