anamorphoses
7. lire, enfin

18/09/2011 — Annie Franck, Geoffrey Bennington


« J’apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s’arrêter à l’endroit où d’ordinaire tout s’achevait. J’ai un intérieur que j’ignorais. Tout y entre désormais. Je ne sais pas ce qui s’y passe. » [1]

« Si, comme il me semble, un livre est communication, l’auteur n’est qu’un lien d’unité de lectures différentes. » [2]

« Dès lire, j’écris. Je le vois : ton texte veut tous les lire que seule l’écriture, ce que tu appelles l’écriture, sème. Tout à la fois lire, lire, lire, lire et jamais encore — plus je lis plus je vois à lire, infinilire.
Voir à lire gare à lire délire plulire surlire souslire dublire doublire oublire
Voilà lire voile à lire. Je te lis, quoi » [3]


inventer à chaque pas une psychanalyse entre mots

« Ne serions-nous pas, pour notre part, contraints dans notre confrontation avec l’intime barbarie, à « laisser le silence parler » - et non, bien entendu, engloutir la parole ! - et à inventer, à chaque pas, ce que l’on pourrait appeler une « psychanalyse entre mots » qui donne présence à ce qui ne peut être dit, à ce qui ne peut être pensé, à ce qui se trouve hors représentation et qui, pourtant, doit être reconnu ? »

Avec Psychanalyses entre mots, après Beautés et transfert, chez le même éditeur, Hermann, Annie Franck [4] donne au delà de la suggestion énoncée ci-dessus, le pluriel du titre étant relatif aux différents exemples de patients sur le fil de l’existence, un livre d’une belle puissance de pensée et dont la qualité d’écriture en fait un ouvrage qui ne doit pas être réservé aux seuls spécialistes, bien au contraire, puisqu’il confie à tout un chacun, qui le voudra ou le pourra bien, le « sens » de l’entreprise analytique lorsqu’elle est ainsi menée, avec un tact infini, celui que manifeste par exemple cette phrase prise à l’introduction :

« Espace tissé en commun où semblent se mouvoir, secrètement s’accorder ou s’affronter, deux silhouettes à peine discernables, il se laisse deviner, mais jamais saisir et désigner complètement. Il paraît parfois désertifié tant l’effroyable solitude d’un enfant l’envahit, et pourtant il est habité de mille présences : celles des générations antérieures dans des transmissions le plus souvent obscures, celles qui peuplent une culture commune. »

L’adjectif tissé correspond bien à ce que tâche à trouver cet assemblage de quatre figures [5] de la pratique analytique confrontée à l’impossible [6] et des voies (des voix) qui s’inventent (au double sens du verbe) dans cette pratique et qui font appel à la poésie dans ses manifestations les plus hautes (Rilke, Saint John Perse [7]) ou au récit lorsqu’il rencontre l’extrême (Appelfeld [8], Semprun, Antelme), ou encore à l’expression artistique, beauté/souffrance mêlées des tableaux de Nicolas de Staël (Bateaux, couverture du livre), dont Annie Franck donne une ekphrasis digne des meilleures critiques d’art.

J’ai noté tout spécialement à propos de l’un des "cas" (guillemets indispensables) la convocation d’un des grands textes de Nathalie Zaltzman : La pulsion anarchiste [9], recours qui s’impose encore et toujours... ou encore à propos d’un autre, l’invocation de L’effet-mère de Dominique Guyomard [10]. J’ai relevé aussi, a contrario de la démarche mise en oeuvre (implication personnelle, offre "transitionnelle/contre-transférentielle") un portrait-robot d’analyste tel/le que refusé/e par Annie Franck : « celui qui impose avec “arrogance” son interprétation et sa langue, mais aussi celui qui toujours disqualifie toute attente et tout espoir : celui qui, de dérobades en “élégantes” pirouettes langagières - travesti en poète ou en penseur génial- croit atteindre l’ineffable ou “l’énigme même” grâce à l’absence de tout engagement personnel. » [11]

A quoi elle oppose à bon entendeur :

« Ne pourrait-on penser que la parole du patient et ses silences, les interprétations et les questions, les ponctuations diverses de l’analyste, le son “juste” qui parfois s’y fait entendre, sont à l’analyse ce que les mots sont à la poésie ? Ne permettent-ils pas d’enserrer et de faire apparaître une nouvelle forme jusque là invisible ? Ne transportent-ils pas - ne transfèrent-ils pas - vers la création d’une composition nouvelle ? »

C’est qu’il n’est pas donné à tout le monde et d’emblée sans doute à personne, d’écouter/entendre/accueillir/interpréter (progressivement, le temps de comprendre, puis l’éclair de conclure, selon la référence maldineyenne) le/s silence/s (gouffres blancs entre les mots) à la manière d’Annie Franck. Elle en témoigne avec une élégance qui est véritable cadeau pour les lecteurs, dont il est à souhaiter qu’ils viennent nombreux élargir « le cercle étroit de [l]a spécialité » ! [12]

« Dès lors que la lecture est plus que déchiffrement,

dès lors qu’elle ne se contente pas d’être commentaire ou interprétation, elle se trouve tôt ou tard confrontée à l’illisible. Lire au sens fort implique toujours, qu’on s’affronte, dans la nuit, à ce qu’on n’arrive pas à lire, alors que toutes les disciplines et institutions de la lecture s’emploient à dissiper cette nuit, à y mettre fin, se rendant ainsi aveugles à leur propre condition de possibilité » [13]

Les récents lecteurs de « Derrida en héritage » dossier du Magazine littéraire [14], n’auront pas manqué de remarquer, de Geoffrey Bennington, cette contribution : « Apprendre à lire enfin » [15]. Ceux de la monumentale biographie réalisée par Benoît Peeters avaient pu lire dès l’introduction : « L’un des meilleurs commentateurs de l’oeuvre, Geoffrey Bennington, n’avait-il pas écarté sévèrement la possibilité d’une biographie digne de ce nom ? » [16]. C’est qu’en effet, en 1991, la première esquisse Derridabase en compagnie de Jacques Derrida, Circonfession [17] avait donné le la : aux normes logiques et pédagogiques du premier répondait tout ce qui pouvait chez le second en déjouer la systématisation. A l’époque professeur de littérature (et de la pensée) française à l’université du Sussex, Geoffrey Bennington l’est aujourd"hui à celle d’Emory à Atlanta. A ce titre, nous devons à l’ouvrage publié par Hermann en mai dernier de recueillir une savoureuse, voire mordante allocution : Faire semblant à une assemblée de scholars réunis pour le cinquantenaire des French studies [18]. Pour ma part, je serai très reconnaissant à celles-ci, visant plus large que la revue éponyme, pour ce qu’elles donnent, bilinguisme, comparatisme, et échanges aidant, de genuine critics tels que Geoffrey Bennington.

Car c’est bonheur de retrouver en plus de quelques uns qui auront échappé, des textes, la plupart du temps des interventions de colloques, ici rassemblés, ordonnés selon un principe de lisibilité propre à l’auteur, l’écart chronologique entre la première intervention : Lecture : de Georges Bataille [19] et la dernière : Géographie d’Hélène Cixous [20] (et son codicille Mésanges) ne faisant que souligner davantage la fidélité d’un bout à l’autre à l’affirmation d’une conception liant rigoureusement pensée et lecture. On notera que l’essai réservé à Hélène Cixous, donne son nom à l’ensemble, sous le patronage, on l’aura deviné, de Jacques Derrida, en exergue : « On pourrait rêver de géogénéalogie ou de géotropisme, et parler d’une géographie générale de son écriture. »

Je suis rapide à propos de deux interventions, déjà publiées ailleurs, mais qui conduiront peut-être le lecteur à s’approcher des ensembles dans lesquels ils s’insèrent : Bonnefis unique, un drôle de prêche, autour du nom propre non propre (face de ci, face de ça...), inclus dans Lire Philippe Bonnefis [21], et pour rester dans la note une lecture ambrosienne : La Philosophie de Pascal Quignard [22]. Entre érudits, et bien davantage, se partagent compréhension, complicité et explorations pointues, et auxquelles l’humour ne fait cependant pas défaut, une deuxième lecture apporte ainsi son lot d’inaperçus à la première !

C’est avec un étrange néologisme : lecriture, que démarre l’essai Géographie :

« J’appellerai cela lecriture avant de l’appeler géographie.
Lecriture, je l’écris sans apostrophe, et sans accent.
Non pas l’écriture mais la lecriture.
Ri dans lecture : lec(ri)ture.
C’est ce qu’elle fait. C’est ce qu’elle en fait, de sa lecture, de son écriture. Elle lecrit. Elle lit, elle écrit, et elle rit.

“Je ne sépare pas lire et écrire”, dit-elle.
C’est ce que j’essaie de mieux comprendre.
Le livre, celui qu’elle écrit (et celui ou ceux qu’elle n’écrit pas c’est d’ailleurs la même chose, le seul Livre qu’elle est toujours en train d’écrire et qui fait que le livre qu’elle écrit à chaque fois, cette fois, qu’elle ne relira plus, n’est jamais le Livre ce livre qu’elle écrit et n’écrit pas - elle le lit aussi. Et même d’abord, avant. Et ce qu’elle lit, l’écrit, lecrit. Et rit, toujours. D’abord de ce qu’elle fait, ce faisant. Le livre, ce livre-ci, chaque fois ce livre qu’elle écrit et que je lis, qui est dans ma main, maintenant, toujours ce livre-ci, toujours le même chaque fois différent - ce livre, qu’elle n’écrit pas, elle lecrit. » [23]

En deux parties [24] se répondant parfaitement, Geoffrey Bennington, et ce, jusqu’au point final, réalise un parcours de l’oeuvre qui n’étourdit que si on le lit trop vite, et si on ne se laisse pas pas lire par lui. Combien j’acquiesce à cette citation (presque finale) d’Hyperrêve, à ce qu’avec un tel lecteur nous pouvons en conclure :

« “Ce n’est pas que nous étions affranchis de l’ordre du temps pendant la permission, tout le contraire. Nous avons été affranchis de l’ordre de la mort, me dis-je, c’est pourquoi jamais l’ordre du temps n’avait été si présent et si autoritaire. Si tard je découvre les différents ordres. Je découvrais pour la première fois les complexités et les ressources de l’ordre de la mort dont je n’avais jamais rien su. Ainsi je venais d’apprendre qu’après l’événement tranchant, le grand séparant, après l’écho des derniers mots de l’Essai de l’Amitié éteint, il pouvait y avoir un royaume autre non totalement clos-et-néant, un royaume de rétention non pas absolument retranché dans un jamais, mais avec des suspens des rémissions des hésitations des permissions, de brèves levées d’écrou. Tantôt on pouvait rétablir la communication dont se nourrit l’amitié. Quelque réparation de réseau, que je n’avais pas eu le bonheur de réussir avec mon père, car nous n’avions pas eu le temps de penser ensemble et de nous parler si longtemps et si souvent au téléphone et même peut-être jamais.” (Hyperrêve, 192-3)

J’aurai envie de dire simplement : toute son écriture, bien avant le “grand séparant” qui sert ici de révélateur, qui donne lieu à la cette pensée de “hyperrêve” et “permission”, toute son écriture, sa géographie, est là pour témoigner de cette possibilité, de ce qui passe déjà la coupure, coupe régulièrement la coupure, fait appel encore sans rien résoudre, appelle réponse, appel, réponse.
Ce que j’appelle lecriture elle-même dans son cri originaire. »

L’auteur de Circanalyse (la chose même) [25], et de Le temps de la lecture [26] rejoint ici les très savants travaux de Ginette Michaud, elle-même exploratrice des oeuvres de Derrida et Cixous en leurs duos [27], on ne s’étonnera pas de lire sous sa plume à propos d’Interrupting Derrida :

« Nul doute que Interrupting Derrida compte à l’heure actuelle pour l’une des critiques les plus astucieuses et les mieux informées du travail de Derrida, proposant une lecture hautement compétente et performative qui entend admirablement l’injonction de Genet : “Inventez sinon des mots, des phrases qui coupent au lieu de lier”. » [28]

Le lecteur d’Entretien de la blessure, ne pourra qu’approuver, avant d’aller explorer, pourquoi-pas ? l’antarctique du coeur en ses Revirements [29].

© Ronald Klapka _ 18 septembre 2011

[1Rainer Maria Rilke, Les carnets de Malte Laurids Brigge.

[2Georges Bataille, Œuvres complètes, VI, 408.

[3Hélène Cixous, Insister, Galilée, 2006, p. 24. Toute la page est... à lire.

***

[4Annie Franck, Psychanalyses entre mots, et Beautés et transfert (2009), aux éditions Hermann, dont écho fut donné dans la lettre du 03/09/2009.

[5Voici les quatre temps : I. L’insoutenable cruauté de l’interprétation (« Stella »), II. N’entendez-vous pas ces cris effroyables que communément on appelle silence ? (« Henry »), III. L’intime envahissseur, L’intime persécuteur, (« Thibaud »), Des empreintes charnelles (« Coralie »).

[6Elle l’est toujours assurément, mais dans telle ou telle situation, tel ou tel "cas", l’urgence vitale s’exprime avec une intensité des plus interpellantes. Ici les traces que d’aucuns auraient voulu effacer de l’histoire avec une grande hache resurgissent avec d’autant plus de violence...

[7Les citations sont parfaites, elles viennent à leur heure, telle Heure grave, ou Amers, voire Aragon (Le roman inachevé) et cette intime et ravageante énigme : [...] « moi, si j’y tenais mal mon rôle /C’était de n’y comprendre rien ». Ce « y » désignerait-il un espace innommable ? Ce « y » pourrait-il venir un jour à se dévoiler ? (62)

[8L’héritage nu, Histoire d’une vie, L’amour soudain.

[9Annie Franck, cite - c’est juste - Topique, n° 24, 1980 ; le lecteur intéressé trouvera tasse de thé, et cet article dans le recueil De la guérison psychanalytique, puf, 1998, dernier tirage 2006, p. 118. Recommandé, dans la collection « penser/rêver », L’esprit du mal (qui emprunte son titre au chapitre VIII) - lecture de P.-H. Castel, et une intervention à Paris VII en raison de cet ouvrage en 2009.

[10Aux PUF, petite bibliothèque de psychanalyse, maintes fois louée. Il y a là une voie d’évidence, que je ne sache pas manifestée comme telle, du caractère sexué de l’analyse, qu’on repèrera sans peine avec quelques noms tels qu’ils surgissent, affinément : Monique Schneider (Le paradigme féminin), Danièle Brun (Mères majuscules), Geneviève Morel (La loi de la mère).

[11Les guillemets sont de l’auteure.

[12Dupin, par affection spéciale pour Edgar Poë et Lacan réunis.

***

[13Cette phrase est extraite de Géographie et autres lectures, de Geoffrey Bennington, éditions Hermann, 2011.

[14N° 498, juin 2010

[15 Avec cette vigoureuse conclusion :

« Ainsi, tout (l’œuvre de) Derrida est à lire dans tout (texte de) Derrida, qui lit tout Derrida en train de lire. Cette structure complexe, qui est tout sauf celle d’une autosuffisance, appelle constamment, par-delà tout commentaire ou explication, à une lecture inventive, contresignante, apprend à lire (à) l’autre, tout en mettant l’autre au défi de la lecture. Ce que je me contente d’énoncer ici comme thèse ou hypothèse, il faudrait la faire, la faire venir, la mettre en œuvre. En serons-nous capables ? Aurons-nous appris à lire enfin ? C’est ce qui reste tout entier à voir, à venir. »
Ce Apprendre à lire enfin résonne tout entier de Apprendre à vivre enfin, l’entretien avec Jean Birnbaum publié en août 2004 par le journal Le Monde, publié par la suite chez Galilée.

[16Benoît Peeters traduit :
« It is of course to be expected that Derrida will some day be the subject of biographical writing, and there is nothing to prevent this being of the most traditional kind [...]. But this type of complacent and recuperative writing would at some point have to encounter the fact that Derrida’s work should at least have disturbed its presuppositions. I would hasard a guess that one of the last genres of academic or quasi-academic writing to be affected by deconstruction is the genre of biography. [...] Is it possible to conceive of a multiple, layered but not hierarchised, fractal biography which would escape the totalising and teleological commitments which inhabit the genre from the start ? » (Geoffrey Bennington, « A life in philosophy », Other analyses : Reading philosophy, e-book) par :

« Bien entendu, on peut s’attendre à ce qu’un jour Derrida fasse l’objet d’une biographie et alors rien ne pourra empêcher que celle-ci s’inscrive dans la veine traditionnelle du genre [...]. Mais ce type d’écriture, fondé sur la complaisance et la récupération, devra tôt ou tard se confronter au fait que le travail de Derrida en aurait sans doute ébranlé les présupposés. Il y a fort à parier que l’un des derniers genres d’écriture savante ou quasi savante à être affecté par la déconstruction sera celui de la biographie. [...] Est-il possible de concevoir une biographie multiple, stratifiée plutôt que hiérarchisée, autrement dit fractale, qui échapperait aux visées totalisantes et téléologiques qui ont toujours commandé au genre ? »

in Derrida, Flammarion (Grandes biographies), 2010, p. 15. (v. aussi Trois ans avec Derrida).

[17Derrida
Geoffrey Bennington, Jacques Derrida, éditions du Seuil, 1991, réimpression 2008.

[18Géographie et autres lectures, pp. 97-120.

[19Géographie, pp. 5-32. Reprise de l’intervention au colloque Bataille, après tout, Orléans, 1993, publication Belin 1995. Les lecteurs de Roudinesco, Lacan, envers et contre tout, feront leur miel de sa contribution : Bataille entre Freud et Lacan, une expérience cachée. Quand s’en mêlent théorie (nom-du-père) et conditions d’un moment :
Il théorisait l’idée que seul un acte de parole - une nomination - pouvait permettre à un père d’authentifier sa descendance : « Voilà, me disais-je en m’adressant à moi-même par mon nom secret ou public, voilà pourquoi, en somme, Jacques Lacan, ta fille n’est pas muette, voilà pourquoi ta fille est ta fille, car si nous étions muets, elle ne serait point ta fille ! ». L’Identification, séminaire inédit, 6 décembre 1961.

[20 Géographie, pp. 179-253

[21Lire Philippe Bonnefis, dont la célébration fut joyeusement partagée.

[22Philippe Bonnefis
Dolorès Lyotard (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Galilée, 2005.

[23Géographie, pp. 179-180.

[24Une première version de la première partie de ce texte inédit fut écrite en vue d’un colloque consacré à Hélène Cixous à la State University of New York, Albany, en avril 2007. Un colloque sur « Derrida and Cixous : their psychoanalyses » à la University of Leeds un mois plus tard fut le prétexte pour la deuxième partie.

[25Géographie, pp. 47-75, intervention au colloque « Depuis Lacan » (Cerisy, 1996), édité chez Aubier en 2000.

[26Géographie, pp. 33-45, disponible en ligne (Études françaises, « Derrida lecteur »).

[27Battements du secret littéraire chez Hermann, lus : 1, et 2.

[28L’article de Spirale, 180, 2001, lisible.

[29Pour le premier livre, une conférence, dont le souffle emporte, publiée par Galilée, aérant la chambre du crime à l’instar de l’excursus proustien Sentiments filiaux d’un parricide ; le second vient de paraître. J’assortis cette survenue de la prochaine de Bertrand Leclair Dans les rouleaux du temps :

« Pas plus que celles de Stéphane Mallarmé ou d’Antonin Artaud, les œuvres de Cixous ou de Rawicz ne sont intrinsèquement difficiles à lire, une fois qu’on s’y est ouvert ; ce qui est vrai, par contre, c’est qu’elles échappent à la maîtrise ou à la domination du lecteur et qu’elles réclament, dès lors, une vraie liberté : une disponibilité concrète de soi-même dans la langue (une disponibilité qui ne se joue pas tant au plan matériel qu’au plan spirituel, étant entendu que les deux sont indissociablement liés - la liberté spirituelle est dépendante des conditions sociales et matérielles. [...] »